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Gouverner, c’est rendre des comptes

© D.R

Il y a les exercices politiques conçus comme du spectacle pour occuper l’espace médiatique, et il y a ceux qui relèvent d’une tout autre logique : celle de la reddition des comptes. En bouclant à Tanger sa «voie des réalisations», le RNI a fait un choix peu fréquent dans la pratique partisane nationale : revenir vers les citoyens non pas pour promettre, mais pour expliquer, justifier et assumer.

De Dakhla à Tanger, le parcours n’a pas été anodin ni neutre. Il a été pensé comme une traversée complète du territoire, un message clair adressé à ceux qui doutent encore de l’unité réelle du pays et de l’égalité des priorités entre ses régions. Ce choix géographique dit beaucoup d’une vision : celle d’un Maroc envisagé comme un tout cohérent, où le développement ne se fragmente pas et où l’action publique ne s’arrête pas aux frontières visibles.

Mais l’essentiel est ailleurs. Avec cette tournée, les forces du parti et à leur tête le président, Aziz Akhannouch, ont accepté d’entrer dans un exercice politiquement courageux, à savoir répondre à une question simple, mais redoutable : «qu’avez-vous fait du mandat qui vous a été confié ?». Dans un paysage politico-partisan souvent tenté par l’esquive, la posture tranche nettement. Elle consiste à dire que l’action gouvernementale ne se juge ni à l’intention ni au discours, mais aux résultats mesurables et à leur impact réel sur la vie des citoyens.

Naturellement, tout n’est pas réglé et ne peut l’être. Les attentes restent fortes, parfois impatientes, notamment sur l’emploi, la qualité des services publics ou le pouvoir d’achat. Mais la singularité de la démarche tient précisément à cette reconnaissance assumée : gouverner ne signifie pas prétendre à l’infaillibilité, mais accepter le débat, la critique et la correction de trajectoire.

«La voie des réalisations» marque ainsi un déplacement du débat politique. Elle oppose à la logique du slogan celle de la preuve, au procès d’intention celui des faits, et à la politique de l’instant celle du temps long. Elle rappelle surtout une vérité souvent oubliée, et parfois délibérément : la confiance ne se décrète pas, elle se construit, étape après étape, sur le terrain.
En ce sens, la tournée qui s’achève n’est pas une fin mais un signal. Celui d’un parti qui assume que gouverner, ce n’est pas seulement décider, mais aussi revenir expliquer, écouter et rendre des comptes. C’est peut-être là, aujourd’hui, le geste politique le plus significatif.

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