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Le pouvoir de la jeunesse dans la co-création de l’éducation : Un impératif pour le Maroc et le Maghreb

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Levier  : Au Maroc des réformes éducatives ambitieuses ont été engagées pour améliorer la qualité des apprentissages, renforcer l’équité et mieux préparer les apprenants aux transformations économiques et technologiques.

Par Charaf Ahmimed
Directeur régional de l’UNESCO pour le Maghreb et Représentant de l’UNESCO auprès de l’Algérie, la Libye, le Maroc, la Mauritanie et la Tunisie

Le 24 janvier 2026, à l’occasion de la Journée internationale de l’éducation, nous sommes invités à reconnaître une réalité essentielle : la jeunesse n’est pas seulement l’avenir de l’éducation, elle en est un acteur clé et un agent du changement.
À l’échelle mondiale, les jeunes de moins de 30 ans représentent plus de la moitié de la population. Au Maroc et dans l’ensemble du Maghreb, cette jeunesse constitue une richesse démographique exceptionnelle, porteuse d’innovation, d’énergie et d’espoir. Cette même jeunesse fait toutefois face à des défis majeurs : inégalités persistantes, inadéquation entre formation et emploi, chômage élevé et accès inégal à une éducation de qualité.
Pour l’édition 2026 de cette journée internationale, l’Unesco met en lumière le pouvoir de la jeunesse dans la co-création de l’éducation.
Les jeunes ne doivent plus être considérés uniquement comme des bénéficiaires, mais comme des partenaires centraux, capables de contribuer à la conception, la mise en œuvre et l’évaluation des politiques éducatives. Leur expérience quotidienne à l’école, à l’université ou en formation professionnelle constitue une ressource précieuse pour repenser les méthodes pédagogiques, l’usage du numérique, et le lien entre apprentissage, citoyenneté et employabilité.
Cette approche est particulièrement pertinente dans notre région.

Au Maroc des réformes éducatives ambitieuses ont été engagées pour améliorer la qualité des apprentissages, renforcer l’équité et mieux préparer les apprenants aux transformations économiques et technologiques. D’autres pays du Maghreb réfléchissent également à la manière d’adapter l’éducation aux enjeux du XXIème siècle : révolution numérique, transition écologique, mobilité des compétences et exigences croissantes du marché du travail.
Et les chiffres illustrent l’urgence : près de trois jeunes sur dix dans la région ne sont ni en emploi, ni en études, ni en formation et près de quatre jeunes sur dix sont au chômage. Ces réalités soulignent l’importance de repenser les parcours éducatifs et de formation en impliquant directement ceux qui sont concernés.

Et l’enseignement et la formation techniques et professionnels jouent un rôle stratégique de levier pour l’insertion des jeunes et la compétitivité économique. Notre Bureau publiera prochainement un rapport régional sur le développement des compétences des jeunes au Maghreb, incluant des recommandations claires destinées aux décideurs politiques, et associant les jeunes à la discussion.
Au Maroc, la modernisation de la formation professionnelle et l’approche par compétences ont permis de concevoir et restructurer plus de 200 programmes de formation, tout en développant des dispositifs en apprentissage étroitement liés aux entreprises. Ces initiatives montrent que lorsque les parcours sont conçus en phase avec le terrain, ils offrent des perspectives concrètes d’avenir pour la jeunesse.

Mais le rapport met également en avant un message clair exprimé par les jeunes directement : ils souhaitent être davantage associés à l’orientation, à la définition des parcours et à l’identification des compétences d’avenir. Cette participation ne doit pas se limiter à la consultation ponctuelle ; elle doit devenir un principe structurant de la gouvernance des systèmes éducatifs et de formation. Cette exigence rejoint pleinement le Programme de développement durable à l’horizon 2030 et l’Objectif de développement durable 4, qui reconnaît les jeunes comme des agents du changement, capables de contribuer à des sociétés plus justes, pacifiques et inclusives.
En cette Journée internationale de l’éducation, l’enjeu est clair : écouter, associer et reconnaître la jeunesse comme une force de transformation à tous les niveaux du système éducatif. Donner aux jeunes la possibilité de co-créer l’éducation, c’est renforcer la pertinence des politiques publiques, restaurer la confiance dans les institutions éducatives et préparer des sociétés capables de relever les défis de demain.

Pour le Maroc et le Maghreb, investir dans la jeunesse, c’est investir dans un avenir fondé sur la connaissance, l’équité et la paix. L’éducation et la formation que nous construirons avec les jeunes seront plus pertinentes, inclusives, innovantes et durables. En cette Journée internationale de l’éducation, faisons le pari de la jeunesse !