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IA, Big Data et certification ISO pour lutter contre la corruption

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Les détails de la nouvelle stratégie quinquennale 2025-2030 de l’INPPLC

Gouvernance: Une nouvelle stratégie quinquennale de l’Instance nationale de la probité, de la prévention et de la lutte contre la corruption voit le jour. Les détails.

L’INPPLC dégaine une nouvelle stratégie pour la période 2025-2030. En effet, l’Instance nationale de la probité, de la prévention et de la lutte contre la corruption (INPPLC) a procédé, mardi à Rabat, au lancement de sa stratégie quinquennale 2025-2030, à l’occasion de la Journée internationale de lutte contre la corruption. «Cette stratégie ne constitue ni un simple programme d’action administratif, ni un exercice procédural de planification. Elle est avant tout la traduction opérationnelle des Hautes Orientations Royales, visant à insuffler une nouvelle dynamique aux institutions de gouvernance à travers le renforcement de l’interaction avec les instances nationales dans le suivi des réformes et des grands chantiers», affirme d’emblée Mohamed Benalilou, président de l’INPPLC. Pour ce dernier, «la stratégie vise à opérer le passage d’une phase de juxtaposition d’initiatives dispersées à une phase de consolidation des fondements d’un système intégré de l’intégrité. Elle traduit l’engagement de l’Instance pour l’unification de la vision nationale, la consécration de l’intégrité comme choix institutionnel affirmé et sa consécration en tant que projet national fédérateur».

Objectif 2030

À l’horizon 2030, l’Instance nationale de la probité, de la prévention et de la lutte contre la corruption aspire à s’affirmer comme une institution de référence et de leadership dans l’ingénierie de la probité publique, capable d’orienter la politique publique en matière de prévention et de lutte contre la corruption ; et de mobiliser les acteurs publics, privés ainsi que la société civile autour d’un projet national inclusif pour la probité ; ainsi que de produire un impact mesurable dans la relation entre le citoyen et l’Instance.

Le pilotage institutionnel sera assuré par le conseil de l’Instance qui définit les orientations générales. 

Concrètement, cette vision repose sur trois piliers étroitement liés, à savoir la probité comme valeur sociétale: elle s’apprend, se pratique et se récompense ; la probité comme système institutionnel: il se gère, se mesure et se réexamine régulièrement; et la probité comme levier de développement équitable, de qualité du service public et de légitimité de la décision publique. Ainsi, l’Instance ne réduit pas la probité à sa seule dimension répressive des actes de corruption ; elle l’envisage comme une ingénierie globale du système de la confiance publique.
L’objectif central de cette stratégie est d’ancrer l’Instance, de manière claire et irréversible, en tant qu’acteur national de premier plan dans l’ingénierie de l’intégrité au Maroc, à travers son autonomie institutionnelle et la mise en place d’un parcours clair pour mesurer la transformation à l’année 2030, y compris la confiance dans les institutions, la qualité du service public, l’environnement d’investissement et l’impact des réformes sur la perception citoyenne ainsi que sur les indicateurs internationaux.

Axes

Pour l’atteinte de cette finalité, la stratégie de l’Instance s’articule autour de six axes stratégiques structurants, représentant les niveaux fondamentaux d’intervention de l’Instance. Chacun de ces axes représente une pierre angulaire dans l’ingénierie d’un système d’intégrité nationale cohérent et prospectif. Le premier concerne le renforcement du pilotage normatif et prospectif de l’Instance dans l’orientation de la politique publique en matière d’intégrité, et de moralisation de la vie publique et politique. Cet axe devrait permettre le développement d’un système national de mesure, d’indicateurs et de baromètres relatifs à l’intégrité et aux risques de corruption dans les secteurs public et privé. Le 2ème axe est relatif au renforcement des capacités des acteurs publics, du secteur privé et de la société civile en matière de mécanismes de prévention et de veille précoce des risques de corruption. Il s’agit de la mise en place d’un système national de dénonciation sécurisé, garantissant la protection des dénonciateurs et des lanceurs d’alerte.

