L’ambition à travers ce SDAU est de concilier croissance économique, développement social et préservation des ressources naturelles dans une logique d’équilibre territorial et de durabilité.
Développement urbain : Quelles perspectives adopter pour l’économie locale ? Quel est l’impact des projets d’investissement sur l’étalement de l’urbanisation du Grand Marrakech ? Quelle est la place du tourisme et de l’activité agricole dans le potentiel économique du territoire ? … Autant de questions auxquelles le schéma directeur d’aménagement urbain de la ville ocre devra répondre. Il s’agit de dessiner un plan clair, équilibré et résilient du Grand Marrakech capable de répondre aux attentes des citoyens tout en assurant la compétitivité et l’attractivité de la métropole dans un contexte de transition écologique et de régionalisation avancée.
Planifier le développement urbain de l’aire métropolitaine de Marrakech de façon à concilier la croissance économique et la préservation de l’environnement tout en assurant une meilleure répartition des équipements et des emplois. C’est dans cet esprit que l’Agence urbaine de Marrakech élabore le schéma directeur d’aménagement urbain (SDAU) de l’aire métropolitaine du Grand Marrakech. L’aire qui sera couverte par ce document stratégique s’étend sur une superficie de 2332 km². Elle englobe 11 communes territoriales relevant de la préfecture de Marrakech et de 8 communes territoriales relevant de la province d’Al Haouz.
Diagnostic
Face aux multiples défis que connaît aujourd’hui l’aire métropolitaine de Marrakech, l’Agence urbaine de la ville s’attelle à la finalisation du SDAU du Grand Marrakech. L’ambition est de concilier croissance économique, développement social et préservation des ressources naturelles dans une logique d’équilibre territorial et de durabilité. «Pour relever les défis complexes liés à la concurrence nationale et internationale, la ville de Marrakech et sa région doivent adopter une approche stratégique et intégrée. Cela implique une anticipation des évolutions urbaines, une planification adaptée, une orientation efficace des investissements, ainsi que la création et la préservation de la qualité de l’environnement urbain. Ces actions doivent être menées dans le cadre d’une vision globale de régionalisation, telle que promue par le SDAU, afin d’aboutir à une cohérence territoriale et une optimisation des ressources, notamment en matière d’armature économique/naturelle, socioculturelle, démographique, spatiale, patrimoniale, etc. et assurer un développement durable et un avenir viable à la région», indique l’Agence qui vient de lancer un appel d’offres pour l’achèvement de l’étude de ce schéma. Ce dernier, comme le spécifie la même source, permettra d’établir une bonne gouvernance locale à travers le renforcement des capacités de gestion des collectivités territoriales, par la promotion de nouvelles méthodes et modes de gestion, et par la mise en place de projets intégrés, tenant compte de l’utilisation rationnelle de l’espace et contribuant à la préservation et la mise en valeur des composantes environnementale et agricole. Pour l’Agence urbaine de Marrakech, cette étude doit mettre en place une image future du territoire concerné en s’adossant sur les équilibres structurels pour mieux gérer les multiples impacts qui greffent le développement territorial et l’équilibre naturel, agricole et environnemental de la région.
Défis
Ledit territoire est confronté à de nombreux déséquilibres, selon l’Agence. «Le SDAU du Grand Marrakech interviendra donc pour pallier les déficits et dysfonctionnements multiples dans le but de rehausser l’image, attirer l’investissement et permettre un développement équilibré pour tous», affirme la même source notant que ces déficits et dysfonctionnements concernent, entre autres, la fragilité de l’écosystème et l’environnement marqué par un niveau d’assainissement (liquide et solide) peu satisfaisant, l’étalement urbain et urbanisation au détriment des terres agricoles irriguées et naturelles, des problèmes de la mobilité urbaine, des problèmes du foncier, les nouvelles formes d’urbanisation et les villes nouvelles, une dynamique démographique urbaine importante, une économie en perpétuelle croissance, des extensions sous forme d’opérations éclatées sans armatures réelles entre quartiers, un développement de l’agglomération au gré des opportunités foncières, générant ainsi un espace marqué par des dysfonctionnements de son armature urbaine et caractérisé par des inégalités multiples (répartitions des équipements, des emplois, …), ou encore un empiètement sur les terres irriguées.
Stratégie d’intervention
Le SDAU devra mettre en place une stratégie d’intervention et de proposer les grands chantiers qui doivent être ouverts simultanément pour permettre à cette aire d’étude d’atteindre le niveau de qualification souhaité. L’objectif est de permettre à l’aire métropolitaine d’atteindre un niveau de développement à la hauteur de son potentiel, tout en assurant une organisation harmonieuse de son territoire. Cette démarche vise d’abord à établir un équilibre global de l’espace urbain, en synchronisant l’ensemble des documents d’urbanisme sectoriels et en répondant aux besoins présents et futurs en matière d’activités économiques, sportives et culturelles, d’équipements publics, de mobilité, de gestion des ressources, et de répartition équilibrée entre l’emploi et l’habitat. Elle s’appuie aussi sur la définition d’une vision territoriale cohérente, fondée sur la diversité des fonctions urbaines, la mixité sociale dans l’habitat, qu’il soit urbain ou rural, et une utilisation économe et maîtrisée des espaces naturels, urbains, périurbains et agricoles. La préservation des terres cultivables et l’encadrement du développement rural sont également au cœur de cette approche, dans une logique de complémentarité entre les différentes composantes du territoire. Le SDAU entend également organiser les systèmes de déplacement et de transport, anticiper les risques naturels et technologiques, lutter contre les différentes formes de pollution, et protéger la qualité de l’air, de l’eau, des sols et des écosystèmes. Il accorde une attention particulière à la sauvegarde des ensembles urbains structurants et du patrimoine bâti. La consolidation de la base économique, la maîtrise de la croissance urbaine, une gestion rigoureuse de l’espace et un aménagement mieux structuré permettront d’optimiser les investissements et de renforcer la cohésion sociale et spatiale du territoire. L’ensemble de ces axes vise à faire émerger des espaces urbains durables, inclusifs et adaptés aux attentes des citoyens, tout en renforçant l’attractivité, la résilience et la compétitivité du Grand Marrakech.










