L’accord de pêche entre le Maroc et l’Union européenne sera effectif à partir du 6 mars 2006. En tout, selon les termes de la convention, ce seront 118 bateaux espagnols qui feront leur entrée dans les eaux marocaines dont 18 affectés dans le quota pélagique de 60 000 tonnes. La convention arrêtée entre les deux parties couvre une période de quatre années avec, pour le Maroc, une contrepartie financière de 36 millions d’euros par an et une assistance dans la modernisation de la flotte artisanale et l’appui dans la recherche scientifique. Les espèces menacées comme le poulpe, la seiche, le calmar et les crevettes ne sont pas, en principe, concernées par le protocole. C’est l’une des nouveautés par rapport aux anciens accords, basés sur l’extraction, qui ont caractérisé la coopération entre le Maroc et son puissant voisin du Nord dans le domaine de la pêche.
La quasi-totalité des licences vont à l’Espagne au détriment d’autres pays de l’Union comme le Portugal, principal perdant par rapport à la convention gelée en 2000. «l’accord n’aura pas l’impact de ceux signés par le Maroc dans le passé », commente Omar Akouri, président de la Fédération des armateurs de la pêche hauturière. Mais toutefois, poursuit-il, «l’impact sera conséquent sur certains segments comme la pêche côtière». La concurrence sera rude au niveau des palangres et de la pêche de certaines espèces comme le sabre et le merlu.
En fait, c’est la non-finalisation du plan d’aménagement de centaines pêcheries comme celle pélagique qui pose problème. «Nous n’aurions pas dû signer avant l’adoption du plan d’aménagement», fait-on remarquer dans les parages de la Fédération des armateurs.
Actuellement, ce plan de pêcherie n’a toujours pas vu le jour. Il s’agirait vraisemblablement d’un problème de calendrier. Les principales fédérations concernées, à savoir la FENIP, l’ANAFAP et l’UNICOP ainsi que les Chambres maritimes, les fédérations et associations regroupant les armateurs, avaient pourtant été associées à l’élaboration de ce cadre de concertation. Pour Abdelmajid Joundy, président de l’UNICOP (Union nationale des industries de conserve de poisson), «le retard pris par l’élaboration du plan de pêcherie résulte tout simplement d’un problème de calendrier. Des réunions sectorielles devront avoir lieu à partir du 6 février prochain».
En attendant, constate cet armateur hauturier, «la concertation marque le pas». Ce n’est pas le sentiment de Hassan Sentissi. En mission hier à Laâyoune, en compagnie du directeur général de l’IFO (association regroupant les pays producteurs de farine de poisson), Jonathan Shepher; le président de la FENIP, Hassan Sentissi, est d’avis que la démarche ministérielle accouchera sur du positif : «nous avons adressé nos principales remarques. Et les échos sont favorables».
Reste désormais à savoir si d’ici le 27 janvier, date d’arrivée d’une mission européenne au Maroc pour une réunion technique, ledit plan de pêcherie verra le jour. Une nécessité d’autant que l’Espagne souhaiterait voir revu à la hausse le quota qui lui a été accordé dans l’accord.
Resté injoignable, l’actuel secrétaire général au ministère de la Pêche, Mohamed Talmidi, a sans doute la réponse à cette question. Arrivera-t-il donc à peaufiner à temps le plan de la pélagique ?









