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L’OCDE évalue la performance des établissements scolaires au Maroc

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Malgré la scolarisation universelle au niveau du primaire , une croissance significative de la scolarisation dans l’enseignement secondaire, des problèmes majeurs subsistent au niveau de la qualité des apprentissages, selon un nouveau rapport de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a publié récemment un rapport sur l’évaluation de la performance des établissements scolaires au Maroc. Ce document vise à fournir au Maroc les outils nécessaires pour la mise en œuvre d’un système d’autoévaluation, de suivi et de soutien externe des établissements scolaires. Il s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de la composante Évaluation des apprentissages et des performances scolaires» du deuxième programme de coopération entre le Maroc et les États-Unis, représenté par le Millennium Challenge Corporation (MCC), dans le but d’améliorer la qualité du capital humain. Dans son rapport, l’OCDE souligne que le Maroc a atteint la scolarisation universelle au niveau du primaire et a connu une croissance significative de la scolarisation dans l’enseignement secondaire du premier et du deuxième cycle. Malgré ces progrès, des problèmes subsistent au niveau de la qualité des apprentissages. Les élèves marocains de 15 ans figurent parmi les moins performants des pays participants à l’enquête du Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA) de 2018, bien en dessous de la moyenne de l’OCDE et également en dessous des autres pays de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA). Ainsi, lors de l’enquête PISA 2018, 73.3% des élèves marocains n’ont pas atteint le niveau de compétence de base (niveau 2) en lecture, 69,4% des élèves n’ont pas atteint le niveau de compétence de base en sciences et 75,6% des élèves n’ont pas atteint le niveau de compétence de base (niveau 2) en mathématiques. Dans ce document, l’OCDE rappelle que les résultats alarmants du Programme national d’évaluation des acquis des élèves réalisé par l’Instance nationale d’évaluation en 2016 qui a ciblé les élèves de première année du secondaire qualifiant, ont mis en exergue un niveau d’apprentissage faible. Ainsi, en moyenne, les résultats des élèves marocains ne dépassent pas 51 points (sur 100) dans les quatre troncs communs (Originel, Lettres et sciences humaines, Technique et Sciences) ainsi que dans les six matières faisant l’objet d’une évaluation (science de la vie et de la Terre, mathématiques, histoire-géographie, français, arabe). Par ailleurs, 95% des élèves du tronc commun Lettres et sciences humaines et 75% des élèves du tronc commun scientifique n’ont pas la moyenne (un score de 50 sur 100) en langue française. Il faut aussi noter que 80% des élèves du tronc Lettres et sciences humaines et 60% des élèves du tronc commun scientifique n’atteignent pas la moyenne en langue arabe. 79% des élèves du tronc Lettres et sciences humaines et 60% des élèves du tronc commun scientifique n’atteignent pas la moyenne en mathématiques.

Faible niveau d’apprentissage : Les facteurs explicatifs
Selon l’OCDE, différents facteurs semblent compromettre les apprentissages. Ainsi, le manque de remédiation dans les établissements, la difficulté à mettre en place une différenciation des apprentissages, des curricula très rigides, et des établissements trop peu centrés sur les apprenants apparaissent comme des facteurs explicatifs importants. L’OCDE estime que les mécanismes de redoublement et de décrochage scolaire, qui ont lieu en particulier en fin de cycle, amènent de nombreux élèves à quitter les établissements. Des raisons socio-économiques et un contexte de pauvreté peuvent également pousser des élèves et leurs familles à effectuer un arbitrage défavorable aux études, avec une entrée rapide dans la vie active. Il est aussi important de signaler des écarts importants dans les apprentissages entre les zones urbaines et rurales. Les performances des élèves des établissements urbains étaient meilleures que ceux des établissements ruraux, avec des scores supérieurs de 42 points en compréhension de l’écrit, de 36 points en mathématiques et de 30 points en sciences (soit l’équivalent de près d’une année d’apprentissage).

Recommandations
L’OCDE fait remarquer qu’un système de suivi des performances peut aider les autorités éducatives à obtenir une vue d’ensemble de la qualité des établissements scolaires sur leur territoire et à identifier les besoins particuliers pour cibler leur soutien. Il constitue une ressource précieuse pour les aider à situer leur performance de manière plus objective et à suivre son évolution dans le temps. Étant donné que le Maroc recueille de plus en plus de données sur la qualité des établissements scolaires par l’intermédiaire de Massar, du PNEA et d’autres instruments, il est indispensable de trouver des moyens de gérer, d’intégrer et de communiquer ces données de sorte qu’elles puissent être utilisées dans la prise de décision à l’échelon des régions, des provinces et des établissements. Des informations déjà présentes dans la majorité des écoles pourraient être intégrées dans une interface simple et facile à utiliser (le tableau de bord) pour donner une représentation visuelle de ce qu’elles révèlent sur les performances par rapport aux grands indicateurs et aux objectifs. Afin de donner aux établissements scolaires des objectifs de qualité clairs, les autorités éducatives devraient définir des normes minimales de qualité. Celles-ci seraient mises en évidence dans les tableaux de bord, permettant ainsi aux établissements de situer leurs performances par rapport à ces valeurs de référence. Par ailleurs, l’OCDE signale que le Maroc gagnerait à mieux mesurer le statut socio-économique afin d’évaluer l’équité au sein des établissements et d’établir des comparaisons justes entre établissements. Sur le court terme, il est recommandé de créer une mesure proxy du niveau social grâce aux données sur les bénéficiaires des programmes sociaux scolaires. Il serait également important de développer des grilles d’évaluation communes des enseignants, et de s’appuyer sur des enquêtes auprès des enseignants, des observations de classe entre pairs et des groupes de discussion pour diversifier les informations collectées sur les pratiques d’enseignement et d’apprentissage. Enfin, dans le cadre du processus d’autoévaluation, il est recommandé de fournir aux établissements un questionnaire sur les pratiques de leadership et de gestion au sein de l’établissement (ex. autoévaluation, planification et création d’un climat collaboratif).