Le ministre de l’agriculture l’a annoncé lors du Sidattes 2025
Croissance : C’est parti pour la 14ème édition du Salon international des dattes du Maroc (Sidattes) qui se tient à Erfoud jusqu’au 2 novembre 2025. Ce Salon est l’occasion de mettre en avant les dattes marocaines et booster un écosystème qui fait partie de l’identité et du patrimoine marocains. Mejhoul, aguelid, ahardane, aziza, boufegouss… autant de variétés qui sont mises à l’honneur lors de ce rendez-vous agricole par excellence. Les derniers chiffres du ministère de l’agriculture, annoncés lors de ce salon prévoient une production annuelle nationale de plus de 160.000 tonnes, en croissance de 55%. Les détails.
Les dattes marocaines sont le fruit d’un héritage ancestral et d’une vision durable. Pour en préserver la valeur et améliorer la productivité, la ville d’Erfoud accueille chaque année le Salon international des dattes du Maroc (Sidattes). Placé sous le Haut patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, cet évènement n’est pas seulement un rendez-vous annuel des acteurs du secteur, il symbolise aussi la résilience d’une filière qui fait face à de multiples défis. Cette année, le Sidattes est axé sur l’eau avec la thématique « Gestion durable des ressources hydriques : base de développement du palmier dattier et des oasis ». Cette manifestation majeure se tiendra sous l’égide du ministère de l’agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts. Organisé par l’Association du Salon international des dattes au Maroc, avec l’appui de l’Agence nationale pour le développement des zones oasiennes et de l’arganier (ANDZOA), le Sidattes 2025 mettra en lumière un enjeu crucial de la préservation de l’eau dans les écosystèmes oasiens, aujourd’hui menacés par le stress hydrique et le changement climatique. En plus d’être des réservoirs de biodiversité et de culture, les oasis marocaines jouent un rôle essentiel dans la lutte contre la désertification et dans le maintien d’une agriculture durable. Leur pérennité est intimement liée à la gestion rationnelle des ressources hydriques. Inaugurant cet événement, Ahmed El Bouari, ministre de l’agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts a visité les différents pôles de ce Salon.
Une production en croissance de 55 % par rapport à la campagne précédente
Lors d’une déclaration à la presse, M. El Bouari a réaffirmé son engagement à soutenir les zones oasiennes et leurs producteurs, annonçant que « les dernières estimations tablent sur une production dépassant les 160.000 tonnes, soit une hausse de 55 % par rapport à la campagne précédente ». Une progression significative qui, selon le ministère, « témoigne du retour de vitalité des zones oasiennes ». Le ministre s’est montré optimiste pour l’avenir, exprimant l’espoir que « la prochaine campagne soit encore plus productive ».
La filière des dattes, pilier de l’économie oasienne
La filière des dattes occupe une place stratégique dans le paysage agricole national. Le palmier dattier s’étend aujourd’hui sur plus de 60.000 hectares, totalisant plus de six millions de palmiers. La production se concentre principalement dans la région de Drâa-Tafilalet qui regroupe à elle seule 81 % des plantations, suivie de Souss-Massa (13 %), l’Oriental (3 %) et Guelmim-Oued Noun (2 %). Au-delà de son importance agricole, la filière représente une véritable source de revenu pour les populations locales. Elle contribue jusqu’à 60 % du revenu agricole de plus de deux millions d’habitants, confirmant ainsi son rôle essentiel dans la préservation et le développement des zones oasiennes du Royaume.
Un Salon de dimension internationale
Etalé sur une superficie de 40.000 m², le Salon réunira plus de 230 exposants marocains et étrangers, et devrait accueillir près de 90.000 visiteurs. L’événement sera structuré autour de plusieurs pôles thématiques, à savoir les Régions qui mettent en avant les zones productrices de dattes (Drâa-Tafilalet, Oriental, Souss-Massa et Guelmim-Oued Noun), les Institutions et sponsors, International, et Rahba, véritable cœur du Salon, où seront exposées sur 3.000 m² les dattes et leurs dérivés. A cela s’ajoutent l’espace dédié aux produits du terroir (300 m²), qui valorise la richesse agricole régionale, la zone réservée aux agrofournitures, rassemblant les acteurs des engrais, semences, irrigation, énergies renouvelables et outillage et la partie machinisme et élevage, présentant notamment les principales races ovines et caprines des zones oasiennes. Un espace est également aménagé pour les enfants afin de leur permettre de découvrir l’univers des oasis de manière ludique et interactive.
Un programme scientifique et économique riche
Investissement. Parallèlement aux expositions, un programme scientifique et économique de haut niveau accompagnera le salon avec un Forum de l’investissement, organisé par l’Agence pour le Développement agricole (ADA) et le Groupe Crédit Agricole du Maroc (GCAM). Il abordera le thème : «L’investissement responsable pour le développement du palmier dattier et des oasis ». Des rencontres B2B favoriseront les partenariats entre opérateurs, tandis qu’une journée scientifique, co-organisée par l’INRA, l’Andzoa, la FAO et l’Icarda, réunira chercheurs et professionnels autour de solutions innovantes pour l’adaptation des systèmes oasiens. Et ce n’est pas tout. Des ateliers pratiques, animés par l’Office national du conseil agricole (ONCA), seront proposés aux agriculteurs et jeunes entrepreneurs. Le programme sera ponctué d’animations culturelles, de concours de produits dattiers et de soirées artistiques, célébrant la richesse du patrimoine oasien.
Aperçu historique
1940. Le Salon international des dattes du Maroc tire ses origines du Moussem des dattes du Tafilalet, institué par Dahir en 1940. Cet événement, visité en 1957 par Feu Sa Majesté le Roi Mohammed V, a connu un nouveau souffle en 2010, lorsque SM le Roi Mohammed VI a donné Ses Hautes directives pour la création de la première édition du Sidattes. La visite royale de 2011 a marqué un tournant décisif pour la filière phoenicicole, pilier de l’économie oasienne. Au fil des éditions, le Sidattes s’est imposé comme une plateforme internationale de coopération, d’innovation et de valorisation du palmier dattier, contribuant activement à la modernisation du secteur et à la promotion des territoires oasiens.









