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Urbanisme – Tanger : La région se dotera d’un schéma directeur d’aménagement

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Ce SDAU ambitionne de structurer l’urbanisation rapide du territoire, tout en harmonisant les orientations des documents d’urbanisme existants.

Projet : Le ministère de l’aménagement du territoire national, de l’urbanisme, de l’habitat et de la politique de la ville et l’Agence urbaine de Tanger (SDAU) s’attellent à la réalisation d’un schéma directeur d’aménagement urbain de la préfecture de Tanger-Assilah et de la province de Fahs Anjra. Les détails.

Le ministère de l’aménagement du territoire national, en collaboration avec l’Agence urbaine de Tanger, planche actuellement sur l’élaboration d’un nouveau schéma directeur d’aménagement urbain (SDAU) pour la préfecture de Tanger-Assilah et la province de Fahs-Anjra. Il s’agit de doter le Grand Tanger d’une vision d’avenir durable et équilibrée, en réponse aux multiples défis urbanistiques, économiques et environnementaux qui se posent dans cette région en pleine mutation.

Ce SDAU ambitionne de structurer l’urbanisation rapide du territoire, tout en harmonisant les orientations des documents d’urbanisme existants. Il devra notamment corriger les déséquilibres actuels, renforcer l’image de Tanger comme métropole régionale et internationale et assurer un développement plus inclusif entre zones urbaines et rurales. «Le SDAU de la préfecture et de la province de Fahs-Anjra doit contribuer à définir une vision d’avenir claire et cohérente pour son territoire, en s’appuyant sur les équilibres structurels nécessaires à une meilleure gestion de multiples dynamiques qui accompagnent le développement territorial propre du Grand Tanger. Parallèlement, elle doit permettre de trouver un juste équilibre entre la tendance marquée à l’étalement urbain que connaît le territoire en question, en synchronisant les orientations déjà établies par les différents documents d’urbanisme en vigueur», rapportent les responsables de cette étude.

Comme l’explique la même source, l’aire de cette étude est marquée par un contexte marqué par des déficits et dysfonctionnements. Ils concernent la métropolisation et la polarisation territoriale, les villes nouvelles et intégration urbaine, un milieu rural aux dynamiques contrastées, un développement économique et cohérence territoriale, l’habitat, la mobilité et la connectivité métropolitaine, l’environnement et la résilience, l’identité territoriale et le patrimoine, la multiplicité des documents réglementaires et enjeux d’harmonisation et la préparation du territoire pour les grands événements. Ainsi, la dynamique de métropolisation, portée par le développement du port Tanger Med et l’essor industriel de la région, a favorisé la concentration des investissements et des infrastructures autour de Tanger-ville et de ses pôles stratégiques. Cette polarisation s’est faite au détriment des zones périphériques, notamment la province de Fahs-Anjra, soumise à une pression accrue sur les ressources foncières, les services urbains et les infrastructures.

Concernant les villes nouvelles de Chrafate et Ibn Battouta, elles ont été pensées pour désengorger le centre de Tanger et offrir un cadre de vie moderne. Cependant, leur isolement fonctionnel et leur intégration incomplète au tissu urbain freinent leur efficacité en tant que pôles de rééquilibrage démographique et économique. Plus encore, le territoire rural concerné par le SDAU présente deux réalités contrastées.
D’un côté, Fahs-Anjra, en proximité immédiate avec les zones logistiques et industrielles, connaît des mutations profondes mais reste confronté à un enclavement persistant et à un accès limité aux services de base en plus d’une croissance démographique de près de 50% entre 2014 et 2024, selon les données du RGPH 2024. D’un autre côté, la partie rurale de Tanger-Assilah, en déclin démographique, souffre d’un exode rural continu et d’un faible taux de couverture en infrastructures de base. Pour ce qui est du développement économique, l’aire du SDAU repose sur des secteurs dynamiques comme l’industrie, le tourisme et la logistique.

Ladite activité en pleine croissance est accompagnée par une spécialisation excessive au détriment d’une vision intégrée et équilibrée du territoire. Concernant la mobilité, si la région bénéficie d’une bonne connectivité à l’échelle nationale, grâce au réseau autoroutier, ferroviaire et à la proximité du port de Tanger Med, les systèmes de transport urbain et interurbain restent insuffisants pour accompagner la croissance démographique et les besoins en mobilité quotidienne.

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2030, une échéance stratégique

Transformation 
La désignation de Tanger parmi les potentielles villes hôtes de la Coupe du monde 2030 représente une opportunité unique d’accélérer la transformation urbaine. L’événement devrait catalyser d’importants investissements dans les infrastructures sportives, le transport (modernisation des stades, extension de l’aéroport, renforcement des liaisons ferroviaires et portuaires), tout en stimulant le tourisme et la création d’emplois. «Au delà des enjeux logistiques, la Coupe du monde stimulerait l’économie locale, en boostant le tourisme, l’hôtellerie et les commerces, tout en créant des opportunités d’emploi et de formation pour la population locale. Cependant, cette évolution doit être pensée dans une optique durable, en intégrant des solutions respectueuses de l’environnement et en garantissant une inclusion sociale équitable.

En parallèle, d’autres projets structurants comme la liaison fixe entre le Maroc et l’Espagne renforceraient la connectivité internationale de Tanger, consolidant son rôle de hub stratégique entre l’Europe et l’Afrique», rapportent les responsables de cette étude. A noter que cette étude concerne les territoires de la préfécture Tanger-Assilah et la province de Fahs-Anjra s’étendant sur une superficie de 171.000 ha et compte une population de près de 1,6 million d’habitants avec un nombre de ménages de 444.004 selon le RGPH 2024.