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Sharon réveillé progressivement de son coma, respire seul

"Nous avons commencé à réduire le taux des sédatifs progressivement. Il respire de façon autonome bien qu’il reste relié à une assistance respiratoire. C’est le premier signe d’une activité cérébrale", a déclaré à la presse le professeur Shlomo Mor Yossef, directeur de l’hôpital Hadassah de Jérusalem.
"Il n’y a pas de changement dans son état de santé", a-t-il dit devant l’hôpital, où M. Sharon, 77 ans, avait été placé dans un coma profond jeudi et avait subi trois opérations, dont deux majeures, depuis une massive attaque cérébrale le 4 janvier.
Les médecins, après consultations, ont commencé le matin à réveiller le Premier ministre du coma et espèrent déterminer rapidement les séquelles de l’attaque subie par son cerveau.
Une fois réveillé, M. Sharon devrait subir une série d’examens afin de vérifier comment il réagit à la lumière, aux sons, et à la douleur, et ainsi déterminer lesquelles de ses facultés ont été altérées ou sont encore intactes.
Mais dans tous les cas de figure, un retour aux affaires du Premier ministre au pouvoir depuis 2001, est jugé hautement improbable par l’ensemble des spécialistes qui estiment cependant que M. Sharon pourra parler et être en mesure de comprendre ce qui se passe autour de lui.
L’un des deux neurochirurgiens de M. Sharon, le professeur José Cohen, a déclaré dimanche soir à la deuxième chaîne de télévision israélienne que "ses chances de survie sont très élevées, mais que sa capacité de réfléchir et de tirer des conclusions seront altérées".
Un médecin de la direction de l’hôpital Hadassah a confirmé qu’il était "plus que probable qu’Ariel Sharon ne pourra pas continuer à être Premier ministre".
"Tout le pays croise les doigts", écrit le grand quotidien Yédiot Aharonot alors qu’une délégation d’une soixantaine de parlementaires de 28 pays est venue à Jérusalem s’enquérir de la santé de M. Sharon.
Dans l’intervalle, le Premier ministre par intérim Ehud Olmert, un fidèle lieutenant de M. Sharon et membre de son parti Kadima, continue de gérer les affaires jusqu’aux législatives anticipées du 28 mars.
Il a présidé dimanche pour la première fois la première réunion hebdomadaire du gouvernement en l’absence de M. Sharon.
Fort du soutien de l’ancien dirigeant travailliste Shimon Peres et de l’ex-chef du Shin Beth, le service de sécurité intérieur, Avi Dichter, M. Olmert pourrait succéder à M. Sharon à la direction de Kadima, toujours donné dans les sondages comme favori pour le scrutin.
Détenteur des 12 portefeuilles gérés par M. Sharon depuis le départ des travaillistes de la coalition gouvernementale, M. Olmert pourrait procéder dans les prochains jours à des nominations de ministres.
Les Israéliens et les dirigeants de la communauté internationale semblent en tout cas résignés à l’idée de la fin politique M. Sharon, qui domine la vie publique en Israkl depuis cinq ans.
M. Peres, 82 ans, a estimé que M. Olmert conduirait la liste Kadima aux élections et indiqué qu’il serait probablement lui-même sur la liste des candidats mais qu’il n’envisageait pas de briguer le poste de Premier ministre.
Une première décision pratique de la réunion présidée par M. Olmert a été d’autoriser les candidats aux élections palestiniennes du 25 janvier à faire campagne "sous conditions" à Jérusalem-est, à l’exclusion de ceux du mouvement islamiste Hamas.
Israkl doit encore annoncer sa position définitive sur une participation aux législatives des habitants de Jérusalem-est, occupée et annexée en 1967.
De son côté, le principal négociateur palestinien Sakb Erakat a exhorté M. Olmert à revenir "immédiatement" à la table des négociations pour relancer le processus de paix, déplorant "l’unilatéralisme" de M. Sharon et estimant que le dialogue était le "seul moyen" de mettre fin au "cycle de la violence.