L’université et les établissements d’enseignement supérieur, de manière générale, ne sont pas seulement le principal pourvoyeur du pays en compétences et en capital humain de qualité.
Ils peuvent aussi devenir un puissant levier du rayonnement du Maroc à l’international et un outil redoutable au service du soft power. Les grandes nations l’ont compris depuis longtemps : leurs universités et grandes écoles sont autant de locomotives de développement qu’un secteur économique lucratif à part entière.
Au Maroc, l’enseignement supérieur est longtemps resté enfermé dans sa fonction première, la formation. Mais depuis quelques années, l’attractivité croissante du pays auprès d’étudiants étrangers – en particulier africains – a révélé une autre dimension : celle d’un instrument de coopération, par le biais des réseaux d’alumnis et de lauréats formés dans les universités marocaines, aujourd’hui actifs aux quatre coins du continent.
Désormais, une étape supplémentaire est franchie. Quand un établissement de la stature de l’UM6P choisit d’ouvrir des bureaux aux États-Unis, il ne s’agit plus seulement d’accueillir des étudiants étrangers, mais bien d’offrir au Maroc une vitrine prestigieuse pour exposer son savoir-faire, sa capacité d’innovation et son ambition scientifique (lire l’article en page 8). C’est là un basculement majeur : l’université marocaine ne se contente plus d’exporter des diplômes, elle exporte une image, une influence et une confiance. Et dans le monde de demain, c’est peut-être l’un des soft powers les plus précieux.









