Adéquation
A l’occasion de la Journée internationale de lutte contre la violence à l’égard des femmes, qui a eu lieu chaque année le 25 novembre, le ministère de la solidarité, de l’Insertion sociale et de la famille a lancé la vingt-troisième campagne nationale de prévention de la violence à l’égard des femmes et des filles, s’étendant du 25 novembre au 10 décembre 2025. Le thème de cette année porte sur l’adéquation des législations nationales avec les principes d’égalité et de parité, sous le thème «L’égalité dans les législations est la garantie d’une vie en sécurité». Dans ce cadre, la coordination régionale de l’Agence de développement social dans la région de Beni Mellal-Khénifra a organisé un colloque régional de sensibilisation intitulé «L’adéquation des législations nationales avec les principes d’égalité et de parité comme approche pour réduire la violence à l’égard des femmes et des filles», qui s’est tenu mardi 9 décembre 2025 au siège de la Chambre de commerce, d’industrie et de services de Beni Mellal.
Lors de son intervention, le coordinateur de l’ADS au niveau de Beni Mellal-Khénifra, Abdelhadi Mennani, a souligné que, «au cours des deux dernières décennies, le Maroc a connu une série de réformes majeures, parmi lesquelles la réforme du Code de la famille, l’adoption de la Constitution de 2011 consacrant clairement les principes d’égalité et de parité, ainsi que la promulgation de la loi 103-13 relative à la lutte contre la violence à l’égard des femmes. Cependant, malgré ces avancées, la violence à l’égard des femmes et des filles demeure largement répandue, ce qui soulève la question de l’adéquation du cadre juridique national avec les engagements constitutionnels et internationaux du Royaume.
Cette campagne vise à contribuer à la mobilisation et à la sensibilisation en faveur de l’harmonisation des législations nationales avec les principes d’égalité et de parité, ainsi qu’à identifier les obstacles entravant l’accès des femmes à leurs droits. Elle ambitionne également de formuler des recommandations opérationnelles pour la révision des textes législatifs concernés, dans une approche fondée sur les droits humains et le développement, afin de parvenir à une justice sociale effective».

Et d’ajouter : «Cette rencontre régionale, organisée par la coordination régionale de l’Agence de développement social dans la région Béni Mellal–Khénifra, sous le thème «L’harmonisation des législations nationales avec les principes d’égalité et de parité comme levier pour réduire la violence à l’égard des femmes et des filles», et placée sous la supervision du ministère de la solidarité, de l’insertion sociale et de la famille, s’inscrit dans la dynamique de lutte contre la violence à l’égard des femmes et de promotion de la conscientisation autour des droits des femmes et de l’égalité».
Pour sa part, la représentante du CRDH a mis l’accent sur trois volets, à savoir les obstacles structurels à l’accès à la justice et le principe du devoir de protection où elle a évoqué le manque de connaissance et de soutien, la problématique de la dénonciation, les défis posés par les dispositifs électroniques, l’absence d’une culture de la dénonciation, ainsi que les difficultés liées à la réparation et à l’indemnisation. Dans le deuxième volet, elle a traité des enjeux de l’adaptation juridique et de son impact sur la responsabilité et la protection, en abordant la politique d’atténuation des peines, la réduction d’une infraction de crime à délit et son effet sur la responsabilité, ainsi que le risque encouru par la victime et la divergence entre la législation moderne et l’ancienne législation pénale, les difficultés d’application et la restriction du champ de protection. Enfin, dans le troisième volet, elle a examiné les approches adoptées et la nécessité de réduire la violence à l’égard des femmes, en évoquant l’approche centrée sur la victime, la lutte contre la violence numérique, l’adaptation de la violence numérique, la lutte contre les obstacles de connaissance, la lutte contre la politique d’atténuation et contre la violence numérique…
Quant à la représentante de l’association des jeunes avocats, elle a affirmé que son intervention a consisté en une approche juridique de la violence numérique à l’encontre des femmes, dont l’impact est redoutable, car il s’agit d’un crime récent visant les femmes sur les plans psychologique, social, moral et physique, avec des conséquences graves. «J’ai mis l’accent sur le cadre juridique encadrant ce type de crime et de ce phénomène, puis j’ai identifié le cadre légal ainsi que les défis et les perspectives que les nouvelles pratiques numériques imposent au système de protection juridique et judiciaire au Maroc.
En effet, les législations marocaines relatives à la violence numérique contre les femmes sont diverses et dispersées sur plusieurs niveaux, avec un croisement entre la loi 103-13 relative à la violence faite aux femmes, la loi 07-03 et la loi 09-08. La nature de la violence numérique nécessite une lecture attentive des textes afin de déterminer si notre arsenal législatif est suffisamment robuste pour protéger les femmes contre la violence numérique de manière efficace», a-t-elle conclu.









