SociétéUne

Droits de l’enfant : Le Maroc renforce sa feuille de route

© D.R

L’ONDE tient son 17ème Congrès national : Ce congrès a été l’occasion d’analyser les avancées réalisées et d’identifier les défis à surmonter en matière des droits de l’enfant. 

Avancées : Le Maroc a accompli des avancées majeures en matière des droits de l’enfant. Chose que les intervenants lors du 17ème Congrès des droits de l’enfant n’ont pas manqué de souligner. Cette nouvelle édition qui coïncide avec le 30ème anniversaire de l’ONDE est organisée à l’occasion de la Journée nationale des droits de l’enfant sous la Présidence effective de Son Altesse Royale la Princesse Lalla Meryem, Présidente de l’Observatoire national des droits de l’enfant (ONDE). Lancés samedi à Rabat les travaux de la 17ème édition du Congrès national des droits de l’enfant sont sous la thématique «L’enfant face aux enjeux contemporains : Quelle feuille de route pour 2030 ?».

La nouvelle édition du Congrès des droits de l’enfant, qui coïncide avec le 30ème anniversaire de l’ONDE, a réuni pendant deux jours un large éventail d’acteurs d’institutions publiques, experts nationaux et internationaux, instances onusiennes, organisations de la société civile ainsi que des enfants parlementaires venus de différentes régions du Royaume. Ce congrès a été l’occasion d’analyser les avancées réalisées et d’identifier les défis à surmonter en la matière. A cette occasion, Laura Bill, représentante de l’Unicef au Maroc, a indiqué : «A l’Unicef, nous saluons les avancées importantes et inspirantes que le Maroc a réalisées en matière des droits de l’enfant. En même temps, nous encourageons le gouvernement du Maroc à poursuivre les efforts requis pour adresser les recommandations faites par le comité des droits de l’enfant. En effet, le comité des droits de l’enfant avait recommandé au Maroc un certain nombre d’éléments dont l’adoption d’une approche budgétaire fondée sur les droits de l’enfant». S’exprimant à l’ouverture de la 17ème édition du Congrès national des droits de l’enfant, Cécile Aptel, directrice adjointe de l’Unicef Innocenti, a souligné que «le rôle transformateur des technologies numériques, notamment de l’intelligence artificielle, est clair : il s’agit de transformer la façon dont les enfants apprennent, dont les enseignants enseignent et dont nous comblons les inégalités d’accès et d’opportunités ».

Et de poursuivre : «L’IA personnalise les expériences d’apprentissage et répond aux besoins individuels. Les systèmes d’apprentissage adaptatifs peuvent s’adapter à divers styles d’apprentissage, rendant l’éducation plus inclusive et efficace. Cependant, les risques tels que la confidentialité des données et les biais algorithmiques doivent être gérés de manière proactive. Au Maroc, l’Unicef travaille avec le gouvernement pour mener des recherches et aider à protéger les enfants à l’ère numérique. Les technologies offrent des opportunités aux enfants : d’apprentissage, d’expression et d’innovation, mais il y a aussi des risques réels : notamment de cyberharcèlement, désinformation, ou exploitation en ligne» . Dans le cadre de cette rencontre, des panélistes réunis samedi à Rabat ont affirmé que les réformes engagées au Maroc ont permis d’accomplir des avancées significatives en matière de promotion et de protection des droits de l’enfant. Les intervenants ont ainsi mis en lumière les réformes majeures engagées en faveur de l’enfance dans les domaines de la protection sociale, de la santé, de l’éducation et de la justice. Ils ont également souligné la nécessité d’une approche renouvelée, axée sur la qualité des politiques publiques, la coordination entre les acteurs et l’investissement dans la petite enfance.

Mohamed Ait Aazizi, directeur de la protection de la famille, de l’enfance et des personnes âgées au ministère de la solidarité, de l’insertion sociale et de la famille, a indiqué dans ce sens que la politique publique intégrée de protection de l’enfance a permis, dix ans après son lancement, de réaliser des avancées notables en matière des droits de l’enfant, en adoptant une réponse nationale cohérente autour de piliers essentiels. Il a, à cet effet, mis l’accent sur plusieurs réformes majeures, notamment le chantier de la protection sociale ainsi que le lancement de la troisième phase de l’Initiative nationale pour le développement humain (INDH), qui a consacré une attention particulière à l’enfance. Pour sa part Moulay Youssef Alaoui Youssoufi, cadre au ministère de la santé et de la protection sociale, a mis en avant les progrès réalisés par le Maroc en matière de santé infantile. Il a souligné que le ministère a élaboré une politique nationale de santé de l’enfant à l’horizon 2030, alignée sur les Objectifs de développement durable. De son côté, le coordinateur du programme des écoles pionnières au ministère de l’éducation nationale, du préscolaire et des sports, Lhoucine Zteyt, a affirmé que le système éducatif marocain œuvre pour préparer une génération en mesure de relever les enjeux de demain, notant que l’accès à l’éducation demeure une priorité essentielle, au même titre que l’amélioration de sa qualité, considérée comme un levier fondamental de transformation.

De plus, il a mis en exergue les efforts déployés pour l’élaboration d’un programme scolaire actualisé, inspiré des expériences internationales, ainsi que les initiatives visant à qualifier les élèves, dans l’objectif de réduire les écarts d’apprentissage et de garantir une éducation équitable et inclusive. De son côté Hafsa Daki, cheffe de l’unité de suivi des affaires des libertés publiques au Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (CSPJ), a passé en revue les attributions et les actions menées par le Conseil en matière de protection des droits de l’enfant, mettant l’accent sur la pertinence de la coordination entre les différents acteurs dans ce domaine. Elle a également appelé à la valorisation des bonnes pratiques tant au sein du cadre familial qu’au niveau institutionnel, ainsi que la mise en place de campagnes de sensibilisation dans les établissements scolaires, notamment autour des violences sexuelles. Pour sa part, Karima Kessaba, chargée des programmes de politiques sociales au Fonds des Nations Unies pour l’enfance (Unicef-Maroc), a salué les avancées réalisées par le Royaume dans la lutte contre la pauvreté parmi les enfants issus de familles nécessiteuses grâce aux initiatives de soutien social ciblé, notamment l’INDH. Évoquant la formation des magistrats, Rachid Houbabi, chef du pôle de la formation continue et de la formation dans le domaine de l’administration judiciaire à l’Institut supérieur de la magistrature, a expliqué qu’elle constitue un levier fondamental pour renforcer l’intégration effective des droits de l’enfant dans la pratique judiciaire au Maroc. La pratique judiciaire, confrontée à une charge importante d’affaires, se démarque désormais par une meilleure organisation visant à optimiser la prise en charge des dossiers relatifs à la protection de l’enfance, a-t-il relevé. Dans le même sens, Khalid Hanfioui, chargé des droits de l’enfant au Conseil national des droits de l’Homme (CNDH), a souligné que la participation des enfants constitue un indicateur fondamental de l’effectivité de leurs droits, rappelant que le CNDH a entrepris un travail approfondi avec plusieurs enfants, afin de recueillir leur propre perception de leurs droits.

Recevez les dernières actualités d’Aujourd’hui Le Maroc directement sur WhatsApp