Culture

Jazzablanca 2025 : Une édition qui a tenu toutes ses promesses

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Spiritualité, fusions audacieuses et shows spectaculaires

Le rideau est tombé en beauté sur la 18ème édition de Jazzablanca qui s’est déroulée sur deux week-ends (du 3 au 5 juillet et du 10 au 12 juillet) à Anfa Park, Casa Anfa, la Scène 21 et le village central. Lors de ces journées festives, le public a découvert une programmation ambitieuse, mêlant des têtes d’affiche internationales, des icônes du jazz, des talents marocains et africains, ainsi que des découvertes inédites.

La 18ème édition de Jazzablanca s’est achevée, samedi 12 juillet, avec la présence de stars nationales et internationales, ayant offert au public casablancais des performances hautes en couleur. Les festivaliers ont vibré sur des mélodies envoûtantes à commencer par celles de Dominique Fils-Aimé. Cette artiste montréalaise a livré un show maîtrisé sur la Scène 21, installant dès les premières minutes une ambiance attentive et concentrée. L’artiste a su capter l’attention par la qualité de son interprétation, conquérant un public réceptif à la cohérence de sa proposition musicale. La scène Casa Anfa a, quant à elle, été brillamment représentée par Oum El Ghaït Benessahraoui, dite Oum. Cette chanteuse et compositrice aux influences multiples a interprété des morceaux de son cinquième album «Dakchi», ce qui signifie «Cela» ou «ces choses-là» en darija. L’album est une célébration de ce qui rassemble, ce que l’on partage et ce que l’on aime, et marque une décennie de création pour l’artiste. À travers une fusion subtile entre les sonorités traditionnelles marocaines, le jazz et la soul, Oum a réaffirmé son attachement à ses racines et à un art profondément engagé, célébrant ce qui rassemble et relie.

Des mélodies orientales et des envolées jazz de Ibrahim Maâlouf
Sur la scène Casa Anfa, le trompettiste franco-libanais Ibrahim Maâlouf était au rendez-vous. Il a livré une soirée festive et grandiose. Pour cette troisième participation à Jazzablanca, l’artiste a présenté son dernier album «Les trompettes de Michel Ange», une véritable célébration de ses racines et son héritage musical. Dans une déclaration à la presse, il a relevé que jouer à Casablanca revêt pour lui et son équipe une saveur particulière, nourrie par les souvenirs chaleureux des précédentes éditions et une grande impatience à présenter ses nouveaux projets». Il a précisé que chaque morceau joué «incarne une histoire unique liée au thème du mariage, qui symbolise bien plus qu’une union amoureuse, représentant l’alliance des différences et la force de la diversité pour mieux traverser les périodes d’incertitude».

Musique gnawa, soul, jazz et vibrations contemporaines
La soirée de clôture s’est également distinguée par deux performances mémorables. Il s’agit de la rencontre vibrante entre deux icônes de la musique Gnawa, Mehdi Nassouli et Hamid El Kasri, et le show incandescent du rappeur américain Macklemore. Dès les premières notes, la magie opère. Sur une scène baignée de lumières chaudes, les mâalems Nassouli et El Kasri unissent leurs guembris et leurs voix dans une parfaite symbiose. Véritable passerelle entre générations, ce dialogue musical entre le maître reconnu et son fervent admirateur Nassouli ayant toujours revendiqué El Kasri comme son idole – est venu célébrer la richesse et la profondeur de l’héritage gnaoui. Le moment gagne encore en intensité lorsque la chanteuse Oum rejoint le duo sur scène, suivie de l’Américain Bilal Sayeed Oliver, légende du gospel et de la neo-soul. Ensemble, ils livrent une performance rare et puissante, fusionnant spiritualité gnawa, soul, jazz et vibrations contemporaines. Un moment suspendu qui a tenu le public en haleine. Puis, changement d’ambiance : c’est une véritable déflagration sonore et scénique qui s’abat sur l’Anfa Park avec l’arrivée tant attendue de Macklemore. Devant un public survolté, le rappeur de Seattle fait une entrée fracassante, enchaînant tubes planétaires et messages engagés. Vêtu d’un manteau en fourrure flamboyant, il électrise la foule dès les premières secondes. «J’ai attendu ce moment toute l’année !», lance-t-il avec ferveur. De «Thrift Shop» à «Wings», en passant par «Downtown» ou «I Wanna Be Free», Macklemore déroule un set intense, oscillant entre fête collective et introspection.

Sur la Scène 21, une autre énergie contagieuse se propageait, plus tôt dans la soirée, avec Jupiter & Okwess. Le groupe congolais, emmené par le charismatique Jupiter Bokondji, a offert une prestation endiablée mêlant rock, funk et rythmes traditionnels d’Afrique centrale, confirmant leur statut de formation incontournable sur la scène world actuelle. La scène Nouveau Souffle, installée au Parc de la Ligue Arabe, a accueilli la formation marocaine Anas Chlih Quintet, qui mêle jazz modal et traditions locales, avant de se poursuivre, avec une dernière soirée animée par Soukaina Fahsi, voix prometteuse du folk marocain contemporain.
Au-delà des concerts sur la scène principale, le festival a investi la ville de Casablanca. La fanfare de Glen David Andrews, venue de la Nouvelle-Orléans, a animé le parcours de la Mosquée Hassan II à El Hank, poursuivant son périple festif avec deux défilés programmés les 11 et 12 juillet entre Rick’s Café, le Marché Central, Anfa Place et l’hôtel Suisse. Entre spiritualité, fusions audacieuses et shows spectaculaires, Jazzablanca 2025 s’achève sur une note d’excellence, célébrant avec éclat la diversité musicale et l’ouverture culturelle de Casablanca.