Abus de pouvoir »
La Cour d’appel de Rabat a condamné un officier de police affecté à Khémisset à 5 ans de réclusion pour traite des êtres humains, extorsion et harcèlement sexuel. Cette affaire a été révélée à la suite d’une plainte déposée par une femme.
La chambre criminelle de première instance près la Cour d’appel de Rabat a rendu son verdict, vendredi dernier, dans une affaire retentissante ayant impliqué un officier de police qui exerçait au service des accidents de la circulation relevant du district provincial à la sûreté de Khémisset. Il a écopé de cinq ans de réclusion criminelle pour traite des êtres humains, extorsion et harcèlement sexuel. Sa complice dans cette affaire a, quant à elle, été condamnée à vingt mois de prison ferme. Les deux accusés étaient poursuivis en état d’arrestation.
L’affaire avait éclaté à la suite d’une plainte déposée par une femme affirmant avoir été victime de chantage et d’exploitation sexuelle de la part du fonctionnaire de police, qui lui a promis une intervention en sa faveur dans un dossier judiciaire en échange de relations sexuelles et de sommes d’argent. Alertée, la police judiciaire de la préfecture de Rabat a ouvert une enquête approfondie sous la supervision du parquet compétent. Les investigations ont débuté par la saisie et l’analyse du téléphone portable du mis en cause. L’analyse de son contenu a révélé des éléments particulièrement accablants : photos, vidéos et échanges de messages compromettants, mettant en lumière un système d’exploitation sexuelle impliquant plusieurs victimes. Ces découvertes ont confirmé les déclarations de la plaignante et permis d’identifier d’autres femmes ayant subi des faits similaires. Selon les conclusions de l’enquête, certaines victimes ont reconnu que les relations sexuelles s’étaient déroulées de manière volontaire, par l’intermédiaire de sa complice. D’autres, en revanche, ont affirmé avoir été filmées à leur insu, puis soumises à un chantage répété. Sous la menace de diffusion des images compromettantes, elles ont été contraintes de satisfaire les exigences de l’officier principal allant jusqu’à être exploitées sexuellement et proposées à des tiers. L’affaire a également mis en évidence le silence de plusieurs victimes, qui ont préféré ne pas dénoncer les faits par crainte de représailles ou de scandale. Leur audition par les services de police a permis de consolider les charges retenues contre les accusés, conduisant la justice à requalifier les faits en traite des êtres humains.
Rappelons que la Direction générale de la sûreté nationale avait annoncé, dans un communiqué publié en juillet 2025, l’arrestation du policier en flagrant délit de corruption, après qu’il a reçu une somme d’argent de la plaignante. La DGSN avait souligné que cette intervention s’inscrivait dans le cadre de la politique de tolérance zéro à l’égard de tout comportement portant atteinte à l’éthique et à la déontologie de la fonction policière.









