Culture

Intissar Haddiya : Entre médecine et littérature

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Médecin néphrologue de renom, professeure universitaire à Oujda, Intissar Haddiya est aussi une écrivaine qui compte.

Depuis plusieurs années, elle trace une œuvre littéraire profondément humaine, traversée par les vicissitudes du réel et la quête de sens. Une œuvre qui conjugue la rigueur de la pensée scientifique et l’élan du cœur. Six ouvrages déjà publiés, des traductions, des participations à des anthologies, des chroniques engagées dans la presse : le parcours littéraire de Haddiya est celui d’une femme à la croisée des mondes. Son écriture, limpide et poignante, explore les zones grises de la vie contemporaine : la solitude, la maladie, les amours impossibles, les injustices sociales, la quête de résilience.

Dans Trahison pieuse, L’Inconnue, ou encore Si Dieu nous prête vie, les héroïnes sont souvent en lutte contre leur passé, contre les normes, contre l’abandon. Mais ce ne sont jamais des plaintes que l’on lit : Ce sont des parcours, des résistances, des renaissances. Des femmes qui doutent, qui espèrent, qui tombent et qui se relèvent. «Écrire, c’est soigner autrement», semble nous dire l’autrice. Elle soigne par les mots, avec la même précision qu’elle soigne les corps. Son recueil poétique Au fil des songes en est un bel exemple : entre méditation intime et révolte sourde, ses poèmes évoquent l’attachement, le déracinement, le passage du temps, la beauté de l’instant. Son dernier roman «Un si long chemin…» prolonge cette veine, avec une maturité narrative et une conscience sociale aiguë.

À travers ses personnages, ses histoires ancrées dans la réalité marocaine mais ouvertes sur l’universel, Haddiya donne à voir une société en tension, un Maroc pluriel, un monde en quête de sens. Aujourd’hui, sa voix dépasse le cercle littéraire. Invitée dans des conférences, sollicitée dans les médias, elle incarne cette génération de femmes marocaines qui écrivent pour comprendre, pour dénoncer, pour transmettre. Et surtout pour ne pas se taire.