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Bagarre autour d’un chien : Un mort et 30 ans de réclusion criminelle

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Le représentant du ministère public évoque la froideur du geste, la précision du coup et la disproportion entre le motif et la mort pour conclure qu’il y a effectivement préméditation.

Homicide : Un conflit banal autour d’un chien a dégénéré en meurtre à Larache. Un père de famille a été tué après une altercation avec un jeune voisin.

Nous sommes le mardi 21 octobre. Au box des accusés à la salle d’audience de la chambre criminelle près la Cour d’appel de Tanger, un jeune homme, âgé de vingt ans, se tient debout, ses yeux fixent les trois magistrats de la Cour. Il encourt une lourde peine puisqu’il est poursuivi pour homicide volontaire avec guet-apens et préméditation.

En effet, il y a six mois, lundi 21 avril de l’année en cours, rien ne laissait présager la violence qui allait s’abattre sur le quartier La Résistance II, à Larache. En fin d’après-midi de ce jour, les habitants vaquaient à leurs occupations, les enfants jouaient devant les immeubles et un chien traînait devant les portes des maisons, aboyant sur ce qui bougeait. Et c’est autour de ce chien que tout a commencé. Un simple reproche, un mot de trop et le calme du quartier s’est fissuré. L’un des voisins, un homme de trente ans, marié et père de deux enfants, avait demandé au jeune homme, propriétaire du chien, de le tenir éloigné des habitants, notamment les enfants qui jouaient au ballon. Une demande que le vingtenaire ne voulait pas entendre. Après un bref échange d’insultes les deux antagonistes en sont venus aux mains. Le pire n’a pas tardé à se produire. Personne n’a su qui a dégainé le premier. Une lame a brillé sous le soleil de l’après-midi, avant de s’enfoncer brutalement dans la poitrine du père de famille qui a reculé, chancelé avant de s’effondrer, le regard perdu dans le vide, pendant que le sang coulait et s’étalait lentement sur le sol. Tandis que son agresseur s’est éloigné avant de prendre la fuite, laissant derrière lui un quartier figé par la stupeur.

Au service des Urgences à l’hôpital Lalla Meryem, les médecins ont tenté de sauver la victime, mais en vain. La plaie au cœur avait déjà scellé son sort.
Six mois plus tard, dans la salle d’audience, le meurtrier ne cesse de répéter qu’il n’avait pas voulu le tuer, qu’il s’était défendu et qu’il regrettait son acte. Mais le représentant du ministère public lui évoque la froideur du geste, la précision du coup et la disproportion entre le motif et la mort pour conclure qu’il y a effectivement préméditation. Quant à l’avocat de la défense, il parle de provocation, de malentendu et de drame pour conclure qu’il s’agit uniquement d’une affaire de coups et blessures ayant entraîné la mort sans l’intention de la donner.

Seulement, après les délibérations, la Cour a pris en considération la requête présentée par le représentant du ministère public, à savoir de le juger coupable pour homicide volontaire avec préméditation et guet-apens et l’a condamné à trente ans de réclusion criminelle.