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Selon les récentes perspectives économiques de la BERD : Une croissance de 3% en 2024 et de 3,6% en 2025 pour le Maroc

© D.R

L’accélération devrait être poussée par la reprise de la demande extérieure et de l’investissement public.

Prévisions : La BERD estime qu’en dépit de la hausse des dépenses liée à la reconstruction après le séisme et un accroissement des prestations ciblées en matière de protection sociale, le gouvernement marocain suit une trajectoire de consolidation budgétaire progressive tout en tirant parti de la mobilisation des ressources nationales.

La croissance économique au Maroc devrait rester globalement stable en 2024. C’est ce qu’anticipe la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) dans son dernier rapport sur les perspectives économiques régionales, publié mercredi 15 mai 2024. L’institution évoque dans ce sens un taux de 3 % en 2024 pour atteindre les 3,6 % en 2025. Une accélération qui devrait être poussée par la reprise de la demande extérieure et de l’investissement public. «L’économie marocaine a fait preuve de résilience face au séisme de magnitude 6,8 qui a provoqué des destructions généralisées dans les montagnes du Haut Atlas, près de Marrakech, en septembre 2023. Le chômage a augmenté jusqu’à 13,0% à la fin de 2023, tandis que l’inflation s’établissait à 0,3% en février 2024», commente la BERD dans ce sens. Et d’ajouter que «malgré une hausse des dépenses liée à la reconstruction après le séisme et un accroissement des prestations ciblées en matière de protection sociale, le gouvernement suit une trajectoire de consolidation budgétaire progressive tout en tirant parti de la mobilisation des ressources nationales.

À moyen terme, la dépendance du Maroc à l’égard des importations énergétiques et de la production agricole saisonnière expose l’économie aux risques climatiques ». Le taux de croissance prévu pour le Maroc en 2024 se veut le plus élevé dans la région. Il ressort identique à celui de l’Égypte. «L’appui du FMI et des donateurs internationaux a contribué à stabiliser l’Égypte, la Jordanie et le Maroc sur le plan macroéconomique», peut-on retenir dans ce sens. Se référant à la BERD, la croissance moyenne accélérée du produit intérieur brut de la partie méridionale et orientale du bassin méditerranéen (Région SEMED) devrait atteindre les 3,4% en 2024. «Dans la région SEMED, la croissance devrait prendre de la vitesse et passer de 2,7% en 2023 à 3,4% en 2024, puis à 3,9% en 2025, à mesure que se font sentir les effets des programmes et réformes de stabilisation économique», indique la BERD. Et de préciser que «cette estimation est néanmoins plus basse que les précédentes pour l’année 2024, en raison de la mise en œuvre plus lente que prévue de grands projets d’investissement public en Égypte et des répercussions de la guerre à Gaza». La BERD estime dans son rapport que la région a fait preuve de résilience face à la guerre à Gaza et à la montée des tensions politiques et sécuritaires régionales au cours des derniers mois, bien que la Jordanie ait connu une baisse du tourisme et des investissements et que la Tunisie soit toujours aux prises avec des difficultés financières. L’institution financière observe également un recul de l’inflation dans toute la région sauf en Égypte où elle reste supérieure à 30 %. La BERD observe également la poursuite de la trajectoire de consolidation budgétaire dans la région, tout en cherchant à maintenir des investissements vecteurs de croissance et une protection sociale ciblée.

En termes de prévisions, la BERD anticipe un ralentissement de la croissance en Jordanie passant à 2,4% en 2024 contre 2,6%. Cette évolution traduit un prolongement des répercussions de la guerre à Gaza sur l’économie jordanienne. Au Liban, le PIB devrait croître de 0,2% en 2024, plombé par les risques géopolitiques, l’inaction politique et les retards en matière de réformes. «La croissance pourrait s’accélérer pour atteindre 3% en 2025 si les tensions régionales s’apaisent, tandis qu’un programme du FMI est mis en place et que la mise en œuvre des réformes avance», indique la BERD dans son rapport. Par ailleurs, la croissance tunisienne devrait reprendre avec vivacité et passer de 0,4% en 2023 à 1,9% en 2024 et 2% en 2025. Un redressement porté par les efforts en matière de réforme et à la poursuite de la consolidation budgétaire, alors que les risques macroéconomiques ont été quelque peu maîtrisés.

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