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Décarbonation et digitalisation : Les PME marocaines accélèrent leur transition

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29% de PME déclarent vouloir mettre en place des mesures pour réduire leur empreinte carbone prochainement.

Enquête : Selon une récente enquête menée par la BEI, les PME marocaines se positionnent progressivement sur une trajectoire de décarbonation. Cette démarche est en effet engagée à des niveaux variables au moment où celle de la digitalisation progresse à un rythme soutenu. Le détail !

Alors que le Maroc accélère sa transition vers une économie bas carbone, près de 70% des PME marocaines ont déjà engagé, à des degrés divers, une démarche de décarbonation. C’est ce qui ressort d’une enquête menée auprès de 150 dirigeants de PME marocaines par la Banque européenne d’investissement dans le cadre du Trade and Competitiveness Programme (TCP) cofinancé par l’Union européenne (UE). L’objectif étant de comprendre les principaux obstacles auxquels ces entreprises sont confrontés pour renforcer leur compétitivité, en particulier au sein d’un environnement économique global tourné vers des standards de production à bas carbone et des technologies numériques de plus en plus avancées. Ce troisième volet de « l’Enquête BEI/UE : Les défis des PME au Maroc » laisse apparaître que 48% des PME ont déjà mis en place des initiatives, alors que 22% ont une stratégie claire et l’appliquent de manière active. « Alors que le Maroc accélère sa stratégie nationale vers une économie bas carbone, une part importante des PME souhaite sauter le pas : 29% d’entre elles déclarent vouloir mettre en place des mesures pour réduire leur empreinte carbone prochainement», peut-on lire dans ce sens. Et de préciser que «seulement 1% des dirigeants ne prévoient pas d’actions spécifiques». Selon la BEI, cet enjeu devient d’autant plus stratégique avec l’entrée en vigueur en 2026 du Mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF) de l’UE.

«Sans démarche de réduction et de mesure de leur empreinte carbone, les PME marocaines impliquées dans les chaînes de valeur des produits concernés par le MACF (sidérurgie, aluminium, ciment, engrais, électricité et hydrogène) risquent de voir baisser leur compétitivité et leurs exportations vers l’Union européenne ». Dans le but d’accompagner les PME sur cet aspect, le Trade and Competitiveness Programme déploie, avec l’appui de partenaires financiers locaux, des sessions d’accompagnement dédiées aux PME : sensibilisation aux exigences environnementales des marchés et intégration de la décarbonation dans leurs modèles d’affaires. L’objectif est de permettre aux entreprises de transformer la contrainte écologique en avantage compétitif, notamment dans les chaînes de valeur exportatrices. S’agissant de la digitalisation, il ressort que près de huit PME sur dix rapportent un effort en matière d’usage numérique : à un niveau très avancé pour 22% des répondants ou moyennement avancé pour 57%.

Se référant à l’enquête de la BEI, l’usage très avancé est lié à l’utilisation optimale des outils numériques afin d’optimiser les opérations, le marketing et l’expansion internationale. « Seulement une PME sur dix considère que le manque de digitalisation est encore un frein majeur au développement de l’entreprise », peut-on retenir. Parallèlement, l’étude met en évidence une perception largement partagée. Si près des neuf dirigeants de PME sur dix estiment que les dispositifs d’accompagnement au Maroc sont suffisants, 53% d’entre eux déclarent qu’ils gagneraient à être améliorés.

Les attentes vis-à-vis des organisations internationales sont particulièrement fortes, avec une priorité donnée au soutien à l’innovation et aux transitions digitale et écologique (72%), l’accompagnement à l’export et l’accès aux marchés internationaux (67%) ainsi qu’aux programmes de formation et de renforcement des capacités (61%). Les demandes d’accompagnement pour monter en compétence semblent dorénavant plus répandues au sein des PME. Elles dépassent des besoins purement financiers tels que l’obtention d’une aide financière directe à travers des subventions (51%) ou la facilitation de l’accès au financement (41%) en s’alliant à des institutions financières partenaires.