Entretien avec Othmane Cherif Alami, président du Conseil régional du tourisme de Casablanca-Settat
Depuis quelques années, la région Casablanca-Settat cherche des pôles d’excellence à développer. Et le tourisme en fait largement partie. Des programmes ont été déployés pour valoriser le tourisme rural qui promet de changer la donne en termes de saisonnalité, offrant d’autres possibilités de voyager. Othmane Cherif Alami, en marge de la première édition MICE, nous apporte un éclairage sur la question.
ALM : Depuis quand œuvrez-vous dans le sens de l’activation du tourisme rural de la région Casablanca-Settat ?
Othmane Cherif Alami : Casablanca-Settat est une région avec une grande superficie en milieu rural. Nous avons donc tout de suite compris que l’enjeu de développement touristique est double au niveau du Conseil régional du tourisme de Casablanca-Settat : une ville urbaine moderne et des provinces en arrière-pays rural. Et c’est pour cela que dès 2021, nous avons commencé à préparer des outils de promotion des provinces rurales, à savoir brochures, galeries photos et vidéos. Le but étant de présenter et promouvoir les potentialités touristiques multiples de la région. En 2022 et 2023, nous nous sommes employés à répertorier des points d’intérêt touristiques pour les mettre sur le site web visitcasablanca de telle manière à les faire connaître auprès des cibles de voyageurs locaux nationaux et internationaux.
Depuis septembre 2023, nous avons initié 2 actions spécifiques sur le monde rural. Le premier est le projet de digitalisation des entreprises touristiques rurales (POI rurales) dont l’objectif est de permettre à ces entreprises d’avoir une empreinte digitale en vue d’être visibles par leurs clientèles cibles. Le second renvoie au Rural Tourism Challenge qui a mis en compétition plusieurs universités et business schools en vue de travailler sur des thématiques de tourisme rural spécifiques à l’une des provinces de la région. Cette action avait pour double objectif de dresser une pépinière de solutions et de projets de tourisme rural et de mettre en avant le potentiel des provinces de la région à travers des actions de promotion sur les RS.
A quel stade en est le processus aujourd’hui ?
Le Rural Tourism Challenge a regroupé une trentaine d’étudiants lors de la finale le 25 avril 2024. Le 1er prix est revenu à la faculté pluridisciplinaire de Sidi Bennour. Le projet de digitalisation des POI rurales est en phase de finalisation.
Combien devrait prendre de temps, selon vous, le déploiement sur le terrain ? Quelles sont les différentes parties engagées ?
Le projet a pris pratiquement une année. Il a démarré par une phase de recensement des POI sur les différentes BDD disponibles et via un recensement sur le terrain. Tous les projets du Conseil régional du tourisme de Casablanca-Settat sont opérés grâce au soutien de l’Office national marocain du tourisme, le Conseil de la région et le Conseil de la ville. Sur le projet rural et au vu du travail de proximité à faire, nous avons été accompagnés également par la délégation régionale du tourisme avec ses composantes provinciales et avec les autorités locales et avec l’aide de l’Office de la coopération (ODCO).
Pour l’heure, 203 points d’intérêt touristiques (POI) ont été accompagnés. Pouvez-vous nous dire à quel niveau ?
A date d’aujourd’hui, 220 POI ont été recensés et accompagnés. L’accompagnement porte sur la création d’un site web propre au POI sur lequel sont répertoriées les activités touristiques possibles, les photos y afférentes et les coordonnées de celui-ci. Il comprend aussi la création de comptes réseaux sociaux sur Meta. L’accompagnement à l’amélioration des textes et images, de création de contenus sur les réseaux sociaux avec une solution intuitive et multi-langues qui fait partie aussi du processus. L’intégration de ces POI touristiques sur le nouveau site web visitcasablanca.ma sur une rubrique dédiée : Nature & Découvertes, est une autre action d’accompagnement. Cette étape permet de renvoyer vers le site web propre ou vers un canal de réservation du POI (Instagram, WhatsApp Business…). D’autres actions verront le jour plus tard. Une campagne de promotion digitale dédiée est également prévue.
131 sites web ont été créés pour que les sites soient accessibles et connus. Quelle enveloppe budgétaire a été consentie et quelle est sa provenance ?
Le budget est en grande partie déployé par l’Office national marocain du tourisme avec qui nous signons chaque année une convention sur la base d’un Plan d’action annuel.
Comment comptez-vous assurer la dynamique avec les personnes qui travaillent dans les POI pour assurer une qualité de service au client digne de ce nom ?
A travers les actions entreprises en milieu rural, nous essayons d’aider les autres parties prenantes qui agissent sur les aspects de la qualité de service en mettant à leur disposition des opportunités de business et donc de développement socio-économique de ces entreprises.
Quelles sont vos recommandations aux propriétaires des différents sites touristiques ruraux ?
Nous leur demandons d’entrée de s’inscrire dans les différentes dynamiques nationales, régionales et provinciales en matière de développement du business, d’accompagnement à l’entrepreneuriat et la création de valeur. L’investissement dans les produits locaux et la préservation des ressources naturelles et culturelles locales sont importants et nos recommandations vont dans ce sens aussi.
Le mot de la fin peut-être…
Le monde universitaire devrait également jouer son rôle dans l’accompagnement des provinces rurales avoisinantes en créant en permanence un pont université-entreprise touristique rurale en vue d’un développement social et économique durable.









