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Six ans de réclusion criminelle pour une mendiante qui a tenté de tuer son amie

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En ce premier vendredi de septembre dernier, un geste brutal a bouleversé les fidèles qui venaient de quitter la mosquée à Sidi Bouabid, à Tanger. Une mendiante vient d’asperger une femme d’un liquide corrosif et d’y mettre le feu.

Ce mardi 9 décembre, la salle d’audience à la chambre criminelle près la Cour d’appel de Tanger semble retenir son souffle. Dans le box des accusés, une jeune femme se tient. Elle semble comme écrasée par le poids des regards qui convergent vers elle. Le président de la Cour cite, une à une, les charges retenues contre elle. Chacune résonne dans la pièce comme un coup sec: tentative d’homicide avec préméditation et guet-apens en mettant volontairement le feu à la victime. À cela, s’ajoutent la consommation de drogue, la mendicité et le port d’une arme blanche. La jeune femme baisse les yeux. Est-ce la honte, la peur, ou simplement la fatigue d’une vie qui, depuis longtemps, n’avançait plus qu’en titubant ? Personne ne pouvait le dire. Ce jour-là, seules demeuraient les accusations et la vérité que la Cour tentait d’établir. Dans un silence tendu, le procès commence. Mais comment cette jeune femme en est-elle arrivée là, avec sur le dos notamment cette lourde accusation de tentative d’homicide volontaire?
C’était vendredi 5 septembre 2025. Les fidèles venaient de quitter la mosquée après avoir accompli la prière du vendredi. A Sidi Bouabid, à Tanger, cette jeune femme, en situation de précarité, qui semble être une mendiante, s’est tenue debout. Ses yeux fixaient une femme qui passait un peu loin d’elle. La jeune mendiante a marché droit vers elle, l’a abordée brièvement, puis, dans un geste soudain, lui a aspergé le visage d’un liquide corrosif avant d’y mettre le feu. Les flammes ont jailli, embrasant l’air, les vêtements et les regards. Les riverains s’étaient précipités, hagards, incapables de comprendre ce qu’ils voyaient. Pour les badauds qui s’attroupaient autour de cette scène, l’affaire était simple : une mendiante a agressé une femme qui refusait de lui donner l’aumône. Un acte presque irréel.
Mais devant les trois magistrats de la Cour, trois mois plus tard, l’histoire a changé. Lorsque l’accusée est apparue à la barre, tête basse, gestes nerveux, elle a raconté une version qui semblait appartenir à un autre monde. La victime, disait-elle, n’était pas une inconnue croisée par hasard. Elles se connaissaient et se parlaient. Une amitié nourrie d’échanges, de confiance, mais aussi, selon la mise en cause, d’une dette jamais réglée.
«Je ne voulais pas la tuer», a-t-elle répété, la voix tremblante, comme si s’accrocher à cette phrase pouvait la sauver de tout. Elle a juré n’avoir pas utilisé de l’acide chlorhydrique, mais du diluant, une substance qu’elle savait corrosive, mais pas meurtrière. Elle parlait d’un geste de colère, d’un moment d’égarement et d’une explosion née de frustrations accumulées.
Les trois juges qui l’ont longuement écoutée ont conclu que l’intention d’homicide n’a pu être prouvée. La préméditation du meurtre par incendie, telle qu’elle avait été initialement retenue, a été écartée. L’acte restait atroce, mais juridiquement, il relevait d’une violence volontaire, préméditée, dirigée contre une femme qui a refusé de régler sa dette envers cette mendiante.
Le verdict est tombé après les délibérations : six ans de réclusion criminelle.