EditorialUne

Éditorial : À contre-courant

© D.R

À l’heure où le monde s’engage dans un nouveau cycle, marqué par la recomposition des équilibres géopolitiques et le net effritement de la doctrine de la mondialisation telle qu’on l’a connue, la performance du Maroc en matière d’investissements directs étrangers force l’attention.

Partout, les notions de souveraineté économique, d’autosuffisance stratégique et de relocalisation industrielle s’imposent comme de nouveaux dogmes. Les grandes puissances sécurisent leurs chaînes de valeur, les groupes internationaux recentrent leurs choix sur les territoires nationaux et régionaux, et le capital devient plus prudent, plus sélectif, parfois même frileux.
Dans ce contexte contraint, réussir à doubler, voire plus, les flux d’investissements étrangers en l’espace de deux ans relève moins de la conjoncture favorable que d’un choix stratégique assumé. Les chiffres publiés par l’Office des changes au titre de l’année 2025 sont sans équivoque : non seulement les volumes dépassent largement ceux de 2023, mais leur nature même traduit une inflexion profonde. Le Maroc n’attire plus uniquement des capitaux à la recherche de coûts compétitifs ou de débouchés immédiats. Il capte désormais des investissements positionnés sur les secteurs d’avenir, les technologies émergentes et les métiers de demain.

Énergies renouvelables, hydrogène vert, mobilité et automobile, aéronautique, défense, gigafactories, industrie pharmaceutique et santé : ces filières concentrent aujourd’hui les grands enjeux planétaires, économiques autant que géostratégiques. En choisissant de s’y positionner clairement, le Maroc envoie un signal fort aux opérateurs internationaux : celui d’un pays qui anticipe, qui structure son offre industrielle et qui assume un rôle dans la nouvelle cartographie mondiale de la valeur.

La véritable prouesse n’est donc pas seulement quantitative. Elle est qualitative. Dans un monde qui se replie, le Maroc parvient à attirer. Dans une économie mondiale qui doute, il inspire confiance. Et dans une ère d’incertitude, c’est sans doute là sa plus précieuse des souverainetés.  

Lire votre journal

EDITO

Couverture

Nos suppléments spéciaux