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Ouverture du procès d’Abou Hamza, l’ancien Imam de Finsbury


Abou Hamza al-Masri, 47 ans, surnommé "capitaine crochet" par la presse tabloëde britannique après avoir perdu ses deux mains, prétendument dans les combats contre l’armée rouge en Afghanistan, était présent dans le box des accusés, flanqué de trois policiers. Barbu et fines lunettes, il portait une chemise bleue pâle.

Les débats ne devraient pas commencer avant mercredi, mais la sélection des jurés pourrait être terminée lundi soir. Le tribunal devrait ensuite se pencher sur des questions de procédure dont la presse n’a pas le droit de faire état.

Abou Hamza est poursuivi pour 15 chefs d’accusation, dont neuf dans le cadre de la loi sur les délits contre les personnes. Le religieux aurait en l’occurrence appelé aux meurtres de juifs et de non musulmans.

Il fait également l’objet de quatre chefs d’inculpation dans le cadre de la loi sur l’ordre public pour "attitudes et mots menaçants, insultants et violents avec l’intention de provoquer la haine raciale".

Abou Hamza est également poursuivi pour la possession d’enregistrements vidéos et audios, enregistrements qu’il est accusé d’avoir voulu distribuer dans le but de provoquer la haine raciale.

Il est enfin poursuivi dans le cadre de la loi antiterroriste pour la possession d’un document, "L’encyclopédie de la guerre sainte afghane", qui contiendrait des informations "de nature à être utiles à une personne commettant ou préparant un acte terroriste".

Tous ces faits ou délits auraient été commis avant mai 2004.

Considéré comme une des figures principales du "Londonistan", la mouvance islamiste radicale installée à Londres, Abou Hamza, de son vrai nom Mustafa Kemal Mustafa, a longtemps été l’imam de la mosquée salafiste de Finsbury Park, dans le nord de Londres.

Mais il avait dû cesser ses sermons enflammés en janvier 2003, après avoir été officiellement démis de ses fonctions. Cette mesure ne l’avait cependant pas réduit au silence et il avait continué à prêcher dans la rue, jusqu’à son arrestation en mai 2004 dans le cadre d’une demande d’extradition des Etats-Unis pour faits présumés de terrorisme.

Le procès d’Abou Hamza entamé lundi devant le tribunal londonien d’Old Bailey, après avoir été repoussé à plusieurs reprises, ne concerne que les faits qui lui sont reprochés en Grande-Bretagne.

Les jurés n’auront pas à se prononcer sur la demande d’extradition américaine.

Le religieux est poursuivi par les autorités américaines pour 11 chefs d’inculpation. Washington l’accuse notamment d’avoir voulu monter un camp d’entraînement terroriste dans l’Oregon (nord-ouest des Etats-Unis) et d’avoir été impliqué de près dans l’enlèvement de seize touristes occidentaux, dont quatre avaient trouvé la mort, en décembre 1998, au Yémen.