La nouvelle politique américaine s’appuie sur des personnalités clés de la Maison-Blanche
Géopolitique Les nouvelles orientations de la Maison-Blanche pour le renforcement de la coopération avec le Royaume et le continent se dévoilent avec plusieurs noms aux commandes. Eclairages.
Les relations entre le Maroc et les Etats- Unis d’Amérique sont à l’aube d’une nouvelle dynamique avec une nouvelle administration à la Maison-Blanche et forcément des nouveaux artisans pour forger les relations déjà solides. Quelques mois après l’arrivée du président Donald Trump au bureau ovale à Washington, la composition de la nouvelle équipe présidentielle à la fois pour le Maroc et l’Afrique est pratiquement au complet. L’un des personnages clés de la nouvelle Team Trump est bien évidemment l’ambassadeur des Etats-Unis d’Amérique à Rabat. Richard Duke Buchan III, dont la nomination avait été annoncée par la Maison-Blanche il y a quelques mois, qui avait exposé devant le congrès les grandes lignes de sa nouvelle mission à Rabat en tant qu’ambassadeur des États-Unis auprès du Royaume. Au cours de son audition au Capitole à Washington, l’ambassadeur américain avait souligné que le Maroc est un partenaire stratégique indispensable pour les États-Unis en Afrique du Nord. Le diplomate US avait affiché la volonté américaine de renforcer la coopération diplomatique et militaire ainsi que le développement du partenariat économique entre les deux pays.
L’accent sera mis notamment sur la finance, le digital, l’énergie, les infrastructures et l’aéronautique avec ses deux composantes. Il sera question également de faire du Maroc un hub pour l’Afrique et renforcer la complémentarité avec les voisins au nord de la Méditerranée. Pour rappel, le président des États-Unis d’Amérique, Donald Trump, avait annoncé en mars dernier la nomination de Richard Duke Buchan III au poste d’ambassadeur dans le Royaume du Maroc, en soulignant qu’il «jouera un rôle clé alors que nous renforçons la paix, la liberté et la prospérité pour nos deux pays». «Je suis heureux d’annoncer que Duke Buchan III servira en tant qu’ambassadeur des États-Unis auprès du Royaume du Maroc», a écrit le président Donald Trump sur son réseau social, Truth Social. « Duke jouera un rôle clé alors que nous renforçons la paix, la liberté et la prospérité pour nos deux pays », a tenu à souligner M. Trump. Duke Buchan III avait servi auparavant en tant qu’ambassadeur des États-Unis en Espagne et en Andorre (2017-2021). Natif de la Caroline du Nord en 1963, Duke Buchan III, qui compte une longue carrière dans le monde des investissements et de la finance, est titulaire d’une licence en économie et en langue espagnole de l’Université de Caroline du Nord à Chapel Hill, ainsi que d’un master de la Harvard Business School. Il a également fait des études à l’Université de Valence et à l’Université de Séville en Espagne.
Rabat-Washington-Paris
Un autre ambassadeur US est également appelé à jouer un rôle important dans le renforcement des relations bilatérales. Il s’agit de Charles Kushner, l’ambassadeur des États-Unis d’Amérique auprès de la République française et de la Principauté de Monaco. Il est le fondateur et le président de la société Kushner Companies, qui gère l’acquisition et la promotion de plus de 30 000 logements collectifs et de plusieurs centaines de milliers de mètres carrés d’espaces commerciaux. Il a également occupé le poste de commissaire de l’autorité portuaire pour les États de New York et de New Jersey. Kuchner est le gendre du président américain puisqu’il est le père de Jared Kuchner, ancien haut conseiller du président des États-Unis dans l’administration Trump I entre 2017 et 2021 et époux d’Ivanka Trump.
Paris rejoint l’axe Rabat-Washington puisque l’ambassadeur Charles Kushner a reçu son homologue marocaine il y a quelques semaines. «L’ambassadeure du Maroc en France, Samira Sitaïl, a été chaleureusement accueillie aujourd’hui par l’ambassadeur des États-Unis en France et Madame Seryl Kushner. Cet échange particulièrement riche a permis d’évoquer la solidité et la vitalité de la relation bilatérale entre le Maroc et les Etats-Unis d’Amérique ainsi que la richesse de l’identité plurielle du Maroc.
Les échanges avec l’ambassadeur américain ont également porté sur l’engagement commun du Maroc et des Etats-Unis en faveur du dialogue, de la compréhension mutuelle et de la paix durable», avait annoncé sur la plateforme X l’ambassade du Royaume à Paris. A noter que la capitale française a également reçu la visite d’une autre responsable de la «Team» Trump.
