La province de Benslimane s’impose désormais comme un territoire relais appelé à jouer un rôle central dans le dispositif logistique et organisationnel de la Coupe du monde.
Fort potentiel : Benslimane se positionne comme un territoire à fort potentiel de transformation. Située entre deux grandes métropoles, la province veut booster la mobilité durable et innovante, capable de concilier les impératifs de croissance, de transition écologique et de cohésion territoriale. Pour y parvenir, elle vient de lancer une étude qui s’inscrit pleinement dans la dynamique de modernisation nationale engagée par le Maroc, tout en répondant aux exigences logistiques d’un événement planétaire tel que la Coupe du monde 2030.
La province de Benslimane amorce un virage stratégique en matière de transport. À l’horizon 2030, et dans le cadre des préparatifs pour la Coupe du monde que le Maroc co-organisera avec l’Espagne et le Portugal, un Plan de mobilité urbaine et interurbaine durable (PMUID) pour la province est en cours d’élaboration. «L’enjeu est double : Il s’agit de répondre à une urgence fonctionnelle organiser et fluidifier les déplacements dans le cadre de la Coupe du monde 2030- et d’autre part de poser les fondations d’un système de mobilité intégré, durable et adapté aux futurs du territoire. L’étude envisagée devra permettre d’établir un diagnostic précis et actualisé des flux de déplacement, d’évaluer les besoins en infrastructures et en services de mobilité, de proposer un plan d’action opérationnel à court, moyen et long termes et de prioriser les projets à fort impact socio-économique », explique-t-on du côté de la province. Et d’ajouter: «Elle devra également s’inscrire dans une logique de cohérence territoriale, en coordination avec les schémas directeurs régionaux (SRAT), les plans d’aménagement urbain (SDAU, PA) et les politiques nationales de mobilité et de transition énergétique (SNDU, stratégie bas carbone, etc.).
Dans ce cadre, la province de Benslimane se positionne comme un territoire à fort potentiel de transformation, un levier de rééquilibrage entre les métropoles et un laboratoire pour expérimenter des solutions de mobilité innovantes, efficientes et inclusives. L’étude prévue constitue une étape essentielle pour anticiper, planifier et accompagner ce saut qualitatif, au service des populations locales comme des engagements internationaux du Royaume en matière d’organisation de grands événements». Située au nord de la région Casablanca-Settat, entre Rabat et Casablanca, la province de Benslimane occupe une position géographique stratégique. Longtemps perçue comme un simple espace tampon entre les deux métropoles, elle s’impose désormais comme un territoire relais appelé à jouer un rôle central dans le dispositif logistique et organisationnel de la Coupe du monde. En plus, la province a été identifiée comme une zone d’appui logistique, d’accueil des supporters, de centres d’entraînement, d’hébergement temporaire et de desserte rapide vers les stades de Rabat et Casablanca. Elle ambitionne également de devenir un hub d’interconnexion logistique à l’échelle nationale. Aujourd’hui, Benslimane dispose déjà d’un ensemble d’infrastructures comme l’autoroute A1 qui relie Casablanca à Rabat, la Route Nationale n°1, ainsi qu’une ligne ferroviaire desservie notamment par la gare de Bouznika. À cela s’ajoutent des projets d’envergure comme la future Ligne à grande vitesse (TGV), un Réseau Express Régional (RER) et des programmes de modernisation des routes et du rail. Mais face aux exigences d’un événement de l’ampleur d’une Coupe du monde ( en termes de flux de visiteurs internationaux, d’équipes sportives, de journalistes, de forces de sécurité et de logistique), ces infrastructures demeurent insuffisantes. Le système de transport local nécessite une refonte profonde, capable de répondre à la fois aux besoins événementiels temporaires et aux évolutions structurelles à long terme.
Avec une population dépassant les 230.000 habitants, répartis entre des centres urbains comme Benslimane, Bouznika et El Gara, mais aussi des communes rurales dynamiques comme Cherrat ou Sidi Bettache, la province connaît une urbanisation rapide. Plus de 60% de la population vit en milieu urbain et les zones périurbaines, notamment autour de Casablanca, enregistrant une croissance accélérée des lotissements résidentiels. Cette mutation engendre des besoins croissants en matière de mobilité quotidienne, notamment pour les trajets domicile-travail, l’accès aux services et le transport scolaire. Or, l’offre de transport actuelle reste largement dominée par des modes informels ou individuels : voitures particulières, grands taxis, bus non organisés, voire calèches. Comme l’explique la même source, «cette dynamique urbaine génère des besoins croissants en matière de mobilité quotidienne, notamment pour les déplacements domicile-travail, l’accès aux services ou encore le transport scolaire.
Ces besoins viennent désormais se superposer aux expériences de mobilité événementielle à court et à moyen termes. Or, l’offre de transport reste aujourd’hui dominée par des modes individuels ou informels, tels que les voitures particulières, les grands taxis, les bus non structurés ou encore les calèches. Le transport collectif organisé à l’échelle provinciale est quasiment inexistant et les modes de déplacement doux, comme la marche et le vélo, restent largement absents des politiques de planification locale ». A noter que ledit plan devra s’articuler avec les orientations de l’initiative MYC (Mobilyse your City) qui correspondent à des outils d’aide pour lutter contre le changement climatique sous forme de mesure volontaire de réduction des gaz à effet de serre (GES). «De ce fait le PMUID doit rechercher la protection de l’environnement urbain et l’amélioration du cadre de vie des habitants par une plus grande rationalité dans l’utilisation de l’énergie et la maîtrise des impacts négatifs liés aux déplacements (nuisances sonores, qualité de l’air, sécurité, préservation du paysage urbain, congestion, pollution) », conclut la même source.









