Management humaniste
Dans le cadre du 5ème Congrès international du développement personnel et professionnel organisé par l’association Le Cercle des Diamants, l’auteur et docteur en psychologie Jacques Lecomte revient sur la notion de l’intelligence interpersonnelle et stratégique. Retour sur les faits marquants d’une intervention de marque.
D’entrée, le spécialiste en psychologie positive pose la question à l’audience, pour la plupart représentée par des coachs professionnels certifiés ICF, s’il est possible d’adapter un management humaniste tout en faisant une entreprise efficacement.
L’orateur fait référence à son livre intitulé «Les entreprises humanistes».
Pour y répondre, l’homme présentera des exemples concrets représentant des cas d’entreprises françaises. Il citera, en premier lieu, Hubert de Boisredon, directeur de l’entreprise Arnor, qui employait à l’époque 2.000 salariés. La société connaissait une baisse du chiffre d’affaires impacté par la dégradation financière de l’une de ses deux activités, à savoir celle des cartouches d’imprimante. L’autre relative au code à barre fonctionnait très bien. Le patron décide dans ce cas précis d’opter pour une reconversion de l’activité qui tirait vers le bas l’entreprise. Et c’est ainsi qu’il a décidé de se positionner dans la préservation de l’environnement en formant ses équipes commerciales pour vendre de la qualité à un prix moindre. En 2008, l’activité dite «morte» relative aux cartouches pour imprimante a permis à l’entreprise de dépasser la crise et ceci grâce à la filière relative au code à barre.
La devise de Hubert de Boiseredon fut dès lors claire : «Si on commence à renier ses valeurs, c’est le début de la mort».
Jacques Lecomte en profite pour faire remarquer que quand il rencontrait des patrons humanistes, il ne voyait pas de divergence entre les avis des salariés et de leur patron pris à part. «Aux salariés on demande dans ce type d’entreprises d’arriver avec des solutions à proposer et non des problèmes». La messe est dite…
Le second exemple de patron cité par l’orateur est Herb Kelleher. Ce dernier estime que «le meilleur leadership est l’humaniste par nature. Pour lui, l’humilité est la qualité la plus importante chez un leader». Lecomte rappellera également l’existence du leadership serviteur à travers la personne de Nelson Mandela qui, à peine sorti de prison, affirme devant un parterre de supporters : «Je suis votre humble serviteur (…)»
L’acteur irrationnel et égoïste existe aussi dans la panoplie des managers. Il expliquera ce type de comportement en faisant référence au criminologue australien John Braithwaite.
Ce dernier s’intéresse particulièrement au rôle de la justice restaurative, de la gestion de la honte et de la réinsertion dans la prévention de la criminalité. Son ouvrage Crime, Shame and Reintegration paru en 1989 a démontré que «les pratiques actuelles de la justice pénale tendent à stigmatiser les délinquants, aggravant ainsi le problème de la criminalité». L’intervenant est catégorique. Ce type de managers qui prône de manière incompétente la persuasion doit être écarté car les résultats attendus sont loin des objectifs recherchés.
Enfin, la dernière catégorie des managers privilégie la responsabilité environnementale et sociétale dans sa manière de diriger les équipes. «La responsabilité sociale de l’entreprise vise à augmenter les profits. Il s’agit d’inventer un nouveau cercle vertueux fondé sur l’idée que l’économie est au service de l’homme et basée sur la confiance» , conclura le docteur en psychologie. La boucle est bouclée.










