Culture

Rencontré en marge du Festival international du film de Marrakech / Tahar Rahim : «Revenir à Marrakech est toujours un honneur»

© D.R

Acteur incontournable, Tahar Rahim s’est imposé comme une valeur sûre du cinéma français et international. Chaque rôle lui permet de se transformer, révélant une profondeur émotionnelle rare. Lors d’une rencontre avec ALM, il partage son lien avec le festival, les moments charnières de sa carrière et son nouveau rôle dans l’adaptation de « Les Misérables» dont la sortie est prévue en 2026.

Cinq ans après avoir siégé au jury du Festival international du film de Marrakech (FIFM), l’acteur français Tahar Rahim fait son retour cette année en tant qu’invité du programme «Conversations», aux côtés de grandes figures du cinéma mondial. Lors d’une rencontre avec ALM, l’acteur n’a pas caché son plaisir de retrouver le festival auquel il reste profondément attaché. «Revenir à Marrakech, que ce soit pour le festival ou en privé, est toujours un honneur. Je suis ici merveilleusement accueilli. Il y a cinq ans, j’avais passé dix jours formidables à découvrir des films et à échanger avec des personnalités du 7e art. Forcément, cela crée des liens et nourrit l’acteur que je suis. Cette année, participer au programme «Conversations» est un vrai bonheur, notamment pour retrouver le public», a-t-il déclaré. Interrogé sur les critères qui guident le choix de ses rôles, Tahar Rahim évoque avant tout la force du scénario et la rencontre avec le réalisateur. «Chaque projet est un terrain vierge à explorer.

J’aime ce goût du risque, l’idée de ne pas me répéter, de me confronter à une zone de fragilité. Parfois, la survie crée des miracles, même artistiquement», confie-t-il. L’acteur revient également sur ses moments charnières de sa carrière. Le premier est son rôle dans «Un prophète» de Jacques Audiard, qui a révélé son talent au monde entier. «Ce film a énormément voyagé et m’a permis d’exister sur la scène internationale, de choisir mes projets et de me construire une expérience. Il m’a aussi poussé à perfectionner mon anglais et à prendre confiance en moi», raconte-t-il.

Le second tournant concerne la série «Le Serpent» et le film «Désigné coupable» (The Mauritanian), dans lequel il incarne Mohamedou Ould Slahi. «Ces deux projets m’ont véritablement propulsé à l’international», précise-t-il. Abordant sa méthode de préparation, l’acteur explique qu’il cherche toujours à se rapprocher du réel «autant que possible, sans aller jusqu’à me mettre en danger». Tahar Rahim a également évoqué son prochain grand rôle : celui de l’inspecteur Javert dans l’adaptation de «Les Misérables» réalisé par Fred Cavayé, dont la sortie est prévue en 2026. Il souligne la volonté de l’équipe de proposer une lecture plus nuancée de ce personnage emblématique : «Javert est souvent dépeint de manière monolithique. Nous avons voulu en faire une figure plus complexe, fidèle à la richesse du roman».

Pour l’histoire, Tahar Rahim est né à Belfort, au sein d’une famille originaire d’Oran. Il a étudié le cinéma à Montpellier avant de débuter dans le docu-fiction Tahar l’étudiant (2005) de Cyril Mennegun. Il se forme ensuite au Laboratoire de l’acteur et monte sur scène en 2007 dans Libres sont les papillons. En 2010, il reçoit le César du meilleur acteur pour «Un prophète», consacrant une ascension fulgurante. Sa carrière prend par la suite une dimension internationale, notamment grâce à «Le Serpent» (2021), «Désigné coupable» (2021) et son rôle de Charles Aznavour dans «Monsieur Aznavour», succès populaire dépassant les deux millions d’entrées en 2024 et lui valant une nouvelle nomination au César du meilleur acteur en 2025.

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