Le Chef du gouvernement avait rendez-vous en début de semaine avec les députés, à l’occasion de la séance mensuelle consacrée, cette fois-ci, aux politiques publiques en faveur des très petites, petites et moyennes entreprises.
Un choix thématique on ne peut plus légitime : la TPME représente près de 90% du tissu productif national, irrigue l’ensemble des territoires et fait vivre des millions de familles. À ce titre, elle mérite non seulement l’attention du gouvernement, mais aussi — en toute logique — celle de la représentation nationale.
En toute logique, justement. Car si l’on pouvait s’attendre à un débat de fond, à des propositions concrètes, à une confrontation sérieuse des visions sur l’accompagnement, le financement, la simplification ou l’accès aux marchés, certains élus ont manifestement estimé que la TPME pouvait bien attendre. Après tout, elle ne manifeste pas, ne bloque pas les routes et n’offre pas de dividendes politiques immédiats.
Ainsi, durant cette séance pourtant dédiée, quelques députés de l’opposition ont préféré utiliser leur temps de parole à des exercices sur d’autres registres. L’un, par exemple, a saisi l’occasion pour régler des comptes personnels avec des supports médiatiques — contribution décisive, sans doute, à la relance de l’investissement productif. Une autre, visiblement inspirée, a livré une intervention où transparaissaient surtout l’impuissance, l’indigence programmatique et une irritation à peine voilée face à l’occupation du terrain par le RNI. Là encore, les entrepreneurs apprécieront.
Il faut reconnaître à ces interventions une cohérence : elles étaient parfaitement hors-sujet. Mais peut-être était-ce précisément l’objectif. Car parler réellement de TPME oblige à maîtriser les dossiers, à assumer un bilan ou à proposer des idées et des alternatives crédibles. Un exercice nettement moins confortable que la posture, le vacarme ou l’attaque périphérique.
Pendant que certains s’égarent dans les procès d’intention et les combats de diversion, des dispositifs concrets, parfois audacieux, ont été mis en marche pour la TPME : accès facilité au financement, mécanismes de garantie renforcés, soutien à l’investissement productif, commande publique plus inclusive, accompagnement à la formalisation et à la montée en gamme. Des choix qui ne font peut-être pas beaucoup de bruit, mais qui changent la donne sur le terrain. Et c’est sans doute là que réside le vrai clivage : entre ceux qui parlent de la TPME quand cela arrange leur rhétorique, et ceux qui prennent le risque politique de l’accompagner réellement, même quand cela exige des décisions courageuses, complexes et parfois impopulaires.










