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Finances Africaines : Vers un renforcement du Maroc au sein de la BAD ?

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Afrique. Coopération, gouvernance et financement étaient au menu des Entretiens stratégiques de la BAD à Abidjan avec une participation marocaine remarquable. Eclairages.

Le Maroc et la BAD consolident leur partenariat avec des perspectives prometteuses. C’est ce qui ressort du dernier déplacement des responsables marocains à Abidjan qui abrite le siège de ladite banque continentale. Dans les détails, la ministre de l’économie et des finances, Nadia Fettah, a pris part à la première édition des Entretiens stratégiques de la Banque africaine de développement (BAD), tenue récemment à Abidjan. «Cet événement de haut niveau constitue un cadre privilégié d’échanges entre décideurs africains, en particulier les ministres en charge des finances et de l’économie. Il vise à favoriser le dialogue entre pairs, la confrontation des approches nationales, le partage d’expériences réussies sur le continent, ainsi que l’identification et la diffusion de solutions concrètes et réplicables à l’échelle africaine. La première édition de ces Entretiens stratégiques, consacrée à la mobilisation des ressources domestiques, a réuni une quinzaine de pays africains autour du partage des bonnes pratiques et des réformes engagées dans ce domaine stratégique», apprend-on auprès du ministère. Selon la même source, la ministre a présenté la feuille de route du Royaume du Maroc en matière de mobilisation des ressources fiscales, initiée par les Assises nationales de la fiscalité de 2019 et consolidée par l’adoption d’une loi-cadre dédiée, ayant fixé les orientations structurantes et les jalons de mise en œuvre de la réforme. La ministre a également mis en exergue l’approche progressive retenue par le Maroc pour le déploiement de cette réforme, laquelle a concerné les principaux impôts de l’État, notamment l’impôt sur le revenu, l’impôt sur les sociétés et la taxe sur la valeur ajoutée. Elle a, par ailleurs, souligné l’importance déterminante de la digitalisation des processus fiscaux, ainsi que de l’instauration d’une relation de confiance durable entre le citoyen et l’administration, comme leviers essentiels pour garantir l’efficacité et la soutenabilité des réformes engagées. En lien avec le rôle que la BAD est appelée à jouer dans la promotion des bonnes pratiques en matière de mobilisation des ressources, la ministre a insisté sur la vocation de la Banque à agir comme agrégateur et catalyseur des initiatives déjà lancées à l’échelle continentale, sous la supervision des administrations fiscales et douanières africaines. À l’issue de sa présentation et des échanges qui ont suivi, les participants ont unanimement salué les avancées réalisées par le Royaume du Maroc et exprimé leur intérêt à bénéficier de l’expérience marocaine dans ce domaine. Il est à noter que les conclusions de cette première édition des Entretiens stratégiques feront l’objet d’un document de synthèse qui sera publié afin d’assurer une large diffusion des recommandations formulées.

Positionnement
Par ailleurs, et en marge de cette conférence, la ministre s’est entretenue en réunion bilatérale avec le président du Groupe de la Banque africaine de développement. Les échanges ont notamment porté sur le renforcement du positionnement du Royaume du Maroc au sein de la gouvernance de la Banque, ainsi que sur les moyens d’accroître l’impact des interventions de la BAD, d’optimiser ses instruments financiers et de consolider son rôle en tant que plateforme continentale de solutions au service des États africains. Ces entretiens interviennent quelques semaines seulement après le déplacement du nouveau président de la BAD au Maroc. En effet, le Chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, a eu, en novembre 2025 à Rabat, des entretiens avec Sidi Ould Tah, président du Groupe de la Banque africaine de développement, qui ont été l’occasion de prospecter les moyens de promouvoir le partenariat privilégié entre le Royaume du Maroc et le Groupe de la Banque africaine de développement. Au début de ces entretiens, le Chef du gouvernement a salué l’implication de l’institution financière dans le soutien et l’accompagnement des grandes réformes et des chantiers structurants initiés par notre pays dans les différents domaines, sous la conduite éclairée de SM le Roi Mohammed VI mettant l’accent sur la qualité et la diversité du portefeuille financier de la BAD au Maroc. De son côté, Sidi Ould Tah a exprimé sa gratitude à SM le Roi pour l’accueil par le Royaume de «l’Africa Investment Forum» et pour le soutien que le Maroc accorde au Groupe de la Banque africaine de développement, en tant que premier partenaire de cette institution financière. Le président du Groupe de la BAD a précisé que les entretiens ont été l’occasion d’évoquer le portefeuille de la banque au Maroc, qui comprend l’accompagnement de projets dans les secteurs des infrastructures, de l’énergie et dans le domaine social. Ils ont également permis d’examiner les perspectives du partenariat, notamment en matière d’accompagnement des programmes gouvernementaux visant la création d’opportunités d’emploi au profit des jeunes et le renforcement des capacités des très petites, petites et moyennes entreprises. Le Maroc et le Groupe de la Banque africaine de développement sont liés par un partenariat privilégié depuis 1970, marqué par une coopération fructueuse et continue mettant l’accent sur plusieurs secteurs vitaux en totale cohérence avec la politique d’investissement et les objectifs de développement du Royaume. A noter que la BAD est un partenaire de longue date pour le Royaume. Le conseil d’administration du Groupe de la Banque africaine de développement avait d’ailleurs approuvé récemment l’octroi d’une garantie partielle de crédit non souveraine de 450 millions d’euros au profit du Groupe de l’Office chérifien des phosphates (OCP). Déployé pour la première fois au Maroc, ce nouvel instrument de financement a pour ambition de permettre au Groupe OCP de mobiliser, auprès d’institutions financières internationales, un prêt aligné à son cadre de financement vert pouvant atteindre 530 millions d’euros, afin de sécuriser le financement à long terme de son Programme d’investissement vert 2023‑2030.

Portefeuille actif
Financements. Les dernières Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement (BAD) ont été une occasion pour faire le point sur son implication au Royaume. Le portefeuille actif des projets financés par la Banque africaine de développement (BAD) au Maroc est composé de 32 projets pour un engagement total de 3,2 milliards de dollars (Md$). Les interventions de la BAD sont encadrées par le Document de stratégie-pays (2024-2029) – DSP – qui a été élaboré en étroite collaboration avec les autorités marocaines concernées. Les actions prévues par ce DSP s’articulent autour de deux domaines prioritaires, à savoir le renforcement de la croissance inclusive par le développement des compétences, l’employabilité et l’entrepreneuriat et la consolidation de la résilience aux chocs exogènes par le développement des infrastructures durables. A noter enfin que l’ancien ministre de l’économie mauritanien, Sidi Ould Tah, a été élu en mai 2025 à Abidjan président de la Banque africaine de développement (BAD). Sidi Ould Tah était arrivé largement en tête avec 76,18% des voix. Il a remplacé le Nigérian Akinwumi Adesina à partir du 1er septembre 2025. Deux candidats étaient encore en lice après 3 tours de scrutin. Sidi Ould Tah a devancé le Zambien Samuel Munzele Maimbo, deuxième avec 20,26% des voix et le Sénégalais Amadou Hott (3,55%). Sidi Ould Tah était jusqu’alors à la tête de la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (Badea).