L’application effective du ciblage d’inflation interviendra de manière graduelle à partir de 2027.
Politique monétaire : Des annonces phares ont été faites par Abdellatif Jouahri, wali de Bank Al-Maghrib, lors du point de presse tenu mardi en marge de la récente réunion du conseil de BAM. Parmi les actions attendues durant 2026 on cite le lancement d’une phase pilote du ciblage d’inflation.
Une phase pilote du ciblage d’inflation sera lancée en 2026. L’annonce a été faite par Abdellatif Jouahri, wali de Bank Al-Maghrib (BAM), lors du point de presse tenu à l’issue de la dernière réunion trimestrielle du conseil de BAM au titre de l’année 2025. Ce lancement intervient dans le cadre d’une transition graduelle et prudente vers un régime de change plus flexible. « La première phase de la flexibilisation du régime de change, relative à sa libéralisation, sera suivie du ciblage d’inflation, dont 2026 constituera une année d’essai et ce, avec l’appui technique du Fonds monétaire international (FMI), de la Banque mondiale et de Banques centrales partenaires ayant déjà adopté ce cadre de politique monétaire », assure dans ce sens le gouverneur de la Banque centrale. Et de préciser que « l’application effective du ciblage d’inflation interviendra de manière graduelle à partir de 2027 ». Le ciblage d’inflation est un cadre de politique monétaire où la Vanque centrale déclare une cible explicite d’inflation et s’engage à l’atteindre à moyen terme, comme priorité ultime de la conduite de sa politique monétaire. Lors de son intervention, M. Jouahri a insisté sur la nécessité pour l’ensemble des opérateurs économiques de bien comprendre les implications de la flexibilisation qui se fera progressivement, avec une étape intermédiaire. S’agissant de la fréquence des réunions du conseil de BAM dans le cadre de ce futur ciblage, M. Jouahri a indiqué que les textes de 2019 prévoyaient initialement un nombre de réunions supérieur aux quatre réunions trimestrielles actuelles. « Toutefois, la disponibilité limitée de données statistiques actualisées à un rythme plus rapproché ne permet pas, à ce stade, d’aller au-delà de ce format », a-t-il précisé. Et de relever que « la priorité porte sur le renforcement et l’amélioration de la statistique nationale, afin de la rendre plus fiable, plus granulaire et plus disponible dans le temps ».
Le wali de Bank Al-Maghrib affirme dans ce sens que la Banque centrale continuera de s’appuyer sur les réunions trimestrielles du conseil, complétées, si nécessaire, par des réunions exceptionnelles, sans exclure une évolution du rythme des réunions à l’avenir lorsque les conditions le permettront. Par ailleurs, Bank Al-Maghrib démarrera l’année avec un rendez-vous déterminant avec le Groupement professionnel des banques du Maroc (GPBM) pour débattre de questions conjoncturelles du secteur bancaire. Une réunion est prévue le 8 janvier en vue d’examiner la question des dépassements de lignes de crédit et des taux qui leur sont appliqués par le système bancaire. « Cette rencontre s’inscrit dans le cadre du suivi du mécanisme de transmission de la politique monétaire et vise à analyser les conditions de crédit pratiquées par les établissements bancaires », relève-t-on de M. Jouahri. Et de rappeler que « la transmission de la politique monétaire n’est pas toujours intégrale, aussi bien en période de relèvement que de baisse des taux d’intérêt ».
M. Jouahri a ainsi souligné que, lors des phases de hausse des taux, la Banque centrale avait appelé les banques à adopter une approche fondée sur l’évaluation du risque et à examiner les dossiers au cas par cas. La baisse des taux débiteurs consécutive à celle du taux directeur a été également abordée lors de ce point de presse. A cet égard, le wali de BAM a relevé l’existence d’un certain décalage, observé également dans d’autres pays, qu’il a attribué notamment à la forte proportion des contrats à taux fixe au Maroc, lesquels représentent environ 85 % des encours. Rappelons que le conseil de Bank Al-Maghrib a décidé de maintenir le niveau actuel du taux directeur inchangé à 2,25 %. En termes de prévisions, la Banque centrale anticipe une accélération de la croissance économique à 5 % cette année. Elle devrait par ailleurs se consolider à 4,5 % en moyenne au cours des deux prochaines années. Après une augmentation de 5 % en 2025, la valeur ajoutée agricole ressortirait, sous l’hypothèse d’un retour à des campagnes céréalières moyennes de 50 millions de quintaux, en hausse de 4 % en 2026 et de 2 % en 2027. Pour les activités non agricoles, la croissance resterait vigoureuse à la faveur en particulier de la forte dynamique de l’investissement, s’établissant à 5 % cette année, à 4,8 % en 2026 et à 4,5 % en 2027.










