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Les attentes RH pour 2026 selon les analystes du portail ReKrute: Le marché de l’emploi entre dans une maturité grâce aux grands chantiers structurants

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Tendances RH
Plus de 71 000 postes proposés sur les 12 derniers mois, en légère croissance par rapport à 2025. Une domination nette des secteurs de services, concentrant plus de la moitié des recrutements. Le top des fonctions les plus demandées peu changé même si les attentes soft skills évoluent. 

Lors de la précédente enquête sur les tendances RH 2024, les équipes de ReKrute avaient mis en exergue une reprise du marché de l’emploi au niveau des postes de service avec 60 869 postes ouverts. Cette année encore, le même secteur se trouve en pole position en matière de recrutement avec plus de 71.000 postes proposés sur les 12 derniers mois. Ceci démontre déjà que l’IA n’a pas d’impact sur les emplois mais plutôt sur le profil des candidats recherchés. « Bien que le top 10 des fonctions les plus recherchées n’a pas vraiment évolué au cours des dernières années, les compétences complémentaires évoluent elles», précisent les auteurs de l’enquête. Autrement dit, ce sont les candidats innovants et curieux qui savent utiliser l’IA qui sont recherchés. Les fonctions offrent le plus de postes sont celles liées aux technologies. «Sur les 12 derniers mois (2025), l’analyse des 71.000 postes proposés révèle une forte concentration des recrutements dans le secteur des services.

Comparée à 2024, cette répartition confirme le rôle structurant des activités de services dans l’économie marocaine, tout en mettant en évidence une diversification progressive des recrutements, portée par l’industrie, la distribution, la construction et les secteurs liés aux infrastructures et à la formation», précisent les responsables de la plateforme. Concernant les niveaux de formation les plus recherchés, la tendance est toujours dans la quête des profils les plus pointus dotés d’une formation de haut niveau. C’est ainsi que les Bac+5 et plus représentent 55 % des offres en 2025. Cette majorité était déjà observée en 2024 (62% des offres), confirmant le maintien d’un haut niveau d’exigence académique. 37% des offres en 2025 ont concerné les Bac+2 à Bac+3, des profils essentiels à l’opérationnel qui stabilisent les postes intermédiaires. Les 6% d’offres proposées en 2025 concernant les candidats de niveau Bac ou moins confirment un maintien de la demande de profils peu qualifiés.

Pour ce qui est de la répartition géographique, c’est la ville de Casablanca qui englobe la moitié des opportunités avec 48,5% en 2025 contre une domination déjà observée en 2024 confirmant son statut de principal pôle économique et d’emploi. La ville de Rabat est arrivée en seconde position avec 26,2 % suivie de Marrakech avec 8,6 % en progression par rapport à 2024, portée par le tourisme et les services. Enfin Tanger, qui a enregistré un taux de 4,2% en 2025, confirme son rôle industriel et logistique croissant.

Les perspectives de l’année 2026 suivent l’évolution des domaines de l’intelligence artificielle, l’environnement et les infrastructures en cohérence avec la feuille de route nationale mettant en évidence leur développement certain précisément dans l’offshoring et les services à valeur ajoutée, les BTP et l’IA & le digital.  «La demande en talents dans ces domaines continuera de croître, portée par les investissements publics, les infrastructures, la décarbonation et l’expertise croissante des organisations», confirment les auteurs de l’enquête. De son côté Lamia Lahiaoui, Senior vice présidente HR, ESG & Facilities de DXC Technology Morocco, a affirmé que « les talents les plus complexes à trouver sont ceux qui combinent une expertise technique pointue, une maîtrise pluri linguistique dépendamment de la nature des projets, une maturité professionnelle avérée et une capacité à interagir efficacement aux standards et niveaux d’exigence des clients locaux et internationaux.».  La messe est dite. La reprise du marché de l’emploi sera entretenue par les différents projets structurants lancés au Maroc. Le baromètre RH 2025 de ReKrute confirme en effet que le marché de l’emploi marocain entre dans une phase de maturité plus structurée, plus technologique et plus exigeante en matière de compétences.

