Une intervention remarquée du DG de la MDJS lors du forum international sur le sport organisé le 18 décembre par le Parlement et où il a sonné l’alarme, une énième fois, sur la prolifération inquiétante des opérateurs de paris sportifs illégaux au Maroc
Nouvelle percée : Le marché des jeux et paris sportifs illégaux continue de prospérer au Maroc, au point de constituer aujourd’hui un véritable manque à gagner pour les finances publiques et pour le financement du sport national. Selon des estimations concordantes, le volume annuel des paris sportifs non autorisés atteindrait 3,5 milliards de dirhams, générant plus de 700 millions de dirhams de recettes échappant à l’État pour la seule année 2024.
C’est devant un parterre de parlementaires, de professionnels et d’experts que le directeur général de la MDJS est venu exposer ces chiffres inquiétants le 18 décembre dans le cadre du forum international sur le sport organisé par la Chambre des représentants.
Prenant le soin, au préalable, d’exposer et de rappeler le rôle central que joue la MDJS aussi bien pour le développement du sport au Maroc qu’en termes de retombées financières pour l’État, M. Mechrafi a démontré l’ampleur et la portée des répercussions de la filière des paris illégaux sur le plan financier et surtout sociétal.
Et pour cause, cette économie parallèle et dangereuse, largement alimentée par des opérateurs étrangers opérant en toute illégalité sur le territoire national, représenterait près de 40% du marché total des paris sportifs. Des plateformes telles que 1XBET, MELBET, MARSBET, CWINZ ou encore MEDINABET captent une part significative des mises, sans être soumises aux règles fiscales, réglementaires et sociales en vigueur au Maroc.
Pour les seuls paris sportifs, le volume potentiel des mises en 2024 est évalué à environ 3,5 milliards de dirhams par an. Une manne financière considérable qui, si elle était canalisée dans un cadre légal et réglementé, pourrait contribuer de manière substantielle au financement des politiques publiques. À titre d’exemple, le Fonds national de développement du sport enregistrerait à lui seul une perte estimée à près de 500 millions de dirhams, privant ainsi le secteur sportif de ressources essentielles pour le développement des infrastructures, la formation et le soutien aux disciplines émergentes.
À cela s’ajoute un manque à gagner fiscal direct pour le Trésor public, évalué à environ 200 millions de dirhams au titre des impôts et taxes non perçus. Un déficit qui intervient dans un contexte où l’État multiplie les efforts pour élargir l’assiette fiscale, renforcer l’équité et financer des chantiers structurants, notamment dans le sport, la jeunesse et l’inclusion sociale.
Au-delà de l’impact budgétaire, la prolifération des paris illégaux soulève également des enjeux de protection des consommateurs, de lutte contre le blanchiment d’argent et de préservation de l’intégrité des compétitions sportives. L’absence de contrôle expose les joueurs à des risques élevés : non-paiement des gains, exploitation des données personnelles, manipulation des cotes et absence totale de recours en cas de litige.
Face à l’ampleur du phénomène, la question de la régulation et du renforcement des mécanismes de contrôle s’impose désormais comme un enjeu stratégique. Canaliser cette activité, assécher l’offre illégale et orienter les flux financiers vers des circuits transparents apparaît non seulement comme une nécessité budgétaire, mais aussi comme un levier structurant pour l’économie du sport au Maroc.
En novembre 2023 déjà, l’État marocain avait annoncé son intention de porter plainte contre un des pirates du jeu les plus connus de la planète et qui continue, à ce jour encore, à s’afficher impunément dans les enceintes des grands stades du monde au vu et au su de tous. Aujourd’hui, le patron de la MDJS a réussi à faire une nouvelle percée dans cette grande bataille puisque, au terme de la rencontre du 18 décembre, les parlementaires ont inscrit noir sur blanc dans le livre de leurs recommandations la nécessité pour l’État marocain de protéger une institution telle que la MDJS contre les opérateurs illégaux et, à travers elle, la société marocaine du danger que représente le jeu illicite.