Le 3ème axe stratégique est relatif à la promotion de la culture de la probité en tant que comportement citoyen et système de valeurs publiques, à travers l’éducation, l’accompagnement, l’encadrement moral de la vie publique et l’engagement sociétal et médiatique. Le 4ème axe stratégique permettra le renforcement de l’engagement international et consolidation des partenariats nationaux multipartites pour consacrer la complémentarité institutionnelle et mobiliser un large front national contre la corruption. Pour sa part le 5ème axe stratégique concerne l’adoption de la transformation digitale, de l’innovation et de l’intelligence institutionnelle comme leviers de transparence, de capacité analytique et d’efficacité opérationnelle de l’Instance.

L’Instance nationale de la probité, de la prévention et de la lutte contre la corruption aspire à s’affirmer comme une institution de référence et de leadership dans l’ingénierie de la probité publique. 

Il s’agit notamment de développer une capacité d’analyse proactive fondée sur l’intelligence artificielle et le Big Data, permettant de passer de la détection à la proactivité. Enfin, le 6ème axe stratégique réside dans la consolidation de la capacité institutionnelle et du positionnement stratégique de l’Instance au sein du système national de probité. Il est question notamment de l’adoption des normes de management de la qualité, de la lutte contre la corruption au sein même de l’Instance, de la responsabilité sociale des organisations et de la gestion des risques, conformément aux normes internationales (ISO 9001, ISO 37001, …). Il faut préciser que le pilotage institutionnel est assuré par le conseil de l’Instance, qui définit les orientations générales, fixe les priorités, approuve les programmes et adopte les rapports périodiques.

La mise en œuvre opérationnelle est confiée aux directeurs des pôles, aux structures centrales et aux représentations régionales, selon une approche axée sur les résultats et les indicateurs temporels. Selon les responsables, la lutte contre la corruption, telle qu’envisagée dans cette stratégie, se conçoit selon une logique de « front national», et non comme la mission d’un seul organe. À cet effet, l’Instance met en place des espaces institutionnalisés et permanents de coordination, notamment un Mécanisme national de coordination de la probité, regroupant des représentants des autorités publiques, d’institutions judiciaires, de contrôle, administratives, du secteur privé et de la société civile.

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Mobilisation

Feuille de route. À travers cette stratégie, et au-delà de la mise en œuvre des programmes, l’Instance s’engage pleinement à un changement culturel et institutionnel mesurable, fondé sur la prospection de la prévention de la survenance d’un préjudice ; la clarté dans la communication avec le citoyen ; l’anticipation quant à la détection des risques ; et la transparence et la clarté dans l’interprétation de la décision publique.

À l’horizon 2030, les ambitions de l’Instance dépassent la simple dimension technique. Elles sont également d’ordre politique, dans le sens du renforcement des institutions de l’État ; éthique, dans le sens de la promotion de la justice ; sociétal, dans le sens de la consolidation de la confiance. Elle aspire ainsi à devenir le garant institutionnel de l’intégrité publique ; un acteur de référence pour la restauration de la confiance et de la crédibilité dans la gouvernance des affaires publiques ; et une plateforme de mobilisation nationale contre la corruption. L’ensemble de ces dynamiques vise à transformer la lutte contre la corruption d’un simple discours défensif dans les rapports institutionnels en un droit collectif, une cause nationale majeure et un choix stratégique pour bâtir l’avenir du Royaume.

Système de suivi et d’évaluation

Mesure d’impact

Pour assurer le passage d’une logique de fixation d’objectifs à une logique de mesure d’impact, l’Instance adopte un système de mesure multi-niveaux reliant directement les projets de chacun des six axes stratégiques aux indicateurs d’impact concrets, mesurables et temporellement suivis.

Evaluation dynamique

Ce dispositif repose sur un modèle d’évaluation dynamique, articulé autour d’un suivi périodique de l’avancement dans la mise en œuvre du Plan d’action stratégique (PAS).

Rapport annuel

Des rapports périodiques mesurent le niveau de réalisation, de cohérence et de convergence, notamment un rapport annuel et un mécanisme de redressement continu permettant d’ajuster l’effort en cas de retard ou de déviation constatée.

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