Drame
Un silence lourd règne dans la salle d’audience à la chambre criminelle près la Cour d’appel de Tanger lorsque le président s’apprête à prononcer la sentence.
La salle d’audience à la chambre criminelle près la Cour d’appel de Tanger est archicomble. Au box des accusés se tient un homme de quarante-deux ans, poursuivi en état d’arrestation pour viol. Sa victime n’est autre que son ex-épouse. Sans aucun doute, l’histoire qui les a menés jusque-là a bouleversé l’assistance présente lors de l’examen de cette affaire.
Tout avait commencé par une visite qui se voulait ordinaire. En se présentant au domicile de son ancienne compagne, ce quadragénaire a invoqué le désir de voir leurs enfants. Le prétexte semblait banal, presque rassurant. Pourtant, derrière la porte, l’accueil était tendu. Les échanges étaient secs, chargés de rancœur ancienne. Puis, dans un geste brutal, il a forcé l’entrée. Le foyer, lieu de refuge et de protection, a basculé en un instant dans l’inquiétude. En fait, ce n’était pas la première fois qu’il venait à la maison pour rendre visite à leurs enfants. Mais cette fois-ci ce qui devait être une simple rencontre familiale a viré au cauchemar.
Devant les trois magistrats de la Cour, l’ex-épouse a affirmé qu’elle venait de rentrer à la cuisine tout en laissant au salon son ex en compagnie de ses enfants. Tout à coup, elle a senti quelqu’un derrière elle. Se tournant elle a trouvé son ex-mari. Une dispute a éclaté entre eux. Leurs enfants, figés par la peur, assistaient à la scène sans comprendre comment leur maison pouvait se transformer ainsi. Ce jour-là, leur univers s’est effondré sous leurs yeux. Elle a raconté à la Cour qu’il est arrivé à l’immobiliser, à lui déchirer les vêtements, à la violer et à casser les ustensiles. Elle a ajouté que ses enfants ont assisté à une scène qu’ils n’auraient jamais dû voir. En effet, ses paroles ont dessiné le portrait d’une journée gravée dans la douleur.
Face à elle, l’accusé a choisi le déni. Il a soutenu être entré sans contrainte et a affirmé que la relation sexuelle qui a eu lieu entre eux était consentie. Ses mots résonnaient dans la salle, mais semblaient flotter sans appui solide. Car le dossier parlait autrement. Les procès-verbaux dressés par les enquêteurs, les examens médicaux et la cohérence du témoignage de la plaignante formaient une trame claire, difficile à contester.
Les juges ont pris le temps d’examiner chaque détail. Ils ont confronté les versions, ont pesé les preuves. Peu à peu, la vérité judiciaire s’est dessinée. La Cour a estimé que les faits de violences, d’agression sexuelle et de dégradation de biens étaient établis au-delà du doute raisonnable.
Enfin, le verdict a été prononcé : trois ans de prison ferme assortis de dommages et intérêts de 40 mille dirhams.