M. Afrique
Massad Boulos, conseiller principal pour l’Afrique pour le président des États-Unis, a effectué une visite en France dans le cadre de sa tournée au Maghreb pour évoquer des sujets stratégiques. Massad Boulos avait rencontré dans le cadre du Sommet des affaires États-Unis-Afrique, Karim Zidane, ministre délégué auprès du Chef du gouvernement, chargé de l’investissement, de la convergence et de l’évaluation des politiques publiques. «Lors du Sommet des affaires États-Unis-Afrique, j’ai eu le plaisir de rencontrer le ministre marocain de l’investissement Karim Zidane pour discuter de l’élargissement de nos liens commerciaux dans les secteurs de l’aéronautique et de l’énergie, ouvrant la voie à l’innovation et à une croissance partagée », a annoncé M. Boulos dans un tweet sur son compte X. L’aéronautique et l’énergie seront donc prioritaires. Alors que le Maroc affiche des ambitions importantes dans le domaine de l’aéronautique en multipliant les annonces et les projets au cours des dernières années, les États-Unis d’Amérique s’apprêtent à jouer un rôle de premier plan en la matière.
Africom
Un autre haut responsable, militaire cette fois-ci, vient de rejoindre l’équipe de la Maison-Blanche pour l’Afrique. Il s’agit du général Dagvin R. M. Anderson, nouveau numéro 1 du commandement des USA pour l’Afrique (Africom) dont le siège est basé à Stuttgart et qui couvre 53 pays africains pour la collaboration avec des partenaires régionaux et internationaux pour contrer les menaces transnationales, renforcer les forces de sécurité et promouvoir la stabilité sur le continent.
Sur Hautes instructions de SM le Roi Mohammed VI, Chef Suprême et Chef d’Etat-Major Général des Forces Armées Royales (FAR), le Général de Corps d’Armée, Mohammed Berrid, Inspecteur Général des FAR et Commandant la Zone Sud, a conduit récemment une délégation marocaine à Stuttgart, en Allemagne, pour assister à la cérémonie officielle de passation de commandement entre le général du Corps des Marines Michael E. Langley et le général Dagvin R.M. Anderson. L’Inspecteur Général des FAR a eu des entretiens avec M. Anderson, général de l’armée de l’air.
C’est la première fois qu’un «AIRMAN», nom communément donné aux pilotes de l’US Air Force, prend le commandement de l’Africom. Le Général Anderson est un ancien chef du Commandement des opérations spéciales en Afrique. La coopération avec le Maroc est l’une des priorités américaines sachant que le Maroc est engagé dans un grand chantier de modernisation de ses forces aériennes notamment.
Coopération militaire
AL25.
L’exercice African Lion 2025 (AL25) s’est conclu en mai dernier avec la participation de plus de 10 000 militaires multinationaux issus de plus de 50 pays, qui ont mené des opérations synchronisées dans quatre pays : le Maroc, le Ghana, le Sénégal et la Tunisie. Il s’agit de l’édition la plus vaste et la plus dynamique de l’histoire de l’exercice depuis sa création il y a 21 ans.
Cette édition a marqué une première avec l’intégration d’opérations de cyberdéfense et l’élargissement des scénarios liés aux menaces chimiques, biologiques, radiologiques et nucléaires (CBRN), ainsi qu’un programme académique rigoureux impliquant plusieurs nations. African Lion 25 a confirmé l’engagement des États-Unis à établir des partenariats durables, à améliorer l’état de préparation des forces conjointes et à renforcer la sécurité régionale. L’exercice a inclus des tirs de roquettes HIMARS, des opérations aéroportées, des débarquements amphibies, des interceptions maritimes, ainsi que des exercices de planification avec des partenaires africains, européens et américains. « Je tiens à remercier le Maroc pour avoir accueilli l’exercice African Lion et pour avoir contribué à renforcer notre sécurité collective et notre préparation grâce à un entraînement rigoureux et multinational », a déclaré le général Michael Langley, commandant de l’US Africa Command. «Des exercices comme African Lion illustrent la valeur de nos relations avec les partenaires africains, en démontrant notre capacité à faire face aux menaces communes et à promouvoir la paix grâce à une puissance militaire éprouvée. » « African Lion renforce l’interopérabilité des États-Unis avec le Maroc et d’autres partenaires clés pour améliorer notre capacité collective à répondre aux menaces sécuritaires régionales », a déclaré la chargée d’affaires de l’ambassade des États-Unis à Rabat, Aimee Cutrona. « En tant qu’allié majeur hors-OTAN et partenaire sécuritaire historique, le Maroc joue un rôle central dans la promotion de la stabilité et de la sécurité régionales. Sous la conduite du président Trump et du Roi Mohammed VI, notre coopération bilatérale bénéficie tant aux Américains qu’aux Marocains, nous rendant plus sûrs et plus forts. »









