Exploration minière.
Un appel public à la concurrence lancé récemment par le ministère de la transition énergétique et du développement durable porte sur 361 zones d’intérêt.
C’est parti pour la valorisation des gisements miniers dans la région du centre et sud est du Maroc. Un premier pas et non des moindres vient d’être annoncé. En effet, le ministère de la transition énergétique et du développement durable vient de lancer un appel public à la concurrence (APC) portant sur trois cent soixante et une (361) zones d’intérêt, couvrant une superficie globale d’environ treize mille kilomètres carrés (13.000 km²), situées au niveau de la région minière de Tafilalet et de Figuig (RMTF). «Les candidats souhaitant participer audit appel public à la concurrence sont invités à soumettre leurs dossiers de participation, conformément aux dispositions de l’APC, à la direction régionale du département de la transition énergétique d’Errachidia pour les zones d’intérêt situées dans la région de Drâa-Tafilalet ; et la direction régionale du département de la transition énergétique d’Oujda pour les zones d’intérêt situées dans la région de l’Oriental», annonce le ministère. «La date limite de dépôt des dossiers de participation est fixée au 15 mai 2026. Le texte intégral de l’APC est disponible en versions arabe et française. Toute demande de dossier de l’APC, ou de précision ou clarification y afférente doit être adressée au MTEDD», précise la même source.
Course mondiale
Le lancement de cet appel public à la concurrence vient dans un contexte marqué par une course mondiale pour la sécurisation de la production de minerais critiques. Tous les pays à l’échelle planétaire entament une exploration de leurs potentialités. Le Maroc ne déroge pas à la règle, d’où le lancement de l’appel public à la concurrence au niveau de la région minière de Tafilalet et de Figuig (RMTF). Il faut dire que les minerais critiques représentent un enjeu économique et géostratégique important. Il faut préciser dans ce sens que les minerais critiques regroupent des dizaines de matériaux stratégiques tels que le cobalt, le nickel, le manganèse, le graphite et le lithium. Ils englobent également les terres rares, une catégorie bien définie de 17 éléments métalliques. Ces ressources sont essentielles à de nombreuses technologies du quotidien, les terres rares entrant notamment dans la fabrication des smartphones ainsi que dans celle des moyens de transport. Pour rappel, le rôle important actuel et surtout futur du Royaume dans le domaine a été souligné récemment par le département d’Etat américain. Le Maroc joue un «rôle clé» dans les efforts visant à sécuriser et à diversifier les chaînes d’approvisionnement mondiales des minerais critiques, avait affirmé à Washington le secrétaire d’Etat américain, Marco Rubio. Intervenant lors d’une conférence de presse en marge d’une réunion ministérielle sur les minerais critiques, organisée au siège du département d’Etat américain, M. Rubio a expliqué que le Maroc a un «rôle clé à jouer en raison des gisements dont il dispose, mais aussi en raison de la volonté du Royaume d’investir dans la transformation et de sa coopération en acceptant de prendre part à cette initiative mondiale». «C’est important pour le Maroc, qui peut jouer un rôle de premier plan, car il dispose de réserves minérales importantes dont il peut tirer parti pour développer son économie», a poursuivi le chef de la diplomatie américaine. M. Rubio a estimé qu’à l’instar des autres pays du globe, le Royaume a «intérêt à disposer d’un approvisionnement fiable et diversifié à travers le monde en matériaux transformés, finis et raffinés pouvant être utilisés de manière rentable pour favoriser son développement économique».
A noter que l’événement à Washington a été marqué par la participation du vice-président américain JD Vance. Les discussions se sont focalisées sur les investissements dans les minerais critiques et les mécanismes de prix plancher. Les participants ont, en outre, lancé le «Forum sur l’engagement géostratégique dans le secteur des minerais et des ressources». Le vice-président américain a plaidé pour la création d’une zone commerciale préférentielle pour les minerais critiques.
Gouvernance
C’est dire que le domaine devient une priorité à l’échelle mondiale. Le Maroc entreprend une réforme importante concernant notamment la gouvernance du secteur. D’ailleurs, le lancement de l’appel public à la concurrence intervient alors que le conseil d’administration de l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM) vient d’avoir lieu. Leila Benali, ministre de la transition énergétique et du développement durable, a donc présidé la 23ème session du CA en présence de Abdelatif Zaghnoun, directeur général de l’Agence nationale de gestion stratégique des participations de l’Etat et de suivi des performances des établissements et entreprises publics – ANGSPE, et Amina Benkhadra, directrice générale de l’ONHYM. La réunion a porté sur le bilan des activités de l’ONHYM en 2025 et sur ses perspectives financières pour 2026. Le conseil a approuvé les comptes consolidés de 2024 et le projet de budget pour 2026. Il s’est également félicité de l’adoption par la Chambre des représentants du projet de loi transformant l’ONHYM en société anonyme, conformément aux Hautes directives royales relatives à la réforme du secteur public et aux dispositions de la loi-cadre n° 50-21 et de la loi n° 82-20. Cette transformation constitue un levier stratégique pour renforcer la gouvernance, améliorer les performances, diversifier les sources de financement et maximiser la valeur des ressources nationales, tout en consolidant la souveraineté de l’État, en accélérant l’indépendance énergétique et en renforçant la compétitivité minière du Royaume.
Chaînes d’approvisionnement
Géopolitique. La réunion ministérielle, organisée début février par le chef de la diplomatie américaine, vise à échanger sur les solutions permettant de sécuriser et diversifier les chaînes d’approvisionnement en minerais critiques. Cette rencontre a réuni des ministres des affaires étrangères et de hauts responsables de plus d’une cinquantaine de pays, notamment l’Arabie Saoudite, les Emirats Arabes Unis, le Qatar, la Jordanie, le Bahreïn, Oman, la France, la Belgique, l’Allemagne, le Royaume-Uni, l’Italie, la Norvège, la Suède, l’Inde, le Japon, la République de Corée, Singapour, l’Argentine, le Brésil, le Mexique et l’Australie. Qualifiée d’«historique», cette réunion devrait promouvoir les efforts visant à renforcer et à diversifier les chaînes d’approvisionnement en minerais critiques, selon un communiqué de la diplomatie américaine. La conférence devrait également créer une dynamique de collaboration afin de garantir l’approvisionnement en ces composants essentiels à l’innovation technologique, à la puissance économique et à la sécurité nationale. Outre J.D. Vance et Marco Rubio, d’autres personnalités américaines devraient prononcer des allocutions à cette occasion, notamment l’assistant spécial du président américain et directeur principal des chaînes d’approvision-nement mondiales, David Copley, et le sous-secrétaire d’État aux affaires économiques, Jacob Helberg.









