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Éditorial : Un chiffre pour mille discours

© D.R

Les chiffres du compte des ménages pour 2024, que le HCP vient de rendre publics, racontent, mieux que bien des discours, un changement tangible dans la vie quotidienne des familles marocaines (lire l’article en pages 4-6).

Après des années marquées par la pression inflationniste et l’érosion du pouvoir d’achat, l’économie a offert un répit substantiel : cette fois, la hausse des revenus n’a pas été engloutie par les prix. Et cela fait toute la différence.
Indicateur qui représente schématiquement le volume global d’argent dont disposent les ménages pour consommer ou épargner, le revenu disponible brut affiche une progression de 6,7 % entre 2023 et 2024 et, surtout, il a gagné plus de 140 milliards de DH de 2022 à 2024. Ce gain substantiel provient naturellement des hausses de salaires, des baisses d’impôts et aussi des fonds qui ont été injectés à travers les aides sociales directes. Ces dernières illustrent parfaitement un État qui assume davantage sa mission de soutien direct aux ménages.
À la fin du compte, les ménages consomment plus et, surtout, ils parviennent à épargner davantage. Le taux d’épargne remonte à 11,3 %, signe d’une confiance retrouvée, d’une capacité à se projeter à nouveau.

L’autre chiffre parlant reste celui du revenu par habitant: +6 %. Une progression nette, couplée à une inflation maîtrisée, qui se traduit mécaniquement par une envolée du pouvoir d’achat de 5,1 points. Pour la première fois depuis longtemps, les ménages profitent d’un véritable effet de rattrapage. Leur niveau de vie ne fait pas que résister : il s’améliore.
Au-delà des tableaux chiffrés, ce rétablissement rappelle une vérité simple mais éclatante : lorsqu’une politique publique maintient les prix sous contrôle, soutient les revenus et accélère les transferts sociaux, les résultats se voient immédiatement dans le panier du ménage, sa consommation et sa capacité d’épargne. Les ménages marocains n’ont pas seulement gagné quelques dirhams de plus : ils ont gagné de l’air, du souffle et de la visibilité. Et pour une économie en transition, c’est peut-être là le signal le plus précieux.

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