Amine Tahraoui a annoncé le lancement d’un vaste programme national de réhabilitation de 83 hôpitaux.
Réforme : Le ministre de la santé et de la protection sociale a dévoilée, lundi à la Chambre des représentants, les grands projets de réhabilitation des hôpitaux à l’horizon 2030 et fait part de l’état d’avancement du projet de décret relatif à la réforme des prix des médicaments. Le texte sera prochainement soumis pour adoption au sein du Conseil de gouvernement. Les détails.
Le ministère de la santé et de la protection sociale poursuit la mise en œuvre d’une politique d’investissement ambitieuse visant à développer et moderniser les établissements hospitaliers du secteur public, dans l’objectif de renforcer l’offre de soins, d’élargir la couverture territoriale et d’améliorer la qualité des services offerts aux citoyens. Lors de la séance des questions orales à la Chambre des représentants, tenue lundi, le ministre de tutelle, Amine Tahraoui a présenté les grands projets de réhabilitation des hôpitaux publics à l’horizon 2030, conformément à une vision nationale intégrée visant à établir une offre hospitalière équitable. Parmi ces grands projets, la construction de cinq nouveaux Centres hospitaliers universitaires (CHU) à Agadir, Laâyoune, Errachidia, Guelmim et Béni Mellal, ainsi que la reconstruction de l’hôpital Ibn Sina à Rabat, pour une capacité totale estimée à 3.807 lits.
Le programme de réadaptation ne se limite pas aux nouveaux centres, mais comprend également la réhabilitation des CHU existants à Fès, Casablanca, Rabat, Marrakech et Oujda, à travers la rénovation de leurs infrastructures et l’acquisition d’équipements médicaux de pointe. Par ailleurs, le ministre a annoncé le lancement d’un vaste programme national de réhabilitation de 83 hôpitaux, pour une capacité globale de 8.700 lits, dont 1.729 lits seront opérationnels en 2025 et 2.056 lits supplémentaires à l’horizon 2028. Concernant les soins de santé en milieu rural, M. Tahraoui a affirmé que le ministère poursuit la mise en œuvre du programme national de réadaptation de 1.400 centres de santé, dont 950 ont été réadaptés à ce jour, tandis que les travaux de mise à niveau des autres structures se poursuivent, avec un achèvement prévu avant fin 2025. Il a souligné que 71 % de l’infrastructure sanitaire nationale se trouve en milieu rural, avec 2.186 établissements, dont 433 centres de santé de deuxième niveau, dotés d’unités d’accouchement ou de services d’urgences de proximité.
En ce qui concerne l’amélioration de la qualité des services de santé, le ministre a indiqué que l’action du ministère ne se limite pas à la construction et à la rénovation, mais inclut également l’amélioration de l’expérience du patient au sein des établissements hospitaliers, à travers le renforcement des services d’accueil, la modernisation des systèmes d’hygiène et de sécurité, la mise en place de bornes numériques d’orientation des patients, ainsi que l’unification du système de prise de rendez-vous. Le ministre a également évoqué le lancement de projets pionniers dans le domaine de la digitalisation, notamment dans la région Tanger-Tétouan-Al Hoceïma, où 20 hôpitaux ont été interconnectés à un système d’information unifié. Deux plateformes numériques ont été développées : l’une destinée aux citoyens pour la prise de rendez-vous, et l’autre aux professionnels pour la coordination des soins.
Réforme du prix des médicaments
Le ministre a présenté les détails d’une réforme sans précédent concernant la politique pharmaceutique nationale. Cette réforme vise à garantir l’équité dans l’accès aux médicaments et à consolider la souveraineté sanitaire nationale, à travers une révision profonde et globale du système de fixation des prix des médicaments, la restructuration des chaînes d’approvisionnement et de distribution et l’élargissement de la fabrication locale. M.Tahraoui a indiqué que son département est parvenu en concertation avec les parties concernées à un consensus sur un nouveau décret qui permettra, une fois adopté, une baisse significative des prix des médicaments, tout en assurant un équilibre entre la protection du consommateur et la promotion de la production locale. Le ministre a précisé que ce nouveau modèle repose sur des principes innovants, notamment la réduction des délais de révision des prix, la mise en œuvre progressive de la réforme pour assurer la stabilité, la préservation des médicaments à bas prix et la promotion de la production locale. Il a révélé que le projet de ce décret est dans sa phase finale et sera prochainement soumis au processus d’approbation au sein d’un Conseil de gouvernement. L’approche adoptée pour cette réforme se distingue par son caractère exhaustif prenant en compte les aspects juridiques, techniques et socio-économiques.
Rupture des médicaments : Création d’un Observatoire et d’une plateforme logistique nationale
Le ministre a fait part de la création d’un Observatoire national du médicament par l’Agence marocaine des médicaments et des produits de santé. Selon le ministre, il s’agit d’un mécanisme stratégique pour surveiller les prix, anticiper des ruptures et analyser la dynamique du marché. Le ministre a dévoilé un projet de création d’une plateforme logistique nationale unifiée pour l’approvisionnement des établissements de santé publics en médicaments et dispositifs médicaux, répondant aux besoins des groupements sanitaires territoriaux. Ce système vise à réduire le gaspillage dû aux ruptures de stock ou à la péremption des médicaments, qui engendre des pertes annuelles élevées sur un budget de 3,6 milliards de dirhams. Ce système sera déployé progressivement sur une période de 18 mois.
Souveraineté vaccinale
Concernant le renforcement de la souveraineté vaccinale, le ministre a annoncé le lancement du projet «Marbio» dans la ville de Benslimane, visant à couvrir 100% des besoins du programme national de vaccination d’ici 2027. Il a évoqué la signature de contrats d’approvisionnement avec l’entreprise pour trois vaccins majeurs : le vaccin contre le pneumocoque, celui contre la méningite et le vaccin hexavalent. Plus d’un milliard de dirhams ont été attribués pour assurer 5,4 millions de doses durant les années 2025 et 2026. Il a également signalé qu’un comité scientifique spécial a été mis en place pour actualiser le calendrier vaccinal national et approuver les premiers vaccins fabriqués localement. Il a précisé que l’entreprise a déjà commencé la production et que les premières doses devraient être livrées au système de santé avant la fin de l’année 2025. Le ministre de la santé a fait remarquer que ce chantier ne vise pas uniquement à corriger les dysfonctionnements conjoncturels, mais qu’il établit un nouveau modèle national pharmaceutique et vaccinal, fondé sur la souveraineté, la transparence, la fabrication locale et une distribution équitable, dans une vision stratégique qui place la santé et la dignité du citoyen au cœur des priorités.










