«Organisé conjointement par la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) et le Mouvement des Entreprises de France (MEDEF), l’événement est axé sur le renforcement du partenariat économique entre les deux pays».
Le Sahara marocain devient petit à petit un eldorado pour les grandes compagnies étrangères. Position géographique, ressources naturelles, climats des affaires… tous les ingrédients sont réunis pour susciter l’intérêt des investisseurs. C’est donc une véritable course contre la montre qui est aujourd’hui engagée entre les trois plus grandes puissances occidentales, à savoir la France, les Etats-Unis d’Amérique et le Royaume-Uni. Tous veulent se positionner et devancer la concurrence. Celle-ci bat, en effet, son plein depuis quelque temps. Dans ce sens les initiatives et les annonces se multiplient. Ainsi, un Forum économique Maroc–France est annoncé à Dakhla dans les tout prochains jours et précisément le 9 octobre 2025. Organisé conjointement par la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) et le Mouvement des Entreprises de France (MEDEF), l’événement est axé sur le renforcement du partenariat économique entre les deux pays. Pour les initiateurs de l’événement, il est question de promouvoir les opportunités d’investissement dans les régions du sud du Maroc, en particulier dans les domaines des énergies renouvelables, des infrastructures, de la pêche et du tourisme. Le patronat français semble s’intéresser davantage au renforcement de la coopération, déjà multiforme avec le Maroc. Il y a quelques semaines, la ministre de l’économie et des finances, Nadia Fettah, figurait parmi les invités de marque de la 7ème édition de la Rencontre des entrepreneurs de France, événement économique et politique majeur de la rentrée 2025 qui s’est tenue les 27 et 28 août 2025 au cœur du stade Roland-Garros à Paris, à l’initiative du Mouvement des Entreprises de France. Ce dernier entend profiter de la dynamique née de l’annonce d’un «Partenariat d’exception renforcé» dans le cadre de la visite d’Etat effectuée au Maroc du 28 au 30 octobre 2024 par Emmanuel Macron, président de la République française. Un partenariat mis au service d’objectifs stratégiques, notamment la consolidation de la convergence politique et stratégique entre le Maroc et la France pour leur permettre de mieux faire face ensemble aux grands défis de notre temps et l’approfondissement et la modernisation de leur partenariat au bénéfice du développement économique, de la cohésion sociale et de leur autonomie stratégique.
Concurrence
Mais les responsables français savent que la concurrence sera rude sur le plan économique avec l’arrivée des capitaux outre-Atlantique. Il y a quelques jours, le secrétaire d’État américain adjoint, Christopher Landau, a annoncé que, dans le sillage de la reconnaissance par Washington de la souveraineté du Maroc sur son Sahara, le gouvernement US a décidé d’encourager les investissements américains dans les provinces du Sud du Royaume. «Les États-Unis ont reconnu la souveraineté du Maroc sur le Sahara et dans le cadre des initiatives mondiales de l’administration Trump visant à promouvoir la diplomatie économique et commerciale, nous sommes heureux d’annoncer que nous allons encourager les entreprises américaines qui souhaitent investir dans cette région du Maroc», a souligné M. Landau dans une déclaration à la presse à l’issue d’une entrevue, à New York, avec le ministre des affaires étrangères, de la coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger. Le responsable américain a également indiqué avoir abordé les relations excellentes et de longue date liant le Royaume du Maroc et les Etats-Unis d’Amérique, soulignant la disposition de l’administration US à œuvrer de concert avec le Maroc en vue de «promouvoir la prospérité, la paix et la stabilité dans la région». Il y a quelques jours, le congressman américain Mike Lawler a plaidé pour l’approfondissement de l’alliance exceptionnelle liant Rabat et Washington depuis 1777. «Le Maroc est un partenaire fidèle et fiable et il est essentiel d’approfondir cette alliance alors que nous sommes confrontés à des menaces non seulement au Moyen-Orient, mais aussi dans toute l’Afrique du Nord», a souligné M. Lawler dans un article d’opinion qu’il a signé sur les colonnes du quotidien américain Daily News, intitulé «Les alliances à l’étranger garantissent notre sécurité intérieure». A cet égard, M. Lawler, qui préside la sous-commission Moyen-Orient et Afrique du Nord à la Chambre américaine des représentants, a mis en avant le rôle de premier plan du Royaume en matière de sécurité en Afrique. Le Maroc joue «un rôle central», notamment à travers sa coopération militaire «forte» avec les États-Unis et la coopération sécuritaire avec les pays africains, a encore souligné le congressman US. Revenant sur «l’amitié durable» liant le Maroc et les Etats-Unis, M. Lawler a rappelé la visite qu’il a effectuée dans le Royaume en août dernier à la tête d’une délégation bipartisane du Congrès US, durant laquelle les membres de la délégation avaient réaffirmé la reconnaissance par les Etats-Unis d’Amérique de la souveraineté du Maroc sur son Sahara. Les membres de la délégation avaient également mis en exergue les perspectives de coopération entre le Maroc et les Etats-Unis, à l’issue d’entretiens à Rabat.
Outre-manche
Le Royaume-Uni compte également renforcer ses investissements au Sahara. Dans un communiqué conjoint signé à Rabat, le secrétaire d’Etat britannique aux affaires étrangères, au Commonwealth et au Développement, David Lammy, a dévoilé l’intérêt des responsables britanniques pour le renforcement de la coopération économique avec le Maroc. En outre, le Royaume-Uni a confirmé, dans ce Communiqué que «UK Export Finance peut considérer de soutenir des projets au Sahara», notamment dans le cadre de «l’engagement de UK Export Finance à mobiliser 5 milliards de Livres sterling pour soutenir de nouveaux projets économiques à travers le pays». A souligner que «le Royaume-Uni reconnaît le Maroc comme une porte d’entrée essentielle pour le développement socio-économique de l’Afrique et réaffirme son engagement à approfondir sa collaboration avec le Maroc en tant que partenaire pour la croissance sur tout le continent», ajoute le communiqué conjoint.
Union Européenne
Coopération économique. La signature de l’accord agricole amendé entre le Maroc et l’Union européenne (UE) vient renforcer un partenariat de longue date entre Rabat et Bruxelles, a indiqué, lundi, la Commission européenne. L’accord agricole conclu avec le Maroc vise à étendre le traitement tarifaire préférentiel à la région du Sahara, et s’applique à titre provisoire depuis le 3 octobre 2025, garantissant ainsi la continuité et la sécurité juridique pour les opérateurs économiques, a fait savoir la Commission dans un communiqué. La Commission européenne a relevé, à cet égard, que des discussions auront lieu prochainement au sein du Conseil de l’UE et du Parlement européen à ce sujet. Et de préciser que ce texte prévoit que les preuves d’origine et l’étiquetage des produits indiquent clairement la région de production (Dakhla et Laâyoune) et veille à ce que les avantages soient effectivement accordés aux bénéficiaires concernés. L’Exécutif européen s’est, en outre, félicité de «l’amitié profonde» et de «la coopération solide et multidimensionnelle» bâties au fil des années par Rabat et Bruxelles, notant que les deux parties souhaitent approfondir davantage cette relation dans les mois à venir, notamment par la conclusion d’un accord de partenariat stratégique.










