Le vrai travail commencera lorsque les normes seront en vigueur. Il s’agira de protéger les consommateurs contre des produits sans fumée qui ne répondent pas aux normes imposées par le gouvernement marocain.
Débat : Notre confrère La Vie Eco vient d’organiser pour la seconde année consécutive un débat sur les produits sans fumée. Placée sous la thématique «Normalisation des produits sans fumée : un enjeu pour la protection du consommateur et l’économie nationale», l’événement aura réuni un panel représentatif des différentes parties prenantes. Retour sur les principaux faits marquants.
L’objectif d’une telle thématique est de faire connaître les enjeux pour la protection du consommateur et de l’économie marocaine dans un contexte où le ministère du commerce et de l’industrie vient d’instaurer des normes à ces produits.
Déjà Ouadi Madih, président de la Fédération nationale des Associations du consommateur, rappelle que «pour les produits sans fumée, la normalisation sera appliquée en février 2026». Pour Fatima Gouaima Mazzi, médecin spécialiste en santé publique et ex- parlementaire, affirmera de son côté que « le législateur soulève chaque année cette question relative à la réglementation des produits sans fumée, notamment lors de l’élaboration de la loi de Finances. La question est de savoir quelle sera la hauteur des taxes indexées à ce genre de produits. Le taux de morbidité est pris en ligne de compte à ce niveau».
Pour Yasser Sefiani, professeur de chirurgie vasculaire, troisième personne interrogée par Fahd Iraqi, directeur de publication de La Vie Eco, «la question est de savoir si les produits sans fumée sont moins nocifs ou pas sachant que le tabagisme quelle que soit sa forme représente un fléau …». Le praticien prône une évaluation pourtant difficile à effectuer aujourd’hui car elle nécessite un certain recul alors que la réflexion n’existe que depuis 20 ou 30 ans dans le monde. «Pour l’heure nous n’avons pas assez de recul pour savoir si les produits sans fumée ont des effets secondaires sur la santé», poursuit le praticien qui se sent parfois obligé d’orienter ses propres patients fumeurs récidivistes à choisir des solutions alternatives ou encore de passer par l’hypnose pour réussir à dépasser l’étape du sevrage.
Moncef Drissi, médecin pharmaco-toxicologue addictologue-expert judiciaire en toxicologie, rappellera que «la nicotine est un insecticide. Et pour l’humain, 500 mg est déjà une dose nocive. La normalisation va être difficile car elle doit tenir compte des comportements des fumeurs…».
Seul hic, les recherches en la matière au Maroc n’existent pas encore car le secteur est encore jeune. Cela dit Dr Mazzi insistera sur le rôle du législatif pour accompagner l’introduction progressive des produits sans fumée. Dr Moncef Drissi déplorera, de son côté, l’absence d’une agence de santé indépendante qui pourrait suivre et prendre des décisions…
Le représentant de la Fédération nationale des associations des consommateurs, abondera également dans ce sens. Il rappellera de son côté que «l’étiquetage d’un produit représente aussi une manière de suivre et d’influencer l’acte d’achat». Mais pour l’homme, le vrai travail commencera lorsque les normes seront en vigueur. Il s’agira de protéger les consommateurs contre des produits sans fumée qui ne répondent pas aux normes imposées par le gouvernement marocain. Dr Mazzi reviendra sur la sensibilisation par les universités et les médias qui constitue un aspect très important. En guise de conclusion, Dr Yasser Sefiani n’y ira pas par quatre chemins pour assimiler la cigarette à un criminel de guerre. Il fera savoir qu’«elle est aussi responsable d’une addiction, ce qui nécessite une véritable politique de santé publique pour l’enrayer». Pour l’heure, le dossier est ouvert et en attente d’enquêtes scientifiques car les données ne sont pas accessibles à ce jour compte tenu d’un marché encore très jeune. La législation des produits sans fumée permettra d’accélérer le processus si, toutefois, une politique de santé publique adéquate est mise en place. Le consensus des panélistes sur ce dernier point est aussi confirmé.










