Les chiffres officiels et définitifs de l’inflation pour l’année 2025 viennent de tomber. Ils sont sans appel: 0,8%.
Un niveau historiquement bas, d’autant plus remarquable qu’il intervient au lendemain de l’un des épisodes inflationnistes mondiaux les plus violents de ces dernières décennies. À titre d’exemple, sur la décennie 2011-2021, pourtant relativement stable et exempte de chocs majeurs, l’inflation au Maroc évoluait généralement dans une fourchette comprise entre 1% et 2%.
Autrement dit, jamais ou presque le pays n’a enregistré un taux aussi contenu dans un contexte aussi compliqué. Et cette accalmie des prix n’est pas le fruit d’un environnement international clément, bien au contraire. De nombreux pays, proches ou lointains, peinent encore à sortir durablement de la spirale inflationniste enclenchée à la sortie de la pandémie, aggravée par les tensions géopolitiques et les perturbations des chaînes d’approvisionnement.
Dans ce paysage contrasté, le Maroc affiche clairement sa résilience macroéconomique. Mais surtout, cette performance constitue un indicateur tangible de l’efficacité des politiques publiques déployées ces dernières années. La stabilisation des prix à la consommation n’a jamais été abordée comme une variable abstraite, mais bien comme un objectif central, directement lié à la préservation du pouvoir d’achat des ménages.
Les programmes de soutien ciblés ont joué un rôle déterminant. Le secteur du transport, fortement exposé à la volatilité des prix de l’énergie, a bénéficié de mécanismes d’accompagnement sans précédent. L’agriculture, pilier de la sécurité alimentaire, a été soutenue afin de limiter les effets des hausses de coûts sur les prix des denrées de base. À cela s’ajoutent les aides sociales directes, qui ont permis d’amortir les chocs pour les catégories les plus vulnérables.
Tous ces faits sont aujourd’hui actés, documentés et consignés dans les registres statistiques. Ils rappellent une réalité souvent oubliée dans le tumulte du débat public : la stabilité des prix ne relève ni du hasard ni de l’improvisation. Elle est le résultat d’anticipations, de décisions et de choix politiques assumés.










