Débat
Organisé par ESCA Ecole de Management, en partenariat avec le réseau Business Schools for Climate Leadership Africa (BS4CL), le Casablanca Climate Leadership Forum (CCLF) 2025 a réuni le 21 novembre à Casablanca des dirigeants, experts, chercheurs et décideurs venus du monde entier. «Climate Leadership in Action» est le thème retenu pour cette 3ème édition. Il a eu pour objectif de mettre en avant les leviers concrets de la décarbonation industrielle, du financement durable et de l’action collective pour un avenir inclusif et résilient.
La plateforme de dialogue offerte, nourrie en échanges et réflexion de décideurs publics, acteurs économiques et chercheurs, a permis de traduire les ambitions climatiques de l’Afrique en actions concrètes et mesurables.
Déjà, dans son allocution d’ouverture, Saïd Mouline, directeur général de l’Agence marocaine de sûreté et de sécurité nucléaires et radiologiques (AMSSNuR), a souligné l’urgence d’accélérer la transition énergétique en Afrique, un continent fortement touché par le changement climatique malgré une faible responsabilité dans ses causes.
L’intervenant a insisté sur les opportunités offertes par les énergies renouvelables pour renforcer la souveraineté énergétique, créer des emplois et améliorer la compétitivité industrielle. Il a également rappelé le rôle essentiel de la formation, de l’innovation et de la bonne gouvernance pour transformer le potentiel africain, solaire, hydrogène vert et ressources humaines, en moteur de développement durable. Le premier panel, intitulé «Construire des industries compétitives et décarbonées grâce à l’énergie propre et à l’innovation verte», a été animé par Nada R. Naufal (American University of Beirut), Kamel Abdallah (Canal Sugar), Igazeuma Adikema Okoroba (Dangote Cement Plc), Guy Midgley (Stellenbosch University), Zineb El Jazouli (Renault Group Morocco) et Fernando J. Díaz López (HEC Paris). Tous sont unanimes à dire que «la décarbonation industrielle est désormais une condition incontournable de la compétitivité africaine. Ils ont appelé à transformer les contraintes réglementaires internationales en leviers d’innovation et à ancrer la transition énergétique dans la stratégie et la gouvernance des entreprises grâce à la recherche et à la collaboration intersectorielle».
Le second panel placé sous le «soutien réglementaire, financier et technique à la décarbonation et à la croissance durable de l’Afrique» a été, quant à lui, décrypté par des intervenants étrangers pour la plupart pour ne citer que Adrien de Bassompierre (Banque européenne d’investissement), Ali Seddiki (Agence marocaine de développement des investissements et des exportations), Amal Benaïssa (Bank of Africa), Gaëtan Ducroux (Délégation de l’Union européenne au Maroc), Clémence McNulty (Africa50) et Salim S. Rouhana (Banque mondiale). A ce sujet, les experts ont souligné l’urgence de structurer des projets bancables, de renforcer les cadres réglementaires et de partager les risques pour mobiliser davantage de capitaux privés. Ils ont insisté sur la fiabilité des données, la performance énergétique et la digitalisation comme leviers essentiels pour accélérer le financement et la mise en œuvre d’infrastructures vertes.
Enfin le troisième panel, intitulé «Promouvoir l’action collective et inclusive pour un avenir durable», a réuni également des intervenants de marque tels qu’Alexander Kolker (Louisiana Universities Marine Consortium), Balgis Osman-Elasha (Banque africaine du développement), Mahamadou Biga-Diambeidou (University of Oxford), Nicole Rosow (IE University), Natalie Beinisch (CEIP Africa) et Vinika Devasar Rao (INSEAD Africa Initiative). Les échanges à ce niveau ont mis en avant la nécessité de passer d’initiatives individuelles à des actions systémiques et collaboratives entre gouvernements, entreprises, universités et communautés. En clair, les intervenants prônent une gouvernance inclusive fondée sur la confiance, l’équité et l’engagement des jeunes et des femmes afin de bâtir un futur africain bas carbone et solidaire.
A l’issue de cette journée, a été présenté le Casablanca Call to Action. Cet engagement collectif, issu des discussions et réflexions menées tout au long du forum officialise l’appel à faire de la décarbonation un moteur de compétitivité, à renforcer la gouvernance, les compétences et les données climatiques et à débloquer des financements accessibles pour des projets concrets, notamment pour les PME. Bref, cette feuille de route recommande également la création de partenariats verts qui valorisent le potentiel africain et invitent chaque acteur à traduire ces ambitions en actions mesurables. «Le CCLF 2025 a démontré, une fois de plus, que l’Afrique dispose d’un formidable potentiel d’innovation pour accélérer la décarbonation et répondre aux défis climatiques du continent.
Notre mission, en tant qu’institution académique de référence, est de produire des connaissances utiles, d’accompagner les décideurs et de favoriser des ponts entre science, entreprise et politiques publiques», conclura Salah Koubaa, directeur de la recherche, ESCA Ecole de Management.










