L’investissement public au Maroc devrait atteindre un niveau inédit de 380 MMDH, selon la note sur la répartition régionale de l’investissement accompagnant les documents du projet de loi de Finances 2026.
Nouvelle génération de projets : Le Maroc s’apprête à déployer une nouvelle génération de projets d’investissement public à l’échelle régionale, inscrits dans le cadre du Budget général. Ce programme ambitieux touche l’ensemble du territoire national, avec des projets structurants dans des secteurs clés tels que l’eau, la santé, l’éducation, l’agriculture, l’industrie ou encore le tourisme. Dans cette optique, le Maroc confirme son engagement en faveur d’un développement équilibré des territoires. Chaque région verra ses spécificités et ses besoins pris en compte, dans le cadre d’une politique d’investissement ambitieuse visant à renforcer les services de base, soutenir l’économie locale et améliorer la qualité de vie des citoyens.
Pour soutenir les grands chantiers du Royaume, l’investissement public au Maroc a connu une progression importante, avec une hausse de 86,8 % enregistrée sur la période 2020-2025. À l’horizon 2026, il devrait atteindre un niveau inédit de 380 MMDH, selon la note sur la répartition régionale de l’investissement accompagnant les documents du projet de loi de Finances 2026. « L’engagement résolu du Royaume à maintenir un effort important d’investissement en faveur des secteurs prioritaires, tout en préservant les fondements d’une discipline budgétaire soutenable, constitue un levier fondamental pour réussir une relance durable et inclusive de l’économie, assurer une répartition équitable de la richesse et, in fine, renforcer la résilience des territoires face aux chocs endogènes et exogènes, tout en optant pour une approche de gestion axée sur la performance, la convergence et la transparence », peut-on lire dans le même document. Les territoires marocains ont, dans le même sens, su démontrer une résilience remarquable face aux chocs successifs, qu’ils soient sanitaires, climatiques ou économiques.
En même temps, une transformation progressive du tissu économique régional a eu lieu. Parallèlement, la diversification des économies locales et l’élargissement des dispositifs sociaux à l’échelle territoriale ont contribué à renforcer l’inclusion et la cohésion. Ces dernières années, de nouvelles dynamiques de croissance ont émergé en dehors du traditionnel axe Tanger–El Jadida, révélant un rééquilibrage territorial prometteur. Par exemple, Tanger Tétouan-Al Hoceima bénéficiera de nouveaux projets dans six secteurs prioritaires. Parmi les plus importants, la construction de deux barrages, le barrage Dar Maimoune, pour un coût estimé à 2,3 milliards de dirhams (22 MDH prévus en 2026), et le barrage Ali Thilate à 2,1 milliards de dirhams (19 MDH en 2026). Dans le domaine de l’éducation préscolaire, 282 salles de classe seront construites et 105 seront réaménagées, pour un investissement total de 89,9 MDH, dont 44,9 MDH dès 2026. Dans la région de l’Oriental, les investissements toucheront huit secteurs, dont la santé, l’enseignement, la justice et les infrastructures. Deux projets phares sont annoncés, à savoir le Centre hospitalier provincial à Figuig de 150 lits, pour 490 MDH (13,8 MDH en 2026) et le dédoublement de la Route Nationale 16 sur 44 km, pour un montant global de 400 MDH, dont 50 MDH alloués en 2026.
La région Fès-Meknès investira pour sa part dans la santé, l’éducation, le sport, l’industrie, la culture et l’artisanat. Parmi les projets emblématiques une plateforme moderne de commercialisation des fruits et légumes, pour 160 MDH, dont 40 MDH dès 2026, ou encore la valorisation de la zone artisanale Benjelik à Fès, accompagnée de la création d’une station de traitement d’argile pour 10 MDH (7 MDH prévus en 2026). De son côté la région Rabat-Salé-Kénitra mettra en œuvre plusieurs projets structurants, notamment l’extension de la zone d’accélération industrielle pour 454 MDH (14 MDH en 2026), la création de l’Agropole régional pour 550 MDH, dont 30 MDH seront débloqués en 2026, et la réalisation de la Foire de Rabat pour 200 MDH, dont 35 MDH en 2026. Plusieurs projets majeurs seront lancés dans la région Casablanca-Settat, notamment dans les domaines de la santé et de la logistique dont la reconstruction de l’hôpital provincial de Settat, avec une capacité de 250 lits, pour 800 MDH (10 MDH en 2026), la reconstruction du Centre hospitalier préfectoral de Moulay Rachid, de 160 lits pour 550 MDH (10 MDH en 2026), la modernisation du marché de gros de Casablanca pour 1,095 milliard de dirhams avec 100 MDH engagés en 2026, ou encore la mise en place de la plateforme logistique et industrielle intégrée de Zenata (PLIIZ) pour 400 MDH (100 MDH en 2026). Parmi les projets emblématiques dans la région Marrakech-Safi, on citera la reconstruction de l’hôpital provincial d’Essaouira pour 900 MDH (10 MDH en 2026), la construction d’un Qualipole Alimentation, à hauteur de 103 MDH (2 MDH en 2026), et la création d’un institut de formation dédié à l’entrepreneuriat et à la gestion des TPME, capable d’accueillir 1.160 bénéficiaires, pour 80 MDH, dont 5 MDH dès 2026. Pour ce qui est de la région Souss-Massa, elle verra le lancement de deux grands chantiers dans le secteur hospitalier, à savoir la construction de l’hôpital d’Aït Melloul, de 150 lits, pour 550 MDH (6 MDH en 2026) et la reconstruction de l’hôpital provincial de Taroudant de 250 lits pour 800 MDH, avec 5,52 MDH programmés pour 2026.
Résilience des territoires
PIB. Le Maroc a connu durant ces dernières années un progrès notable malgré un contexte difficile. « Les territoires marocains ont montré une résilience notable face aux crises sanitaires, climatiques et inflationnistes, renforçant ainsi la résilience nationale. Cette capacité a été soutenue par l’élan réformateur de la régionalisation avancée, les investissements conséquents et les projets structurants portés par les autorités publiques, ainsi que par l’implication croissante des acteurs privés locaux », rapporte la même note. Et d’ajouter : « Ces initiatives ont favorisé une modernisation progressive et une diversification des structures économiques locales, avec un PIB national annuel moyen de 34.346 DH par habitant durant la période 2015-2023, un renforcement du tissu productif, ainsi qu’un élargissement des dispositifs sociaux à l’échelle territoriale. Ces dernières années, des dynamiques territoriales de croissance notables ont émergé, surtout hors de l’axe Tanger–El Jadida. Néanmoins, malgré ces progrès, les disparités régionales continuent d’influencer la structure de l’activité économique nationale, soulignant ainsi la nécessité d’une action renforcée en faveur d’une inclusion spatiale équitable ».










