Partenariat entre l’Unicef et l’Agence coréenne de coopération internationale
Projet : Un partenariat a été signé entre le Bureau de l’Unicef au Maroc et l’Agence coréenne de coopération internationale (KOICA) afin de mettre en place un modèle d’intervention régionale permettant de réduire la mortalité maternelle et infantile.
Le Bureau de l’Unicef au Maroc et l’Agence coréenne de coopération internationale (KOICA) ont signé mardi 30 septembre un partenariat stratégique visant à améliorer la santé et la nutrition des mères et des enfants dans les zones rurales les plus vulnérables. Les interventions du projet seront déployées avec le leadership des autorités marocaines dans la région de Béni Mellal-Khénifra. Doté d’un montant total de 11,7 millions de dollars, ce projet sera mis en œuvre sur une période de cinq ans (2025–2029), en étroite collaboration avec les autorités régionales et le ministère de la santé et de la protection sociale. Dans un communiqué, l’Unicef précise que ce partenariat est destiné à mettre en place un modèle d’intervention régionale permettant de réduire la mortalité et la morbidité évitables chez les mères, les nouveau-nés et les enfants. Un accent particulier sera mis sur les 1.000 premiers jours de vie, période déterminante pour le développement de l’enfant. Ce nouveau projet donnera la priorité à trois axes majeurs d’intervention. Le premier concerne l’amélioration de la qualité des soins maternels et néonatals dans les établissements de santé primaires, incluant la généralisation de l’approche Kangaroo Mother Care, le dépistage néonatal et l’amélioration des services eau et hygiène dans les établissements de santé. Le deuxième axe se focalisera sur la promotion de la nutrition maternelle et infantile, à travers le renforcement de l’allaitement maternel, la distribution de micronutriments et la certification des hôpitaux «Amis des bébés». Le troisième niveau d’intervention couvrira le renforcement de la demande communautaire, via des approches de changement social et comportemental et la mobilisation des organisations de la société civile. Chaque année, le projet bénéficiera directement à 15.500 femmes enceintes et allaitantes et à 125.000 enfants de moins de cinq ans. Un investissement important sera réalisé pour le développement des capacités des professionnels de la santé et profitera annuellement à 200 d’entre eux. Le projet connaîtra également l’engagement et le renforcement de capacités de 390 relais communautaires. Indirectement, plus de 1,3 million de personnes vivant en milieu rural dans la région seront touchées par les interventions prévues.
A noter que ce projet s’inscrit dans le cadre du programme de coopération de l’Unicef avec le Royaume du Maroc et des priorités stratégiques de KOICA en matière de santé. Il vient soutenir les réformes en cours, notamment la régionalisation entamée dans le secteur de la santé, la couverture sanitaire universelle, la lutte contre la malnutrition et les défis liés aux inégalités territoriales. Laura Bill, représentante de l’Unicef au Maroc, précise que «ce partenariat avec KOICA constitue une opportunité unique d’appuyer l’accélération des progrès en matière de santé maternelle et infantile et soutenir les efforts engagés par le Royaume du Maroc pour l’atteinte des Objectifs de développement durable. Les modèles d’interventions, qui seront développés à travers ce projet, capitaliseront aussi sur les initiatives précédentes menées avec l’INDH et le ministère de la santé et de la protection sociale dans cette région. Ces modèles pourront par la suite être mis à l’échelle au niveau national en partenariat avec nos partenaires nationaux pour un impact encore plus large». De son côté, Hyewon Cho, directrice nationale de KOICA, explique que «ce partenariat met en lumière l’engagement de la Corée à soutenir le système de santé marocain. Avec les autorités nationales et le soutien technique de l’Unicef, ce projet appuiera la mise en place d’un modèle performant pour promouvoir la santé maternelle et infantile en milieu rural».
Rappelons que le Maroc a enregistré des progrès notables en matière de lutte contre la mortalité infantile et maternelle. Selon la dernière enquête nationale sur la population et la santé familiale, le taux de décès des enfants de moins d’un an est passé, entre 2011 et 2018, de 28,8 à 18 pour 1000 naissances vivantes. Toutefois, la mortalité néonatale, qui concerne les décès survenus durant les 28 premiers jours après la naissance, représente encore 76 % des décès infantiles. La mortalité néo-natale reste fortement influencée par des déterminants socio-économiques, avec une prévalence plus élevée en milieu rural et chez les populations pauvres. Quant à la mortalité maternelle, elle demeure aussi fortement concentrée en milieu rural. Les niveaux de mortalité maternelle en milieux urbain et rural avaient atteint, selon la même source, respectivement 44,6 et 111,1 pour 100.000 naissances vivantes.










