7ème art
Cette grand-messe du cinéma national, qui se poursuit jusqu’au 25 octobre en présence des artistes et des professionnels du cinéma, constitue, comme chaque année, une occasion pour mettre en exergue les efforts déployés pour donner une nouvelle dynamique au 7ème art marocain.
La cérémonie d’ouverture du vingt-cinquième Festival national du film de Tanger s’est distinguée, vendredi 17 octobre, par la projection du film «Al Hal» (Transes), d’Ahmed El Maanouni. Ce documentaire musical de 86 minutes a été produit en 1981 en hommage au groupe légendaire Nass El Ghiwane, auquel le réalisateur dit continuer à vouer un amour particulier. Ahmed El Maanouni a réussi à décrire la société marocaine en particulier la jeunesse marocaine de cette époque, marquée par l’ascension fulgurante de ce groupe musical, qui était très sollicité pour se produire aussi bien au Maroc qu’à l’étranger. Pour ce faire, il a suivi les membres de cet ensemble, en l’occurrence Laarbi Batma, Omar Sayed, Abderrahmane Paco, Allal Yaâla et Boujmîa Hagour lors de plusieurs concerts tenus dans les principales villes du Royaume, mais également en Tunisie et en France. Ahmed El Maanouni a décidé ensuite d’aller plus loin en filmant les musiciens dans leur intimité. Il a réussi ainsi à marquer la scène cinématographique par cette docufiction musicale, traitant des différents thèmes sociaux : la révolte, la souffrance,… D’une grande valeur artistique et historique, ce long-métrage a été restauré par The Film Foundation’s World Cinema Project. Il fut ainsi désigné pour être présenté par Martin Scorsese au Festival international du film de Cannes (Cannes Classics 2007).
Les organisateurs ont choisi de rendre lors de cette soirée inaugurale un vibrant hommage à Ahmed Maanouni pour sa contribution, grâce à son œuvre et son encadrement, aux ateliers organisés en faveur des jeunes, au développement du secteur du 7ème art au Maroc. Cet hommage a constitué un moment plein d’émotion pour ce réalisateur, scénariste et producteur et pour les professionnels parmi ses amis et collègues qui ont beaucoup applaudi cette initiative tenue en faveur de cette figure emblématique du cinéma marocain. C’était «la meilleure occasion d’exprimer ma reconnaissance pour mes professeurs, des équipes techniques et mes collègues ainsi que ma famille pour le soutien qu’ils m’ont apporté», a dit Ahmed Maanouni, faisant remarquer que tout ce soutien et cet accompagnement lui ont permis d’aller en avant dans son parcours professionnel.
Placée sous le Haut patronage de SM le Roi Mohammed VI, cette grand-messe du cinéma national, qui se poursuit jusqu’au 25 octobre, constitue, comme chaque année, une occasion pour mettre en exergue les efforts déployés pour donner une nouvelle dynamique au cinéma marocain. «L’Etat continue à travers le Centre cinématographique marocain de soutenir la production nationale», a affirmé Mohamed Mehdi Bensaid, ministre de la jeunesse, de la culture et de la communication, dans son discours lu en son nom, lors de cette soirée inaugurale, par Abdelaziz Boujdaini, secrétaire général du département de la communication, avant d’ajouter que la priorité est ainsi donnée à la projection de films marocains dans les salles de cinéma et en soutenant le cinéma d’auteur.
Comme chaque année, cette cérémonie d’ouverture a été marquée par la présentation du jury de la compétition de longs-métrages de fiction au titre de cette vingt-cinquième édition. Présidé par Hakim Belabess, réalisateur, ce jury se compose de six autres membres, notamment l’écrivain Abdelkader Chaoui, le directeur de photo Amine Messadi, la productrice Mariam Lee Abounouom, la comédienne Nadia Kounda, la réalisatrice et scénariste Yasmine Benkiran et le réalisateur Kamal Lazraq pour évaluer et choisir entre les films en lice. Cet événement a connu également la présentation des trois autres jurys de courts métrages de fiction et de documentaire et de longs métrages documentaires ainsi que de films des écoles et des instituts de cinéma. N°6008 / Lundi 20 octobre 2024.









