Dans la langue arabe, certains mots, habilement manipulés par les professionnels de la désinformation, finissent par perdre leur sens véritable pour devenir des outils d’enfumage.
L’un des plus emblématiques est celui de «» (Assafka). Traduit littéralement par «deal» en anglais ou «transaction» en français, en arabe il sonne pour beaucoup comme une combine ou une arnaque.
Or, dans la réalité économique, les choses sont très différentes. Lorsqu’un opérateur ou un consortium remporte un marché pour construire une grande infrastructure dans le cadre d’un partenariat public-privé, il ne s’agit pas d’un achat ou d’une prestation courante : c’est un investissement. Et pas des moindres. Quand l’ouvrage en question se chiffre à un ou deux milliards de dollars, la «transaction» n’est rien d’autre que l’engagement de l’adjudicataire à mobiliser ses propres moyens financiers, techniques et humains pour le réaliser. En clair : c’est lui qui, en premier, prend le risque et supporte le coût.
Mais cette nuance, essentielle, ne sert évidemment pas les intérêts des marchands de confusion. Ils préfèrent donc travestir les faits et présenter au grand public des «deals» arrangés, en alimentant la suspicion et la défiance. Une recette facile : jouer sur les mots, plutôt que d’expliquer les mécanismes.
C’est là que réside le vrai danger : quand les mots cessent de décrire la réalité pour devenir des armes de manipulation, la vérité finit par être la première victime de la «».










