Abdellatif Laâbi a tenu, dans une mise au point adressée à ALM, à apporter les précisions suivantes quant à la couverture faite par la MAP à une intervention qu’il a faite récemment à l’université "La Laguna" à Tenerife aux Iles Canariers. « Invité, la semaine dernière, par l’université de La Laguna, à Tenerife, et par le gouvernement autonome des Iles Canaries à Las Palmas, j’ai fait plusieurs interventions publiques (…) La façon tronquée dont une partie de la presse nationale en a rendu compte, à travers le filtre d’une dépêche de la MAP (…) m’oblige à la mise au point suivante : “Je déplore en premier lieu qu’une partie essentielle de mes déclarations ait été passée sous silence (…) Je m’élève ensuite contre l’habillage de mes propos au sujet des avancées que le Maroc a connues au cours des dernières années(…) J’ajouterai que l’habillage de mes propos s’est fait dans un langage de courtisans zélés qui n’est pas le mien (…) La question n’est donc pas celle de l’adhésion pure et simple aux faits et gestes du Souverain ou de leur critique a priori, voire de leur rejet systématique. On est en droit de concevoir aussi à son égard une relation citoyenne fondée sur l’acceptation du rôle et des prérogatives de chaque acteur des changements en cours ou de ceux auxquels nous aspirons unanimement.
Et, pour casser le bois de la langue et laisser le cœur parler, j’affirme ici que, si je ne suis pas homme à faire des courbettes et à participer à la claque, cela ne m’empêche pas d’avoir un vrai respect pour la personne du Roi, et peut-être mieux, de l’affection pour lui. Mais, au-delà de la contingence particulière qui m’a poussé à faire l’actuelle mise au point, je pense que mes propos rejoignent le débat en cours sur la réforme souhaitée de l’institution monarchique (…) Si réforme il y a, il faudrait d’abord s’atteler à la mise à niveau et au renouvellement de l’élément qui, désignant et nommant une entité, en détermine déjà le contenu. Et cet élément s’appelle la langue ».









