EconomieUne

Bank Al-Maghrib réduit son taux directeur à 2,5%

© D.R

Bank Al-Maghrib estime que la croissance de l’économie nationale devrait se limiter à 2,6% cette année, après 3,4% en 2023, mais s’accélèrerait à 3,9% au cours des deux prochaines années.

Stabilité économique : La récente décision de Bank Al-Maghrib de réduire son taux directeur de 25 points de base tient compte de l’évolution de l’inflation à des niveaux en ligne avec l’objectif de stabilité des prix.

Après une réduction opérée en juin dernier, Bank Al-Maghrib révise à la baisse son taux directeur. Il revient ainsi à 2,5%, soit une baisse de 25 points de base. Cette décision a en effet été actée, mardi, lors de la réunion trimestrielle de Bank Al-Maghrib. Elle tient en effet compte de l’évolution de l’inflation à des niveaux en ligne avec l’objectif de stabilité des prix. En effet, l’inflation continue d’évoluer à des niveaux bas. Se référant à Bank Al-Maghrib, elle se situerait cette année avec un taux moyen autour de 1%, après 6,1% enregistré en 2023. Elle devrait rester modérée à moyen terme, se situant, selon les projections de Bank Al-Maghrib, à 2,4% en 2025 et à 1,8 % en 2026. Pour ce qui est de sa composante sous-jacente, traduisant la tendance fondamentale des prix, elle devrait poursuivre sa décélération revenant de 5,6% en 2023 à 2,1% cette année, puis à 2% en 2025 et à 1,8% en 2026. Le Conseil a également noté que les anticipations d’inflation restent bien ancrées. En effet, les dernières données de l’enquête trimestrielle de Bank Al-Maghrib auprès des experts du secteur financier indiquent que ces derniers s’attendent à un taux moyen de 2,3% pour l’horizon de 8 trimestres et de 2,4% pour celui de 12 trimestres. «Sur le volet de la transmission de ses décisions, après la réduction du taux directeur opérée en juin dernier, les taux débiteurs ont accusé une baisse trimestrielle de 22 points de base, recouvrant un recul de 25 points de base pour les entreprises et une quasi-stabilité pour les particuliers», relève-t-on du communiqué de Bank Al-Maghrib.

Une croissance de 3,9 % au cours des deux prochaines années

Il est à souligner que le Conseil a discuté les projections à moyen terme de la banque qui tablent sur une amélioration du rythme des activités non agricoles à la faveur notamment des différents chantiers d’envergure lancés ou programmés. En revanche, la production agricole demeure tributaire des conditions climatiques qui restent largement incertaines. A cet égard, Bank Al-Maghrib estime que la croissance de l’économie nationale devrait se limiter à 2,6% cette année, après 3,4% en 2023, mais s’accélèrerait à 3,9% au cours des deux prochaines années. A cet égard, la banque centrale table sur une quasi-stabilité de la croissance non agricole autour de 3,5% en 2024 avant une amélioration à 3,6% en 2025 et à 3,9% en 2026. En parallèle, la valeur ajoutée agricole accuserait un repli de 4,6% cette année, avant d’afficher, sous l’hypothèse de récoltes céréalières de 50 millions de quintaux équivalant à la moyenne des 5 dernières années, des progressions de 5,7% en 2025 et de 3,6% en 2026.

Le déficit du compte courant contenu à 1 % du PIB en 2024

S’agissant du déficit du compte courant, il resterait contenu, selon Bank Al-Maghrib, s’établissant à l’équivalent de 1% du PIB en 2024 et en deçà de 2% du PIB au cours des deux prochaines années. A ce niveau la Banque centrale anticipe une accélération graduelle des exportations de biens. Leur rythme devrait passer de 5,5% cette année à 8,9% en 2026. «Cette amélioration reflèterait essentiellement la poursuite de la dynamique des ventes du secteur automobile qui devraient atteindre 200 milliards de dirhams en 2026 et la reprise de celles du phosphate et dérivés qui avoisineraient les 100 milliards la même année », commente Bank Al-Maghrib à cet égard. Les importations devraient également augmenter de 4,6% en 2024. Elles se situeraient autour de 7,9 % en 2025 avant de revenir à 6% en 2026. Ces évolutions résulteraient, selon Bank Al-Maghrib, de la hausse prévue des acquisitions de biens d’équipement en lien avec la mise en œuvre des nombreux chantiers d’infrastructure. Bank Al-Maghrib table également sur un repli de la facture énergétique en 2024. Elle devrait reculer de 6,9 % avant de baisser de 4,1 % en 2026, se situant ainsi à près de 110 milliards de dirhams. Les recettes de voyages maintiendraient, pour leur part, leur bonne performance, terminant l’année sur une progression de 9,1%. Une amélioration qui devrait se poursuivre en 2026 pour atteindre les 128 milliards de dirhams. Au niveau du compte financier, les recettes des investissements directs étrangers s’inscriraient en amélioration, passant de l’équivalent de 2,7% du PIB en 2024 à 3,3% en 2026. Pour ce qui est des avoirs officiels de réserve de Bank Al-Maghrib, ils se renforceraient progressivement pour s’établir à 400,2 milliards de dirhams à fin 2026, représentant près de 5 mois et 8 jours d’importations de biens et services.

Une atténuation progressive du déficit budgétaire attendue en 2025 et 2026

Pour ce qui est du déficit budgétaire, il devrait se situer à 4,5 % du PIB en 2024 avant de s’atténuer progressivement à 4,2% du PIB en 2025 puis à 3,9% en 2006. Des projections qui s’inscrivent hors produit de cession des participations de l’État. Bank Al-Maghrib rappelle à ce propos que l’exécution budgétaire au titre des dix premiers mois de 2024 fait ressortir une amélioration de 13,6% des recettes ordinaires, portée notamment par la performance notable des rentrées fiscales. En parallèle, les dépenses globales ont augmenté de 7,4% reflétant en particulier la hausse des dépenses en biens et services et celles d’investissement. Sur le plan monétaire, Bank Al-Maghrib s’attend à un creusement du besoin de liquidité bancaire tiré principalement par l’expansion de la monnaie fiduciaire. Il devrait atteindre les 192,3 milliards de dirhams en 2026.
«Tenant compte de l’évolution prévue de l’activité économique et des anticipations du système bancaire, le rythme de progression du crédit au secteur non financier devrait s’accélérer progressivement, passant de 3,8% en 2024 à 5,5% en 2026», relève-t-on de Bank Al-Maghrib. S’agissant du taux de change effectif, il devrait poursuivre sa légère appréciation en termes réels avec un taux de 0,5% en 2024 et de 0,3% en 2025, en raison principalement de l’appréciation de sa valeur en termes nominaux, avant une baisse de 0,6 % en 2026.

Lire votre journal

EDITO

Couverture

Nos suppléments spéciaux

Articles les plus lus