À l’approche du mois de Ramadan, et comme à l’accoutumée, les préparatifs vont bon train afin d’assurer un approvisionnement optimal des marchés, en particulier en produits et denrées alimentaires.
Les pouvoirs publics et les administrations concernées anticipent la montée de la demande sur les produits les plus consommés et veillent à ce que les circuits et dispositifs de distribution soient pleinement opérationnels pour répondre aux besoins des ménages. C’est devenu une tradition, presque un rituel.
La démarche est non seulement parfaitement justifiée, mais elle a aussi largement fait ses preuves. Elle a permis, depuis de nombreuses années, de faire oublier aux ménages marocains les situations récurrentes de pénurie qui, autrefois, marquaient systématiquement la période du Ramadan pour certains produits de base. Sur le volet de l’offre, l’action publique est aujourd’hui efficace, rodée et rassurante.
Mais cette réussite appelle désormais un prolongement tout aussi nécessaire : une action d’envergure sur la demande. Car le paradoxe est là. Les pénuries ont disparu, mais le gaspillage, lui, s’est installé. Les ménages marocains jettent chaque année plus de 4,3 millions de tonnes de nourriture, soit en moyenne 113 kg par habitant, contre 139 kg à l’échelle mondiale. Un gaspillage qui représenterait près de 10% du budget alimentaire des ménages.
Au-delà de son coût financier, ce phénomène interroge nos modes de consommation et nos habitudes d’achat, d’autant plus qu’il concerne des produits alimentaires parfois subventionnés, importés ou issus de filières mobilisant d’importantes ressources naturelles. La question n’est donc plus seulement celle de l’abondance, mais celle de l’usage.
Pour les produits alimentaires comme pour d’autres ressources encore plus stratégiques, à commencer par l’eau, la sensibilisation des ménages à une consommation plus responsable n’est plus un luxe ni un simple exercice de pédagogie. Elle devient un impératif économique, environnemental et, à terme, vital. Car produire plus n’a de sens que si consommer mieux devient aussi et enfin une culture collective.










