Aujourd’hui avec l’arrivée d’un nouveau gouvernement et d’un nouveau ministre de l’intérieur, tout porte à croire que le terrain est balisé pour un nouveau départ dans les relations entre les deux pays. Aussi bien Paris qu’Alger peuvent prendre pour prétexte cette nouvelle séquence pour redonner une nouvelle dynamique à leurs relations..
Pour les optimistes forcenés de la relation franco-algérienne, le départ du ministre de l’intérieur Bruno Retailleau du gouvernement et son remplacement par un technicien de la sécurité, Laurent Nunez, pourrait être un signe annonciateur d’une possible embellie dans la relation entre Alger et Paris.
La raison. Dans le long bras de fer que les deux pays se sont livré sur de nombreuses problématiques, Bruno Retailleau avait occupé la place centrale. Si centrale qu’il est devenu la bête noire des médias algériens sur laquelle ils ont déversé quotidiennement leur haine et leurs frustrations. D’ailleurs pendant de longues semaines, le régime algérien avait tenté de vendre à l’opinion la thèse selon laquelle il n’avait pas de divergences ni avec le président Emmanuel Macron ni avec le ministre des affaires étrangères Jean-Noël Barrot mais exclusivement avec Bruno Retailleau dont la défiance pour Alger serait motivée par un agenda politique personnel. L’insistance sur la personne de Retailleau était telle que de nombreux messages ont été envoyés à Paris que si ce ministre polémique sortait de la photo gouvernementale, tout deviendrait possible sur les points de divergence entre les deux pays, qu’il s’agisse du sort de l’écrivain Boualem Sansal ou celui de nombreux clandestins algériens poussés, à travers des obligations de quitter le territoire, à rejoindre l’Algérie.
Avant la crise gouvernementale française, Emmanuel Macron ne pouvait sacrifier Retailleau pour remettre les relations avec l’Algérie sur les rails. Cela aurait ressemblé à une soumission au chantage politique pratiqué par le régime algérien. Il est tout aussi vrai que ce régime était à la recherche d’un prétexte pour mettre fin à cette crise avec la France qui commençait à menacer les intérêts de son élite dirigeante. Le sacrifice de Retailleau aurait pu jouer ce rôle.
Aujourd’hui avec l’arrivée d’un nouveau gouvernement et d’un nouveau ministre de l’intérieur, tout porte à croire que le terrain est balisé pour un nouveau départ dans les relations entre les deux pays. Aussi bien Paris qu’Alger peuvent prendre pour prétexte cette nouvelle séquence pour redonner une nouvelle dynamique à leurs relations.
Mais là où le bât blesse c’est que si les demandes françaises sont théoriquement faciles à satisfaire, il s’agit en réalité d’une possible grâce présidentielle pour Boualem Sansal et d’une délivrance plus généreuse de laissez-passer consulaires pour les OQTF algériens, les demandes algériennes sont par contre impossibles à mettre en œuvre.
Depuis le déclenchement de l’affaire de cet influenceur du nom d’Amir DZ, le régime algérien, à travers sa représentation consulaire, est impliqué dans une sale affaire d’association de malfaiteurs et d’organisations terroristes ayant tenté un enlèvement voire un attentat contre un opposant algérien sur le territoire français. Des arrestations ont eu lieu. Des mandats d’arrêt internationaux francais ont été lancés contre de hauts personnages de la sécurité algérienne.
Même si le président Macron décide de faire un cadeau au régime algérien, il ne pourrait le faire à son aise. Son action est encadrée par les mécanismes de la justice française farouchement jalouse pour son indépendance. Une possible réconciliation entre Alger et Paris ne pourra passer par une entente entre les deux pays pour stopper des procédures judiciaires.
Par ailleurs des raisons qui pourraient accélérer le possible retour à la normale des relations entre les deux pays se trouvent dans les évolutions onusiennes sur le dossier du Sahara marocain. Ces évolutions tendent à faire du plan de l’autonomie proposé par le Maroc la seule solution à cette discorde régionale. La crise entre le régime algérien et la France était partie à la base le jour où Emmanuel Macron a reconnu sans ambages la souveraineté du Maroc sur son Sahara. Le régime algérien avait tout fait pour obliger Paris à actionner une marche arrière sur ce dossier. Sans succès. Toute la crise qui a suivi était le fruit de cette déception algérienne. Aujourd’hui alors que la communauté internationale est en passe de valider l’option marocaine, les reproches du régime algérien à l’encontre de la France n’ont plus raison d’être. Cette nouvelle donne internationale sur le Sahara est de nature à installer une autre atmosphère sur les relations entre les deux pays où leurs intérêts directs seront en jeu. Aucun grand frein pour, sinon une embellie, du moins un retour progressif à la normale dans leurs relations










