Longtemps cantonnée à la périphérie des politiques publiques, l’économie sociale et solidaire (ESS) est en train de changer de statut. De secteur d’appoint, elle est progressivement devenue un levier structurant de la transformation économique et sociale. Le bilan présenté cette semaine par le Chef du gouvernement devant les députés en apporte une illustration chiffrée, concrète et surtout révélatrice d’un changement de paradigme.
Avec plus de 63.000 coopératives actives, près de 23.000 créées depuis 2021, et plus de 778.000 adhérents, dont une part significative de femmes, l’ESS s’impose désormais comme un véritable écosystème productif. Un écosystème qui crée de la valeur, des emplois, de la cohésion sociale et de nouvelles opportunités là où les acteurs classiques peinent parfois à aller. L’allocation de 368 millions de dirhams pour la mise en œuvre de la stratégie nationale n’est pas qu’un chiffre budgétaire : elle traduit une volonté politique claire d’en faire un pilier à part entière du modèle de développement.
Mais au-delà des chiffres, c’est la philosophie qui mérite d’être soulignée. L’économie solidaire incarne une vision de la croissance qui ne se mesure pas uniquement en points de PIB, mais aussi en termes d’inclusion, en résilience territoriale et en justice sociale. Les recommandations issues des dernières Assises nationales vont dans ce sens : cadre législatif modernisé, gouvernance renforcée, reconnaissance de l’ESS comme secteur stratégique.
La véritable réussite de l’économie sociale et solidaire ne sera pas seulement d’exister ou de croître, mais de prouver durablement qu’il est possible de produire de la richesse tout en renforçant le lien social. Autrement dit, de démontrer que l’économie peut aussi être un projet collectif. Ce serait là peut-être la définition la plus aboutie d’un Maroc en émergence…