Répartition des 71000 postes proposés
• Services : 54,3 % en 2025.
• Industrie : 21,6 % en 2025.
• Distribution : 7,1 % en 2025, un secteur qui s’impose en 2025 parmi les principaux recruteurs, traduisant une structuration accrue des métiers commerciaux et logistiques.
• Enseignement / Formation : 5,9 % en 2025, contre 2 % en 2024, soit une progression de près de 4 points, en lien avec les besoins en montée en compétences et en accompagnement des transformations économiques.
• Construction : 4,8% en 2025, secteur  absent dans le top 2024, reflétant une dynamique progressive des projets d’infrastructures.
• Agriculture et Mines : 3,8 % en 2025, secteur absent du top 10 en 2024, traduisant une diversification sectorielle accrue.
• Tourisme : 2,1% en 2025, contre 13 % en 2024, soit une baisse marquée, après une année 2024.
• Secteur public : 0,4% en 2025, contre 5 % en 2024, illustrant une normalisation des recrutements administratifs après un pic conjoncturel.

L’équipe de ReKrute a collecté des avis d’experts de la question, en voici une synthèse

Elle explique que «cette croissance est portée par, déjà, la relocalisation de certaines activités européennes vers le Maroc, pour des raisons de compétitivité, de stabilité et de qualité de service ». Ce trend haussier se justifie aussi par l’évolution des besoins clients vers des services à plus forte valeur ajoutée (support technique avancé, back-office spécialisé, data, qualité, etc.). Enfin, la digitalisation accélérée des entreprises, qui génère de nouveaux métiers autour du digital, de l’IT et de l’analytique, représente également un levier pour doper le marché de l’emploi. Par rapport à l’IA, elle est catégorique pour affirmer que « les recrutements en sont fortement impactés. L’évolution des métiers aussi. Elle intervient aujourd’hui dans le sourcing, le tri des candidatures, l’évaluation des compétences et l’automatisation de plusieurs processus RH. Côté métiers, elle fait évoluer les rôles vers davantage d’analyse, de pilotage et de valeur ajoutée humaine». Partant de ce constat d’expert, il est clair que par effet induit, les cadres marocains devraient s’investir pour maîtriser le digital. Autres ingrédients clés qui aident à la quête d’emploi : les soft skills clés. Pour l’experte, l’adaptabilité, l’esprit critique, la communication et le leadership sont nécessaires pour augmenter ses chances d’être pris.  «Adopter une posture d’apprentissage permanent, plutôt que de s’appuyer sur une expertise figée, devient aujourd’hui le véritable facteur différenciant dans ce contexte de transformation accélérée».

«Le secteur de l’outsourcing au Maroc reste particulièrement dynamique et continue d’attirer de nouveaux clients, porté par le développement de services à plus forte valeur ajoutée.  Chez  Concentrix, l’ouverture de deux Tech Labs et l’élargissement de nos offres – de l’expérience client aux services digitaux, en passant par le conseil – nous permettent d’accompagner nos clients de bout en bout, confirmant ainsi cette trajectoire. La transformation technologique fait évoluer nos métiers vers des fonctions plus qualifiées et ouvre la voie à de nouveaux profils et nouvelles expertises». Ce sont ainsi avant tout les profils multilingues, à l’aise avec les environnements digitaux et capables de gérer des interactions clients à forte valeur ajoutée qui sont recherchés dans cette entreprise. «Les talents les plus difficiles à attirer sont ceux qui combinent maîtrise des langues, compétences techniques – data, automatisation, IT – et une orientation client affirmée. Les experts des technologies émergentes étant encore rares sur le marché marocain, nous investissons fortement dans la formation interne en développant de véritables «factories» d’apprentissage, qu’il s’agisse des langues, du sales B2B ou de l’IT», poursuit-elle.

Le marché de l’emploi poursuivra son trend haussier pour les métiers de service à forte valeur ajoutée.  «DXC au Maroc, Joint-Venture avec CDG anticipe une croissance de l’emploi dans son secteur sur les deux prochaines années, portée par plusieurs dynamiques fortes. Au cours des 12 derniers mois, nous avons enregistré quelques centaines de staffing, principalement liés à la hausse des besoins de nos clients locaux et internationaux en cloud, cybersécurité, Data et support à haute expertise, émanant de secteurs clés tels que le secteur public, la finance et l’industrie», explique-t-elle. L’experte a souligné également lors de cette enquête que le Maroc s’impose comme un hub Near shore stratégique grâce à ses multiples atouts tel que sa proximité géographique, sa diversité culturelle et linguistique, ses infrastructures et son vivier de talents qualifiés. Concernant l’entreprise proprement dite où évolue l’experte RH, les compétences recherchées sont liées au développement et de l’ingénierie logiciel (full-stack, Java, .NET, Python, Angular/React), aux architectures cloud natives (AWS, Azure, Google Cloud), à la cybersécurité, à  la data et l’intelligence artificielle (data engineering) et aux   méthodologies agiles et DevOps avancées.