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VIH au Maroc : Les nouvelles infections ont baissé de 22% au cours des dix dernières années

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Le ministre de la santé et de la protection sociale, Amine Tahraoui, présidant la cérémonie commémorant la journée mondiale de lutte contre le VIH/sida. 

Journée mondiale : Le Maroc boucle ses 37 années de lutte contre le sida. Des avancées notables ont été enregistrées sur le plan épidémiologique avec une baisse de 22% des nouvelles infections liées au VIH entre 2013 et 2024 et une réduction de 55% des décès liés au sida.

Le ministre de la santé et de la protection sociale, Amine Tahraoui, a présidé, le lundi 1er décembre 2025 à Rabat, la cérémonie commémorant la Journée mondiale de lutte contre le VIH/sida, sous le thème «Réduction des risques, méthadone et appui psycho-social : une combinaison gagnante». Cette 37ème édition met l’accent sur la réduction des risques associés à l’usage de drogues injectables, en cohérence avec l’engagement national en faveur du renforcement des approches préventives, de la protection des populations les plus exposées, du soutien à l’inclusion sociale et du développement de programmes de santé fondés sur les principes des droits humains et les standards internationaux. Dans son allocution, le ministre a précisé que cet événement vise à renforcer la sensibilisation des acteurs nationaux aux orientations des plans stratégiques adoptés, à partager l’expérience marocaine en tant que modèle régional de référence dans la réduction des risques et la réponse au VIH, ainsi qu’à mobiliser les autorités et les responsables autour d’un engagement renouvelé en faveur de la lutte contre la maladie.

Sur le plan épidémiologique, le Maroc a enregistré, au cours des 37 dernières années, des avancées significatives. Les nouvelles infections ont diminué de 22 % entre 2013 et 2024, la proportion de personnes connaissant leur statut sérologique est passée de 49% à 80 %, et la couverture par les traitements antirétroviraux a atteint 95 %, soutenant ainsi la réalisation des objectifs «95-95-95» et l’élimination de la transmission du virus de la mère à l’enfant. Les décès liés au sida ont baissé de 55%. «Notre pays a atteint deux des trois cibles mondiales fixées pour l’élimination du VIH : 95% des personnes séropositives sous traitement antirétroviral, 95% des patients sous traitement ayant une charge virale supprimée», a souligné M. Tahraoui. En matière de réduction des risques liés à l’addiction, 88 % des usagers de drogues injectables ont bénéficié de services de prévention; 104 seringues par personne sont distribuées chaque année ; et 86 % des bénéficiaires maintiennent leur traitement à la méthadone. Ces efforts ont permis de réduire la prévalence du VIH parmi cette population, passant de 7,1 % en 2017 à 5,3 % en 2023. Par ailleurs, le nombre de bénéficiaires du traitement de substitution a atteint 1 836 personnes en janvier 2025, soit une augmentation de 626% depuis le lancement du programme. Le plan stratégique national intégré de lutte contre le sida, l’hépatite virale et les infections sexuellement transmissibles vise à étendre la couverture des services de santé d’ici 2030, en permettant à 95% des populations clés d’accéder aux services de prévention, en assurant des interventions préventives intégrées pour 165.000 personnes et en fournissant un traitement par méthadone à 4.000 usagers de drogues.

Il prévoit également la réalisation annuelle de 1,6 million de tests de dépistage du VIH, dont 600.000 destinés aux femmes enceintes, et l’accès au traitement antirétroviral pour 21.500 personnes. Parallèlement, 2,5 millions de personnes seront dépistées pour l’hépatite virale, et 10.500 bénéficieront d’un traitement, dans le cadre d’une approche globale alliant prévention, prise en charge et suivi. Par ailleurs, le ministre de la santé a indiqué «L’hépatite B partage, avec le VIH/Sida, des facteurs de risque et des leviers de réponse communs.

Notre cap est clair: atteindre d’ici 2030 la triple élimination de la transmission mère-enfant du VIH, de l’hépatite B et de la syphilis et éliminer le VIH et les hépatites virales en tant que problèmes de santé publique, en parfaite cohérence avec les Objectifs de développement durable» tout en signalant que des défis demeurent. Ainsi, des efforts supplémentaires devront être menés pour améliorer l’accès au dépistage et atteindre le premier «95%» de la cible mondiale, et lutter contre la stigmatisation et la discrimination. Il est important de rappeler que les services de dépistage, de suivi et de prise en charge des personnes vivant avec le VIH sont entièrement gratuits au sein des établissements du ministère, conformément aux principes d’équité et au respect des droits humains pour l’ensemble des personnes concernées.

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Plan Stratégique National Intégré 2024–2030

Actions  : Comme l’a souligné le ministre de la santé, le Plan stratégique national intégré 2024–2030, dédié à la lutte contre le sida, les infections sexuellement transmissibles et les hépatites virales, repose sur trois principes : la concertation, l’implication de l’ensemble des partenaires et le respect de l’équité et des droits humains. Concrètement, il s’est traduit par l’élargissement du dépistage dans la quasi-totalité des établissements de soins de santé primaires, l’extension de l’accès au traitement dans 49 centres référents de prise en charge. Figurent également le développement de la prévention auprès des populations vulnérables, le déploiement des programmes de réduction des risques, y compris le traitement de substitution par la méthadone, l’introduction d’innovations concrètes : dépistage communautaire, prophylaxie pré-exposition (PrEP), autotest VIH, et délégation des tâches à des infirmiers et sages-femmes dans des régions pilotes comme Guelmim et Boujdour pour la prise en charge du VIH.

Le ministre a également indiqué la mise à jour de la feuille de route nationale pour la triple élimination de la transmission mère-enfant du VIH, de l’hépatite B et de la syphilis congénitale, et la mise en œuvre d’une stratégie intégrée sur les droits humains en lien avec le VIH, la tuberculose et les hépatites virales, 2024-2030 en partenariat avec le Conseil national des droits de l’Homme et les organisations de la société civile ainsi que la préparation de la troisième étude «Stigma Index» pour le VIH avec le comité permanent des personnes vivant avec le VIH.