Le ministre El Bouari a appelé à une mobilisation collective pour transformer la reprise attendue de la production en opportunités d’emploi effectives, encadrées et durables, capables d’améliorer les revenus des agriculteurs et des ouvriers agricoles et de renforcer la stabilité sociale en milieu rural.
Agriculture : L’emploi agricole a été au cœur d’une conférence organisée mardi à Rabat. Des acteurs publics et privés ont discuté des orientations opérationnelles pour construire un modèle d’emploi agricole plus attractif, plus résilient et adapté aux défis actuels et futurs du secteur.
Un plaidoyer en faveur d’une approche globale et intégrée liant gestion des ressources, investissement, production et emploi dans le secteur agricole a été porté mardi à Rabat. Cet appel a été lancé par Ahmed El Bouari, ministre de l’agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts, lors d’une conférence articulée autour de l’emploi agricole. L’occasion étant de dresser un état des lieux actualisé de l’emploi agricole, à analyser ses principaux déterminants et à identifier les leviers d’action permettant de préserver l’emploi et de renforcer la résilience du secteur agricole, dans un contexte marqué par de profondes mutations climatiques, économiques et sociales. Intervenant dans ce sens, M. El Bouari a mis en avant les défis actuels de l’emploi agricole soulignant la nécessité d’une mobilisation collective de l’ensemble des acteurs pour transformer les atouts du secteur en opportunités concrètes et durables.
« La position stratégique du secteur reste tributaire d’un ensemble de déterminants structurels, notamment le cadre juridique régissant le secteur, la dynamique de l’investissement agricole et la bonne gestion des ressources, le niveau d’organisation, ainsi que l’adéquation du système de formation avec les besoins du marché de l’emploi », peut-on relever du ministre. Et de préciser que « la conjoncture actuelle offre une opportunité réelle de relancer et de renforcer la dynamique de l’emploi agricole, insistant sur la nécessité de transformer les atouts du secteur en impacts concrets en matière de postes d’emploi».
M. El Bouari énumère dans ce sens « l’élargissement des opportunités d’emploi tout au long des chaînes de valeur, de la production à la valorisation, la transformation et les services associés, ainsi que l’amélioration des conditions de travail pour renforcer la stabilité et l’attractivité. «La conjoncture positive liée à l’amélioration de la situation hydrique du Royaume constitue une véritable opportunité pour lancer une nouvelle dynamique d’emploi dans le secteur agricole», assure le ministre à cet égard, appelant à une mobilisation collective pour transformer la reprise attendue de la production en opportunités d’emploi effectives, encadrées et durables, capables d’améliorer les revenus des agriculteurs et des ouvriers agricoles et de renforcer la stabilité sociale en milieu rural.
M. El Bouari a mis en avant la stratégie «Génération Green», estimant que cette vision se veut une «transformation qualitative dans l’approche du développement agricole» qui place l’élément humain au cœur des politiques publiques.
Une vision qui, selon le ministre, repose sur le renforcement de l’attractivité des métiers agricoles auprès des jeunes, l’encouragement de leur intégration dans les chaînes de valeur, la mise à disposition d’une formation de qualité adaptée aux exigences du marché de l’emploi, ainsi que l’amélioration des conditions de travail, contribuant ainsi à la stabilisation de la main-d’œuvre en milieu rural.Pilier fondamental de l’économie nationale et de la cohésion sociale, l’emploi agricole demeure étroitement lié aux niveaux d’investissement, à la productivité des exploitations, à la disponibilité des ressources naturelles, en particulier l’eau, ainsi qu’aux orientations stratégiques des politiques publiques. Les effets du changement climatique accentuent ces enjeux, notamment en matière d’emploi saisonnier, de stabilité des revenus et de maintien de l’activité économique en milieu rural.
Nour Elamarti, secrétaire générale par intérim du ministère de l’inclusion économique, de la petite entreprise, de l’emploi et des compétences, a mis en exergue l’impact de la sécheresse sur l’emploi agricole. On recense la création de 185.000 postes par an sur la période 2022 et 2024. Toutefois des signaux encourageants ont commencé à se profiler notamment au troisième trimestre 2025 où la contraction est restée moins marquée. Se référant à Mme Elamarti, les précipitations abondantes enregistrées depuis fin novembre «laissent entrevoir une campagne agricole prometteuse».
La responsable a rappelé la place singulière qu’occupe le secteur agricole qui est à la fois un pilier de l’économie, un facteur de cohésion sociale et un espace vital pour l’équilibre territorial, tout en relevant qu’il est fortement exposé au changement climatique, à la volatilité des marchés et à la transformation des systèmes de production. Cette rencontre a également été une occasion pour revenir sur les principaux objectifs de la feuille de route gouvernementale pour l’emploi. Cette vision est articulée autour de trois orientations, à savoir la préservation de l’emploi existant face aux chocs climatiques, l’accompagnement des transitions en anticipant l’évolution des compétences et la création de nouvelles opportunités grâce à la diversification économique en milieu rural. Du côté de la Banque mondiale, Ahmadou Moustapha Ndiaye, directeur pays pour le Maghreb et Malte, s’est félicité de l’engagement de l’Institution financière internationale aux côtés du Maroc face aux défis de la création d’emplois dans le système agroalimentaire, rappelant l’accompagnement de la Banque aux stratégies «Plan Maroc Vert» et «Génération Green». «Le travail analytique constitue une part importante de cet appui, annonçant la présentation lors de cette conférence d’une étude sur les tendances de l’emploi agricole et agroalimentaire», peut-on relever de M. Ndiaye. Et de conclure : «L’enjeu n’est pas seulement de préserver l’emploi agricole, mais de repenser l’ensemble du système emploi dans et autour de l’agriculture, et en particulier en aval».
Notons que les travaux ont été marqués par la présentation et la discussion des résultats d’études récentes conduites par le Groupe de la Banque mondiale et la Comader, portant notamment sur les interactions entre emploi agricole, investissement productif et gestion des ressources hydriques, ainsi que sur le rôle des politiques publiques et des organisations professionnelles dans la dynamique de l’emploi agricole.










